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Validation des apprentissages non-formels et informels : origines et défis futurs

21/04/2017
by Andrew McCoshan
Langue: FR
Document available also in: EN SL HU PL LT DE IT ES

Dans son article consacré au thème de la validation, George K. Zarifis, Professeur adjoint à la formation continue à l’Université Aristotle de Thessalonique, examine ce mois-ci les origines des idées sur la validation, la façon dont elles ont pris forme dans le cadre de la politique européenne et les défis qui restent à relever dans ce domaine.

 

Des idées générales aux outils axés sur l’économie

Les changements actuels dans la vie active, la nécessité d’une adaptation continue et de la formation tout au long de la vie et le déclin de ce que nous avons l’habitude d’appeler l’apprentissage traditionnel posent autant de nouveaux défis en matière de validation. Le concept de validation vise à rendre visible et valoriser l’ensemble des connaissances et des compétences d’un individu, quel que soit le lieu ou la manière dont il les a acquises. En examinant la question de plus près, il existe deux points de vue possibles sur la validation :

  • La validation en tant que concept fait directement référence à la reconnaissance des résultats et des compétences issus de l’apprentissage non formel et de l’apprentissage informel.
  • La validation en tant que processus consiste à rendre visibles et à valoriser ces compétences (dans une large mesure horizontales et transversales). Cela est possible en utilisant des instruments, des mécanismes et de techniques qui garantissent la fiabilité du processus, mais qui permettent par ailleurs d’effectuer un suivi ou de contrôler le résultat final du processus d’apprentissage.

 

Jusqu’à la dernière décennie, les termes tels que la reconnaissance, la validation et la certification étaient utilisés presque de manière interchangeable et leur utilisation ne posait pas de problèmes spécifiques dans les domaines de l’éducation et du travail. Mais la signification de ces mots est devenue un problème dès lors que les pays ont commencé à légiférer, à élaborer des projets de lois et à adopter des cadres législatifs prévoyant des dispositions de nature technique et institutionnelle sur la validation.

Cependant, si nous essayons de relier la validation en tant que processus à l’apprentissage non formel et informel, on s’aperçoit que cela n’est ni aussi simple, ni aussi évident que l’on pensait. Il existe de nombreuses approches de l’apprentissage en tant que processus non-formel ou informel sur lesquelles les décideurs et les chercheurs n’arrivent pas toujours à se mettre d’accord. Cela s’explique en partie par le fait que la différenciation entre les types d’apprentissage n’a été introduite de manière systématique qu’au début des années 1980. En Europe en particulier, cela s’explique également par le fait que chaque État membre a développé sa propre approche pour évaluer l’apprentissage en dehors du système éducatif formel.

En 2000, la Commission européenne a créé un Mémorandum comportant un ensemble de définitions de différents types d’apprentissage. Le Mémorandum retrace l’évolution au fil du temps du concept d’apprentissage tout au long de la vie : d’un point de vue qui met l’accent sur les capacités des personnes à vivre leur vie et à l’apprécier vers un processus économique. Dans le contexte actuel de la politique de l’UE, la validation est passée d’un concept large s’appuyant sur des idées issues de tous les débats politiques et culturels internationaux, vers une démarche davantage axée sur la notion de développement économique.  La validation est à présent perçue comme un levier visant à multiplier les opportunité permettant d’acquérir des compétences qui seront utiles sur le marché du travail.

 

Défis actuels

Manque de clarté dans la terminologie

Le manque de clarté concernant les principaux termes et définitions constitue l’obstacle majeur à la discussion sur la validation de l’apprentissage non formel et informel. On emploie différents termes, tels que : reconnaissance, validation, certification, pour n’en citer que quelques uns. Mais ce n’est que récemment que les chercheurs, les praticiens, les décideurs et même les individus ont ressenti le besoin de clarifier ces termes.

Manque de reconnaissance collective de la validité de la validation !

L’Europe est confrontée à une concurrence mondiale accrue, à un niveau élevé de chômage chez les jeunes, à un nombre élevé de travailleurs peu qualifiés et à une population vieillissante. Cependant, la validation n’estpas encore reconnue de manière collective (par les individus, les décideurs et les partenaires sociaux) en tant que principal instrument permettant le transfert et l’acceptation de tous les résultats d’apprentissage dans différents contextes.

Absence de consensus sur la manière d’évaluer réellement les compétences acquises

La validation en Europe est actuellement basée sur  l’évaluation des résultats de l’apprentissage de chacun qui donne lieu à l’obtention d’un certificat ou diplôme. L’énigme que les personnes concernées par ce processus doivent résoudre est celle de savoir comment cette évaluation doit être organisée, par qui et selon quels critèresMalgré les voix qui s’élèvent pour clamer que la validation occupe une place prépondérante dans la plupart des discours de l’UE sur l’éducation, le virage vers une évaluation basée sur les compétences ne s’est toujours pas fait. La question de l’évaluation de l’apprentissage s’accompagne encore et toujours des questions de savoir comment évaluer l’apprentissage et qui doit définir les normes de cette évaluation.

Besoin d’un mécanisme de soutien au développement de carrière et à la mobilité

En dépit de nombreuses tentatives de développement d’outils adaptés qui fournissent des systèmes de références spécifiques permettant de valider des ensembles diversifiés de connaissances et de compétences transversales, des mécanismes plus fiables de reconnaissance de connaissances et de compétences qu’elles soient acquises de manière formelle ou informelle font réellement défaut. Ces mécanismes devraient soutenir le développement de la carrière ou de la mobilité, pour que l’apprentissage puisse être reconnu pour les futures filières d’apprentissage, de formation, d’emploi, y compris les filières d’apprentissage formel.

Il ne faut pas perdre de vue les individus

Enfin, les adultes qui demandent que leurs compétences soient reconnues, validées et certifiées doivent être considérés comme des individus qui ont une expérience de vie unique qui constitue leur principale ressource pour entreprendre le processus. Une « lecture positive » est nécessaire visant à identifier et valoriser la personne qui a poursuivi un apprentissage tout au long de la vie.

L’éducation doit être envisagée comme un processus continu qui s’inscrit dans le temps et l’espace et un processus de production du soi par soi-même, dans lequel l’individu est sa propre ressource (Charlot, 1997, cit. in Canário, 2000, p. 133).

Références

Canário, R. (2000). Territórios Educativos de Intervenção Prioritária: A escola face à exclusão social. Revista de Educação, IX, 1, pp. 125-135.

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Commentaires

  • Portrait de Roseline Le Squère

    Merci beaucoup pour cet article particulièrement pertinent. Les questions de vocabulaire sont essentielles.

    Le mois d'avril est le mois de la validation des acquis sur la plateforme EPALE.

    La validation ne saurait être sans reconnaissance. La reconnaissance peut prendre de multiples formes, personnelles, professionnelles par exemple. Elle est un critère de motivation. Elle est une source de développement du dispositif de validation.

    Au niveau européen, il sera intéressant de valider un vocabulaire commun.