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Blog

La formation au coeur du projet d'entreprise de Veolia

29/03/2017
by Camille POIRAUD
Language: FR
Document available also in: EN

Lors des « Journées Vincent Merle », qui ont eu lieu à Pessac (33) les 17 et 18 janvier derniers, un atelier était consacré à l’entreprise comme « lieu d’acquisition et de reconnaissance de l’expérience ». Les structures invitées à intervenir étaient Pôle Emploi, Michelin, GT Location et Veolia. Cette dernière était représentée par Philippe de Marcillac, directeur général délégué du Campus Veolia Sud-Ouest. Il a décrit la politique de formation du groupe. Les principaux enjeux sont de proposer des diplômes et certifications adaptés aux métiers, et de favoriser l’intervention de formateurs « issus du métier ». Comment se traduisent-ils sur le terrain ? Quelles sont les spécificités de Veolia ? Quelles tendances se dessinent à moyen terme ?

 

Des formations adaptées aux métiers

Veolia est un groupe international qui déploie de multiples activités autour de l’environnement, dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Les premiers Campus Veolia France ont été créés il y a une vingtaine d’années. Aujourd’hui, ils sont implantés sur quatre sites : Nantes (Atlantique) ; Jonage (Rhin Rhône Méditerranée) ; Jouy-Le-Moutier (Île-de-France) ; Ibos (Sud-Ouest). Cette répartition répond à la fois une logique de couverture territoriale et de spécialisation en fonction des besoins qui peuvent émerger dans chacune des régions*.

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Eric Brouillat, responsable du pôle communication des Campus, précise que 80% des effectifs accueillis sont des « cols bleus », opérateurs et techniciens. 70 % des formations proposées concernent des fonctions opérationnelles : le « cœur des métiers ». Cet accent mis sur la formation des personnes les moins diplômées répond à une volonté de promotion interne (pour celles déjà en poste). Historiquement, elle s’explique aussi par l’absence de cursus normalisé pour ces métiers. Aujourd’hui encore, ils sont souvent peu ou  mal connus du grand public. Hilaire de Chergé, ancien directeur des campus écrit : « ce défaut d’attractivité était dû à la mauvaise qualité de l’image de ces métiers plutôt qu’à leur absence d’intérêt réel. En effet, des dénominations peu enthousiasmantes comme éboueur, femme de ménage, agents d’entretien d’égouts ou agents d’entretien de chaudière, masquaient une multitude de métiers du déchet, du nettoyage industriel ou de l’énergie, souvent qualifiés, nécessitant l’emploi de machines sophistiquées et une capacité à prendre de nombreuses décisions dans l’action. » (in Le journal de l'école de Paris du management, 2010/6 (N°86)).

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Ces formations ont lieu, pour la plupart, en situation de travail. Ainsi l’alternance est au cœur de la politique de formation de Veolia. Les Campus sont aussi des CFA (Centre de Formation d’Apprentis) permettant de préparer des certifications et des diplômes du CAP au master. Les partenariats académiques sont un enjeu important de la formation, afin qu’elle puisse être reconnue à l’extérieur du groupe et que les apprenants restent libres de leur trajectoire professionnelle. Cependant, la plupart d’entre-eux sont ensuite recrutés au sein du groupe à la fin de leur apprentissage. La politique de formation induit également un effet de fidélisation des personnels.

 

 

D’autres interviews sont à retrouver sur la chaîne youtube de Veolia.

 

Valorisation de l’expérience et des compétences des collaborateurs

Un autre principe d’action des Campus est le suivant : « Veolia forme Veolia ». Ainsi, la moitié des heures de formation continue dispensées est assurée par des collaborateurs de Veolia. Cela permet de garder un lien constant avec la réalité des métiers ; c’est également une façon de valoriser l’expérience des salariés. Un formateur, proche de la retraite, confie : « cette transmission de passion par rapport à son métier est ce que je pense être le plus important » (cf vidéo Regards de formateurs ). « Il y a toujours un sentiment de fierté à partir du moment où l’élève dépasse le maître » rajoute un tuteur encadrant des apprentis.

Ce sont des personnels passionnés par leur métier et qui ont l’envie de le transmettre. Leurs profils et formations antérieures sont divers ; certains sortent des ESPE et d’autres ont un CAP opérationnel, sans lien direct avec l’activité de formation. Lionel Hupin, responsable des programmes de professionalisation des formateurs pour le réseau des Campus, précise que l’enjeu de ces formations de formateurs était bien d’ « alimenter » ces deux profils.

Une partie des heures de formation du catalogue Veolia concerne la formation des formateurs. La professionnalisation des équipes s’est accrue à partir de 2011, grâce à la formation des chargés de formation et celle des formateurs.  Ces derniers peuvent prétendre au « titre professionnel de formateur d'adultes » ou au « titre professionnel de formateur en CFA ». Ce parcours de formation se déroule sur un temps long : de 6 à 8 mois. La méthode abordée est généralement inductive (et non déductive) : c’est l’expérience concrète qui sert de base à la formation.

Au cours du parcours, les apprenants réalisent un projet de formation, le formalisent et le mettent à l’épreuve du terrain. La formation alterne des modules à distance (56 séquences en e-learning accessibles tout au long de l’année) et des moments de regroupement en présentiel.

Lionel Hupin décrit les principaux avantages de former les formateurs :

  • Ils ont l’opportunité de quitter leurs Campus respectifs et de rencontrer leurs collègues. C’est un moment d’échange et de réseautage. Ils apprennent à travailler ensemble.
  • La montée en compétences des formateurs permet d’instaurer des liens étroits entre les chargés de formation et les formateurs. Ils ne sont plus de simples animateurs : ils contribuent étroitement à l’ingénierie pédagogique globale.
  • Ils se rendent compte que former est « un vrai métier ». Métier reconnu, puisque les deux titres permettent de valider un niveau bac + 3. C’est particulièrement important pour les personnes issues du terrain (opérationnels et techniciens peu diplômés).

 

Quelles tendances se dessinent dans les années à venir ?

Eric Brouillat définit trois grandes tendances concernant les Campus :

  • Les formations vont s’adapter à l’évolution technique des métiers
  • Elles vont intégrer, de façon croissante, l’e-learning (ou « blend-learning », mêlant des séquences en présentiel et en distanciel)
  • Les campus vont favoriser le développement de l’intelligence collective, via l’animation et la gestion de séminaires en co-construction

On peut néanmoins se poser la question de la pérennité des Campus, dans un contexte économique peu favorable. En 2016, deux sites ont ainsi fermé leurs portes, à La Ciotat et à Romorantin. Leur fermeture s’explique par le recentrage des activités du groupe sur la valorisation des déchets et la gestion de l’eau et de façon plus générale, par une baisse des effectifs du groupe.

Par ailleurs, Veolia recrute de nombreux intérimaires pour assurer des missions : qu’en est-il de la politique de formation à leur égard ?

 

*D’autres campus existent à l’international (15 sites – 10 pays)

 

Retrouver des articles publiés à l'occasion des Journées Vincent Merle:

Journée Vincent Merle : Valeurs de l'expérience

Echanges et perspectives autour de la VAE

 
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