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L’UE protège des milliers de jeunes filles des mutilations génitales féminines, de l’excision et du mariage des enfants

Les mutilations génitales faites aux femmes et l’excision, de même que le mariage des enfants, détruisent la vie de millions de jeunes filles chaque année. L’UE et l’UNICEF travaillent ensemble à l’éradication de ces pratiques. Par l’intermédiaire d’un projet conjoint sur l’abandon des normes sociales qui portent atteinte aux jeunes filles et aux femmes, l’UNICEF et l’UE ont apporté leur soutien aux familles, communautés et pays afin qu’ils puissent mettre un terme aux mutilations génitales féminines (MGF), à l’excision et aux mariages des enfants. Avec l’aide de l’UE et celle d’autres acteurs internationaux, le Sénégal est aujourd’hui en passe de devenir le premier pays dans le monde à déclarer l’abandon total des MGF et de l’excision.

L’UE et l’UNICEF ont uni leurs forces pour réduire ces pratiques traditionnelles préjudiciables en Égypte, Érythrée, Éthiopie, au Sénégal, au Soudan et en Inde, en adoptant une approche innovante destinée à faire évoluer les normes sociales et les mentalités. En réponse à l’éducation de base et aux programmes de discussion, les communautés rurales partout en Afrique, qui ont pratiqué les mutilations génitales féminines et l’excision pendant des siècles, commencent à renoncer à cette tradition. 

L’UE a contribué à l’organisation de séances de discussion à grande échelle basées sur les droits humains et la prise de décision collective au sein des communautés et de réseaux sociaux élargis. Elle soutient également l’adoption de déclarations publiques au niveau des communautés et des quartiers témoignant d’un engagement vers l’abandon des MGF et de l’excision. Grâce à ce projet, des milliers de jeunes filles ont pu échapper à des mutilations génitales, cela dans cinq pays africains: l’Égypte, l’Éthiopie, l’Érythrée, le Sénégal et le Soudan.

L’UE et l’UNICEF viennent en soutien à la campagne pour la fin des mutilations génitales faites aux

Le Sénégal est au premier plan de la campagne visant à mettre un terme aux mutilations génitales féminines et à l’excision. En un peu plus de 10 ans, sur l’ensemble des cinq mille communautés ayant recours à ces pratiques, près de quatre mille ont annoncé leur volonté d’y renoncer. Les changements les plus visibles sont intervenus ces dernières années grâce au soutien apporté par l’UE aux partenaires de l’UNICEF, présents au Sénégal.

Le soutien de l’UE a contribué à dynamiser les partenariats nationaux, mettant dans le même temps les dynamiques du changement en mouvement à la fois pour soutenir et parvenir à la fin des pratiques portant préjudice aux enfants et aux femmes. En synergie avec d’autres efforts engagés au niveau national, des résultats significatifs ont pu être atteints:

  • Soutenu par l’UE ainsi que par d’autres acteurs internationaux, le Sénégal est en passe de devenir le premier pays au monde à déclarer l’abandon total des MGF et de l’excision. Les progrès du Sénégal ont été considérables. En un peu plus de dix ans, près de quatre mille des cinq mille communautés ayant recours à ces pratiques ont fait part de leur volonté d’y renoncer. Entre 2008 et 2011, le nombre de villages officialisant l’abandon de ces pratiques est passé de 300 à 5 315, représentant environ 550 communautés ou un accroissement de 16 % par an.
  • En Égypte, le nombre de familles prenant position en faveur d’un abandon des MGF et de l’excision, de 3 000 en 2007, était de 17 772 en 2011.
  • Au Soudan, la campagne Saleema a démarré en 2008, soutenue par l’UE ainsi que par le programme commun FNUAP-UNICEF, donnant lieu à des déclarations publiques de la part de 470 nouvelles communautés de 2008 à 2011.

Des approches communautaires qui portent leurs fruits

Dans de nombreux pays africains, les mutilations génitales féminines au même titre que l’excision (l’ablation partielle ou totale des organes génitaux féminins externes) constituent une tradition vieille de plusieurs siècles considérée comme déterminant l’aptitude au mariage des jeunes filles. Tout comme le mariage des enfants, il s’agit là d’une expression concrète de l’inégalité entre les femmes et les hommes, en même temps qu’un obstacle direct à la pleine jouissance de leurs droits humains par les femmes et les jeunes filles. L’abandon de ces pratiques, profondément ancrées dans la tradition, ne peut être concrétisé qu’à condition de prendre en compte la complexité des dynamiques sociales sous-jacentes. Dans chacun des cinq pays africains, la mise en œuvre du projet UE/UNICEF a suivi une approche commune basée sur un dialogue communautaire devant mettre un terme à ces pratiques néfastes.

Les premières tentatives pour mettre fin aux MGF et à l’excision avaient connu un impact limité et avaient été perçues à l’époque par les communautés comme une atteinte à leurs traditions. Ce n’est que quand ceux qui cherchaient à abolir ces pratiques ont commencé à travailler main dans la main avec les communautés, et quand celles-ci ont eu le sentiment d’être les actrices de leur destinée, que des progrès ont pu être réalisés. 

Les programmes les plus concluants, plutôt que d’introduire des personnes extérieures au sein des communautés censées initier un débat sur les MGF et l’excision, ont engagé les membres les plus influents de ces communautés, dont des chefs locaux et religieux, des représentants d’associations locales de femmes et de jeunes, pour en faire les promoteurs du changement.

Afrique: promouvoir le dialogue communautaire
«Je voulais simplement qu’elles ne soient pas montrées du doigt et insultées par les autres. Je les ai fait exciser pour leur épargner cette honte.» C’est en ces mots que Tenaya Tessema, originaire d’Imdibir en Éthiopie, explique son choix d’avoir fait exciser ses filles. Ces deux jeunes femmes sont aujourd’hui des activistes déterminées à mettre un terme aux souffrances d’autres filles vouées à subir le même sort. Grâce à l’action de l’UE et de l’UNICEF dans leur pays, elles ont pu participer à des activités de sensibilisation à l’égard de pratiques préjudiciables.
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Plus de rapports de terrain en provenance d’Afrique:

Le soutien de l’UE a par ailleurs contribué à une évolution globale vers un changement dans la compréhension des normes sociales. Au travers de nouvelles recherches et analyses de données, l’UE et l’UNICEF ont décrit les dynamiques du changement social dans plusieurs pays servant d’exemples. Ces idées ont été appliquées à une nouvelle politique globale relative à l’abandon des pratiques préjudiciables conformément aux observations récentes.

Le lancement d’une étude impliquant plusieurs pays sur le changement des normes sociales par le Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF constitue une avancée majeure à l’échelle mondiale. «La dynamique du changement social: vers l’abandon de l’excision/mutilation génitale féminine dans cinq pays africains».

La connaissance des normes sociales et de leur évolution générée par le projet a été incorporée aux programmes et dans la formulation de la politique au niveau international ainsi que dans les pays dans lesquels l’UE et l’UNICEF coopèrent: Égypte, Éthiopie, Érythrée, Sénégal, Soudan et Inde.

Le projet a également soutenu un programme universitaire novateur, élaboré pour le personnel de l’UNICEF en collaboration avec l’université de Pennsylvanie, sur les avancées actuelles au niveau de la théorie et des programmes sur les conséquences des normes sociales.

Des progrès constants en matière de mutilations génitales féminines

Les estimations montrent que près de 140 millions de jeunes filles et femmes ont subi, sous une forme ou l’autre, des MGF ou une excision et souffrent aujourd’hui de complications douloureuses. Chaque année, environ 3 millions de jeunes filles (8 000 par jour) souffrent de MGF ou d’excision. Ces pratiques ont cours dans les pays africains, de même que dans un certain nombre de pays du Moyen-Orient et d’Asie. Les filles sont généralement âgées de 5 à 11 ans. La plupart d’entre elles sont excisées sans aucune surveillance médicale.

Alors que des millions de jeunes filles et femmes restent aujourd’hui encore exposées au risque de subir des MGF ou l’excision, des progrès ont été accomplis sur la voie de l’abolition de ces pratiques néfastes. L’étude multinationale financée par l’UE révèle que les interventions prenant en compte les dynamiques sociales qui perpétuent les MGF et l’excision ont débouché sur des résultats positifs.

Sénégal: la prévalence des MGF et de l’excision a légèrement reculé au fil des années. Une comparaison des taux de prévalence entre les différentes catégories d’âge indique que 25 % des jeunes filles et femmes âgées de 15 à 19 ans ont déclaré avoir été excisées, un chiffre qui grimpe à 31 % pour les femmes âgées de 45 à 49 ans.

Égypte: bien que la prévalence demeure élevée (selon les données de 2008, 91 % des femmes avaient été excisées), on observe certains signes de changement d’attitudes au cours de la dernière décennie. La pratique est également devenue moins courante parmi les groupes d’âge les plus jeunes.
Éthiopie: en dépit de taux de prévalence élevés, la pratique est en perte de vitesse: entre 2000 et 2005, le taux de MGF et d’excision est passé de 80 % à 74 %.

Kenya: entre 2003 et 2009, le taux de prévalence des MGF et de l’excision est passé de 32 % à 27 %.

Soudan: bien que les données indiquent une situation quasiment inchangée depuis 1990 s’agissant de la prévalence des MGF et de l’excision, et pratiquement aucune évolution dans les différentes catégories d’âge, un changement d’attitudes se fait jour peu à peu et le soutien aux MGF et à l’excision s’essouffle.

Selon le rapport de l’UNICEF sur «La situation des enfants dans le monde 2009», 47 % des femmes en Afrique avaient subi des MGF ou l’excision.

Favoriser la fin des mariages d’enfants en Inde

Des progrès ont également été notés au niveau du mariage des enfants en Inde. Avec le soutien de l’UE, quatre plans d’action nationaux en matière de mariage d’enfants ont été établis, amenant une sensibilisation communautaire à grande échelle ainsi qu’une large couverture médiatique en faveur de la fin du mariage des enfants. En conséquence, l’UNICEF a participé à une visite d’éminents dirigeants internationaux de l’ONG The Elders, organisée en 2012 en Inde, pour discuter de stratégies destinées à accélérer l’abandon du mariage d’enfants au travers du partenariat «Filles, pas épouses».

Le projet a également soutenu la recherche formative en Inde, menée par le Centre international de recherche sur la femme (ICRW), sur les normes sociales qui perpétuent le mariage des enfants et la sélection prénatale selon le sexe en Inde.

En Inde, quatre états ont mené des plans d’action conjoints pour l’application de la loi sur l’interdiction du mariage des enfants avec une forte sensibilisation et mobilisation communautaires, au même titre qu’une couverture médiatique à grande échelle en faveur de l’abolition du mariage des enfants.

Inde: donner le pouvoir aux enfants

Selon le rapport de l’UNICEF sur «La situation des enfants dans le monde 2009», 47 % des femmes indiennes âgées de 20 à 24 ans étaient mariées avant l’âge légal de 18 ans.


«Je pensais que ma vie serait complètement détruite», raconte Bablu, qui vit dans un petit village dans les zones rurales du Rajasthan. Elle avait 13 ans quand, sous la pression de la communauté, sa famille a donné son accord pour un mariage précoce. Grâce au projet commun UE-UNICEF, il a été possible de convaincre son père qu’il était dans l’intérêt de sa famille que Bablu puisse poursuivre ses études.
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Plus de rapports de terrain en provenance d’Inde:

Contexte

Le projet mis en œuvre par l’UNICEF a bénéficié  d’un financement total de l’UE de 3 991 000 euros pour la période 2008-2012. 

Dernière mise à jour : 07/03/2014 | Haut de la page