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REPORTAGE : « LANGUES PLURIELLES LA FORMATION DES ADULTES : UN BIEN COMMUN » Entretien avec Anna Cattan, co-fondatrice et responsable pédagogique associée - Photographies et texte Virginie de Galzain

04/02/2016
by Hélène Paumier
Langue: FR
Document available also in: EN

REPORTAGE : « LANGUES PLURIELLES 

LA FORMATION DES ADULTES : UN BIEN COMMUN »

Photographies et texte Virginie de Galzain

Prospectif et dynamique, Langues Plurielles est un organisme de formation professionnelle linguistique pour adultes qui s’appuie sur des expertises et des valeurs humaines fortes. Alphabétisation et post-alphabétisation, Français langue étrangère (FLE), remise à niveau, perfectionnement… Quels sont les enjeux de la formation professionnelle linguistique et en quoi participe-t-elle à une société plus égalitaire ? Comment accompagner les apprenants ? Et comment tendre vers l’accès à la formation pour tous ?  Réponses avec Anna Cattan, co-fondatrice de Langues Plurielles, responsable pédagogique associée et formatrice en Français compétence professionnelle (FCP).

 

Les propos qui suivent sont extraits d’un entretien mené sur le principe du témoignage. Ce, pour offrir une autre approche et conserver une dimension personnelle et spontanée, au-delà de la parole dite de professionnel.

 

« Initiée sous forme d’association en 2011 et de SARL, Langues Plurielles est devenue une société coopérative et participative (Scop) en janvier 2015. Elle a créé a créé 5 postes à temps plein : 2 formateurs, 1 responsable pédagogique, 1 coordinatrice de projets et 1 directrice et s’entoure de collaborateurs vacataires réguliers. Nous avons tous, à l’exception de notre directrice, une formation en didactique de FLE (Français langue étrangère). Les formateurs sont impliqués en fonction de leurs goûts et de leur intérêt (35 heures par semaine, dont 20 en face à face avec les apprenants).

C’est Maëlle Monvoisin* qui a eu l’idée de ce centre de formation pour adultes salariés. Et j’aime lui reconnaître cette idée et son génie sans être pour autant originaire du monde de la Formation. Au-delà d’une association et d’une SARL, nous avons rapidement voulu créer une entreprise coopérative, un modèle en adéquation avec nos convictions, notre fonctionnement interne et nos valeurs.

DU CADRE DE RÉFÉRENCE AU SUR MESURE…

Le référentiel des Compétences clés en situation professionnelle (RCCSP) de l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme) nous a donné envie de travailler avec un cadre commun pour nous inscrire dans une démarche. La rencontre avec Khaled Abichou (Centre de ressources illettrisme régional ICI ET LÀ) a aussi joué un rôle important. Il nous a encouragés à poursuivre et développer l’enseignement du français dans une démarche « actionnelle » : l’apprenant doit se sentir globalement compétent en français, dans son univers professionnel et dans sa vie personnelle. Autrement dit : « Je maîtrise le vocabulaire de mon métier, je suis compétent et je sais maintenant le dire et l’écrire. Je peux donc changer de boîte si je le souhaite, évoluer au sein de la même entreprise si je le veux et le transférer à d’autres domaines de ma vie… ». Le français devient une langue de compétences qui, dès lors qu’elle est parlée, n’est plus une langue « étrangère » mais un outil de travail et de pensée à part entière.

Notre principe est de ne pas avoir d’offre « catalogue ». Cela nous permet de monter des projets de formation sur mesure et de répondre le mieux possible à toutes demandes après avoir répondu à des questions essentielles : « Quels sont les objectifs du salarié ? », « Où veut-il être formé ? », «  À Langues Plurielles ou sur son lieu de travail ? », « À quel moment souhaite-t-il avoir cours ? », « Quels sont les objectifs de l’employeur ? »...

On peut en effet être présents sur site

- quand il s’agit de dispositifs financés par des OPCA par exemple ; 

- quand notre centre de formation est trop éloigné du lieu de vie/de travail ;

- quand on a besoin du cadre de travail et de s’appuyer sur le contexte professionnel pour être plus efficace ;

- quand il y a des contraintes horaires de l’établissement demandeur.

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Formation collective de français compétence professionnelle pour des professionnels salariés. Ehpad G.Laroque (nov. 2015)

Formation collective de français compétence professionnelle pour des professionnels salariés. Ehpad G.Laroque (nov. 2015)

 

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M. 40 ans, a été scolarisée au Portugal. Elle souhaite améliorer sa pratique du français à l’écrit pour avoir son diplôme d’aide-soignante. Ehpad G.Laroque (nov. 2015)

M. 40 ans, a été scolarisée au Portugal. Elle souhaite améliorer sa pratique du français à l’écrit pour avoir son diplôme d’aide-soignante. Ehpad G.Laroque (nov. 2015)

 

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O., apprenante : « Je suis pour le moment en équivalent aide-soignante ; mais c’est important pour moi d’avoir le diplôme, d’être au même niveau que mes collègues. »

O., apprenante : « Je suis pour le moment en équivalent aide-soignante ; mais c’est important pour moi d’avoir le diplôme, d’être au même niveau que mes collègues. »

 

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D., 49 ans, a dû arrêter l’école très jeune pour travailler : « C’est la première fois que je fais quelque chose pour moi. Ce n’est pas facile de se décider, de demander de l’aide. » Ehpad G.Laroque (nov. 2015)

D., 49 ans, a dû arrêter l’école très jeune pour travailler : « C’est la première fois que je fais quelque chose pour moi. Ce n’est pas facile de se décider, de demander de l’aide. » Ehpad G.Laroque (nov. 2015)

 

DES ENJEUX INDIVIDUELS ET COLLECTIFS

Nous faisons des formations particulières et collectives, que ce soit à l’initiative de salariés, d’une entreprise, d’un OPCA, de Villes et de collectivités en réponse à des appels à projets. Les enjeux de ces formations sont multiples.

Les enjeux pour les employeurs

On sensibilise les entreprises à la nécessité de renforcer les compétences clés de salariés moins qualifiés en leur donnant accès au droit  à la formation. La formation permet à chacun de s’épanouir dans son travail et d’évoluer. Pour les employeurs, s’impliquer pour le bien-être de leurs salariés, c’est donc aussi travailler dans l’intérêt de la vie de l’entreprise.


Les enjeux pour nos publics

On essaie d’appliquer et d’adapter des méthodes qui existent aux besoins des adultes et de ne rien laisser au hasard ; de tirer partie des pratiques qui fonctionnent en ayant toujours à cœur de nous perfectionner.

Pourquoi lire ? Pourquoi écrire ? Pour que ces adultes soient compris, pour les aider à affiner leur pensée, à s’exprimer autant qu’ils le souhaitent, dans les meilleures conditions possible. Pour qu’ils ne soient pas discriminés. Pour qu’ils se sentent libres d’évoluer dans leur vie professionnelle et personnelle.


Les enjeux pour notre secteur

On cherche toujours à renforcer notre savoir-faire pédagogique mais personne ne sait, à mon sens, dire l’approche globale qui fonctionne complètement pour des personnes en situation d’analphabétisme et d’illettrisme. Techniquement, la remise à niveau dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme et l’alphabétisation sont trop peu enseignées : les cursus universitaires préparent essentiellement à enseigner le FLE pour des personnes déjà scolarisées et qualifiées. Je reconnais que les universités font depuis 10 ans beaucoup d’efforts pour développer cet enseignement technique dans leurs cursus pour la formation d’adulte, mais ce n’est pas encore suffisant.

Nous souhaitons proposer des outils mutualisables, notamment pour des formateurs bénévoles (Métropole, DOM-TOM, Afrique) et qui n’ont jamais été formés. Il faut être très vigilant car former un adulte ne s’improvise pas : on ne peut pas prendre le risque d’être infantilisant ou inadapté. Nous ne sommes pas dans l’insertion. J’insiste sur cette dimension. On participe à l’amélioration de compétences de façon à ce que chacun puisse vivre mieux au travail et dans sa vie quotidienne. Ce que l’on fait appartient au domaine de la formation d’adultes, même s’il s’agit de savoirs de base ou de compétences clés. 

 

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Formation collective en Français langue étrangère de l'hôtellerie et de la restauration (FLE HR). Langues Plurielles (nov. 2015)

Formation collective en Français langue étrangère de l'hôtellerie et de la restauration (FLE HR). Langues Plurielles (nov. 2015)

 

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Formation collective en Français langue étrangère de l'hôtellerie et de la restauration (FLE HR). Langues Plurielles (nov. 2015)

Formation collective en Français langue étrangère de l'hôtellerie et de la restauration (FLE HR). Langues Plurielles (nov. 2015)

 

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Formation collective en Français langue étrangère de l'hôtellerie et de la restauration (FLE HR). Langues Plurielles (nov.2015)

Formation collective en Français langue étrangère de l'hôtellerie et de la restauration (FLE HR). Langues Plurielles (nov.2015)

 

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Loraine, formatrice : « Nous ne voulons pas être ‘une formation de plus’. Cela ferait perdre tout le sens de ce que nous faisons. Il faut créer un parcours, avoir des formations reliées. »

Loraine, formatrice : « Nous ne voulons pas être ‘une formation de plus’. Cela ferait perdre tout le sens de ce que nous faisons. Il faut créer un parcours, avoir des formations reliées. »

VALORISER CHACUN DANS LA SOCIÉTÉ

Rien n’est laissé au hasard et tout ce qui est fait en formation l’est dans un objectif précis. Par exemple, au début du cours FLE HR (Français langue étrangère Hôtellerie/Restauration), les apprenants sont tous debout ensemble, sans contraintes, et se regardent les uns les autres, les yeux dans les yeux. Ils ne sont pas constamment en position assise à attendre ou regarder le formateur. On se met le plus possible face à eux ou à côté d’eux. Certes, ils sont là pour mieux parler le français mais on est tous professionnels, eux comme nous. Nous partageons les mêmes outils : crayons, tableau, marqueurs…. Nous sommes égaux dans une société qui demande à ce que chacun soit autonome et ait confiance en lui.

Quand les apprenants viennent suivre leur formation ici, à Langues Plurielles, hors considérations pratiques, cela peut aussi être à la demande de l’établissement avec lequel ils travaillent : pour éviter une stigmatisation, pour qu’ils ne soient pas pointés du doigt, pour qu’ils se sentent plus libres.

On donne à nos stagiaires des statégies de reformulation pour qu’ils ne se sentent pas en infériorité au quotidien en raison de leur niveau en français. Si quelqu’un leur dit qu’il n’a pas compris ce qu’ils disaient, lui répondre : « Qu’est-ce que vous n’avez pas compris ? ». Cela place l’autre dans une position d’égalité et non de supériorité sur le mode « Je sais bien parler, vous non ».

Pour nous, la place que les apprenants ont dans la salle de la formation est celle qu’ils ont aussi le droit d’avoir dans leur entreprise et, plus largement, dans la société.

Quand nous faisons des formations de remise à niveau avec les Compagnons, à la Fondation Coubertin, nous sommes face à des jeunes qui ont été scolarisés en France qui sont souvent diplômés et ont déjà 7 à 8 ans d’expérience très pointue et reconnue par leurs pairs. Certains vont devenir chef d’entreprise artisanale au savoir-faire d’excellence. Mais ils manquent d’aisance avec le français écrit. Notre rôle est alors de dédramatiser nos ateliers de soutien en français et de nous adapter à eux pour qu’ils profitent de cette occasion de se perfectionner. Les évaluations se font sur la base du volontariat : répondre au mail d’un architecte, parler de son métier, s’évaluer sous forme de test un peu ludique… Ils sont déjà professionnels et le formateur est là pour qu’ils le soient encore plus. Chaque fois, on apprend ensemble.

 

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Steven, formateur : « Grammaire, rédaction, expression… la remise à niveau est dense et répond à des nécessités très pratiques comme présenter son métier ou son entreprise, valoriser ses compétences. »

Steven, formateur : « Grammaire, rédaction, expression… la remise à niveau est dense et répond à des nécessités très pratiques comme présenter son métier ou son entreprise, valoriser ses compétences. »

 

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Formation collective en Français compétence professionnelle. Fondation Coubertin (oct. 2015)

Formation collective en Français compétence professionnelle. Fondation Coubertin (oct. 2015)

 

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Formation collective en Français compétence professionnelle. Fondation Coubertin (oct. 2015)

Formation collective en Français compétence professionnelle. Fondation Coubertin (oct. 2015)

 

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Formation collective en Français compétence professionnelle. Fondation Coubertin (oct. 2015)

Formation collective en Français compétence professionnelle. Fondation Coubertin (oct. 2015)

REPRENDRE CONFIANCE ET ÊTRE FIER DE SOI

Je suis choquée par le lien que beaucoup de stagiaires font entre ne pas maîtriser le français et de se sentir inférieur. Cette attitude est souvent le fait de personnes originaires de pays anciennement colonisés, quels qu’ils soient. Ce n’est pas un jugement, c’est une constatation. Dans ces cas-là, les apprenants ne promeuvent pas leur polyglotie par exemple. Pourquoi ? Ils parlent souvent 3 à 4 langues ! C’est formidable ! Elles n’apparaissent même pas dans leur CV car ils croient que seuls l’anglais et l’espagnol peuvent y être inscrits.

D’autres ne savent pas dire quelle est leur langue ou leur nationalité. C’est pourquoi on commence toujours la formation par cette dimension, par ce qui fait leur identité : « Comment vous appelez-vous ? », « De quel pays venez-vous ? », « Quelle langue parlez-vous ? », « Où habitez-vous ? ». Et nous leur apprenons comment tout cela s’écrit, comment cela se dit et se défend, notamment devant un collègue qui ne prend pas le soin de correctement prononcer un prénom.

Préalablement, on leur fait remplir une page sur leur rapport à la langue ; où ils l’ont apprise, s’ils en connaissent d’autres. Une autre page concerne leur parcours au pays et en France. Ainsi, ils peuvent apprendre quelque chose aux autres.

J’adore les stagiaires qui réagissent, les stagiaires énervés ! Ceux qui résistent. Car cela veut dire qu’ils ont des directions pour leur vie. Notre rôle est bien sûr de permettre l’expression, donc d’ôter les raisons de la colère pour les transformer en idées à développer, à échanger pacifiquement avec d’autres pour créer des liens sociaux forts, respectueux et durables.

 

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Formation collective Français compétence professionnelle, niveau post alphabétisation. Langues Plurielles (nov.2015)

Formation collective Français compétence professionnelle, niveau post alphabétisation. Langues Plurielles (nov.2015)

 

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Julia, formatrice : « Ce sont des personnes qui ont un savoir et un savoir-faire impressionnant. Cela donne envie de se dépasser car il y a une attente forte de leur part, une immense motivation. »

Julia, formatrice : « Ce sont des personnes qui ont un savoir et un savoir-faire impressionnant. Cela donne envie de se dépasser car il y a une attente forte de leur part, une immense motivation. » 

 

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Formation collective Français compétence professionnelle, niveau post alphabétisation. Langues Plurielles (nov.2015)

Formation collective Français compétence professionnelle, niveau post alphabétisation. Langues Plurielles (nov.2015)

 

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Formation collective Français compétence professionnelle, niveau post alphabétisation. Langues Plurielles (nov.2015)

Formation collective Français compétence professionnelle, niveau post alphabétisation. Langues Plurielles (nov.2015)

 

APPRENDRE : UN BESOIN, UNE ENVIE, UNE LIBERTÉ

La motivation des apprenants est extraordinaire, ce qui nous rend d’autant plus responsables vis à vis d’eux. On accompagne des personnes qui ont un désir absolu de progresser, de se projeter, de réussir ; pour eux, pour leur famille... D’autres, en formation d’alphabétisation, ont en plus, un « rêve d’école ».

On a parfois des philosophes, des sages, qui ont une forte expérience de vie, qui observent leurs prochains, leurs difficultés et arrivent à parler simplement. On vit des moments très riches et intenses en cours. Ce sont des espaces intimes de discussion où ils peuvent se raconter, s’exprimer. On voit aussi des liens d’amitié se tisser entre les stagiaires.

En fonction de leurs besoins, de leurs envies, on fait tout ce que l’on peut pour les orienter vers des partenaires, pour qu’il n’y ait pas de rupture dans leur parcours. Nous développons par exemple un travail avec des orthophonistes, lesquels nous ont confirmé qu’il n’y avait rien dans leur formation lié à la prise en charge des personnes migrantes.

Je pense que les entreprises sont aussi très demandeuses de ce que nous proposons mais ont besoin d’aide pour le mettre en place. La réforme de la Formation professionnelle continue du 5 mars 2014 a freiné la mise en place de projets de formation en 2015 ; les acteurs de la formation pour adultes comme les employeurs doivent reprendre leurs marques. Mais la réforme a été pensée pour prioriser la formation des salariés peu qualifiés. On espère donc qu’elle sera porteuse dans les années à venir.   

 

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Formation individuelle Français compétence professionnelle, niveau post-alphabétisation. Langues Plurielles (oct.2015)

Formation individuelle Français compétence professionnelle, niveau post-alphabétisation. Langues Plurielles (oct.2015)

 

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Julia, formatrice (de dos) : « Notre métier ouvre les yeux sur certaines situations de scolarisation dans le monde et d’arrivée en France. Il fait réfléchir à la meilleure façon d’accueillir et d’accompagner les personnes. »

Julia, formatrice (de dos) : « Notre métier ouvre les yeux sur certaines situations de scolarisation dans le monde et d’arrivée en France. Il fait réfléchir à la meilleure façon d’accueillir et d’accompagner les personnes. »

 

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W., apprenante : « Il faut apprendre la langue, il ne faut pas avoir honte. C’est important pour soi et pour ses proches ; pour vivre comme tout le monde, être responsable, faire les choses soi-même, au travail comme à la maison. »

W., apprenante : « Il faut apprendre la langue, il ne faut pas avoir honte. C’est important pour soi et pour ses proches ; pour vivre comme tout le monde, être responsable, faire les choses soi-même, au travail comme à la maison. »

 

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Formation individuelle Français compétence professionnelle, niveau post-alphabétisation. Langues Plurielles (oct.2015)

Formation individuelle Français compétence professionnelle, niveau post-alphabétisation. Langues Plurielles (oct.2015)

AMÉLIORER L’ACCÈS À LA FORMATION LINGUISTIQUE POUR TOUS

Tout doit être mis en œuvre pour permettre à tous, notamment aux personnes les plus en difficulté, d’avoir accès aux formations qualifiantes.

En ce qui concerne nos domaines de compétences, une des difficultés est de faire comprendre aux entreprises et aux pouvoirs publics que l’alphabétisation nécessite du temps, que les processus qui doivent conduire à l’autonomie sont très longs. On devrait proposer 600 heures, mais en raison des contraintes en termes d’organisation et de financements, on n’en propose souvent qu’entre 60 et 120 par an. Certes, dans la démarche de compétences clés telle qu’elle existe aujourd’hui, tout est fait pour que nos publics soient privilégiés. Mais on a surestimé le niveau des apprenants et sous-estimé le nombre d’heures de formation nécessaires.

Il est aussi essentiel de lever le tabou qui empêche certaines personnes de dire qu’elles ne maîtrisent pas bien le français. Il faut améliorer la détection des besoins et la sensibilisation des salariés, l’accueil, l’accès à l’information et bien sûr l’offre de formation.

Les champs à explorer sont donc encore immenses : la formation technique des formateurs à l’alphabétisation, à la remise à niveau pour des adultes qui gardent parfois un très mauvais souvenir de l’école ; les ponts à développer entre la formation à visée professionnelle et les entreprises qui embauchent ; l’accompagnement des employeurs dans l’accès à la formation de leurs salariés en difficulté… Bref, un monde devant nous ! »

*Maëlle Monvoisin est co-fondatrice et directrice associée de Langues Plurielles

• LE SITE DE LANGUES PLURIELLES http://langues-plurielles.fr

 

 

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