chevron-down chevron-left chevron-right chevron-up home circle comment double-caret-left double-caret-right like like2 twitter epale-arrow-up text-bubble cloud stop caret-down caret-up caret-left caret-right file-text

EPALE

Plateforme électronique pour l'éducation et la formation des adultes en Europe

 
 

Blog

Des étudiants sourds et malentendants face à l’apprentissage en ligne : Première partie

19/04/2017
by Brian Caul
Langue: FR
Document available also in: EN PL

/epale/fi/file/e-learning-and-deaf-and-hard-hearing-learners-unintended-dangers-widening-inequality-part-1jpgE-Learning and Deaf and Hard of Hearing Learners – the unintended dangers of widening inequality Part 1.jpg

E-Learning and Deaf and Hard of Hearing Learners – the unintended dangers of widening inequality part 1

 

Dans son article consacré aux étudiants sourds et malentendants face à l’apprentissage en ligne, Brain Caul, président du conseil d’administration de CRAICNI (cultiver le respect, apprécier l’inclusion dans les communautés d’Irlande du Nord), l’auteur aborde le sujet de l’apprentissage en ligne destiné aux apprenants sourds et malentendants.

Dans la première partie, l’auteur se penche sur les hypothèses erronées sur l’apprentissage en ligne destiné aux sourds et aux malentendants. Il passe en revue les solutions permettant de répondre aux besoins individuels des apprenants.

Contexte

En tant qu’ancien directeur des services aux étudiants de l’Université d’Ulster, j’ai fondé en 1995 avec des collègues de Queen’s University de Belfast (QUB), le Joint Universities Deaf Education Centre (JUDE). L’entreprise a bénéficié d’un important financement à durée limitée octroyé par le ministère de l’Irlande du Nord pour l’enseignement supérieur et la formation continue.  Un solide travail en équipe, accompagné du soutien d’un personnel qualifié et des collègues universitaires, a permis de réaliser d’importants progrès en matière d’accès à l’apprentissage des personnes sourdes et malentendantes. Cette démarche a permis non seulement un accompagnement individuel des apprenants, mais aussi un travail de proximité avec les écoles et les employeurs visant à sensibiliser sur les droits des étudiants atteints de déficience auditive et à permettre à ces derniers de bénéficier d’une véritable égalité des chances. De plus, en améliorant l’évaluation formelle des besoins, nous avons été en mesure d’accélérer le paiement des dépenses des fournisseurs des principaux services de soutien, et notamment des interprètes et des preneurs de notes, ainsi que les équipements portatifs et les logiciels. Grâce à cette approche, nous avons vu augmenter de manière considérable le nombre d’étudiants sourds et malentendants intégrant le système d’enseignement supérieur que nous avons mis en place.   

Après avoir quitté mes fonctions en 2000, j’ai appris que le financement avait pris fin et que les universités poursuivraient leur collaboration dans le cadre du projet JUDE pour fournir des services de base aux étudiants souffrant d’un handicap. En effet, comme il fallait s’y attendre, le soutien ainsi fourni est devenu plus généraliste et moins spécialisé.

Pour comprendre la situation de mon point de vue, entre 2012 et 2015, à l’âge de 70 ans, je suis retourné à mon université-mère, Queen’s University de Belfast (QUB), pour obtenir un diplôme de musique.  Mon premier jour à la bibliothèque fut une véritable expérience de prise de conscience. Tous les élèves étaient capables d’utiliser un poste d’ordinateur pour avoir accès aux notes de cours, aux sources recommandées, aux articles, aux sources de recherche, aux bases de données, au matériel audio-visuel et au courrier électronique pour rester en contact avec leurs tuteurs personnels.

Hypothèses erronées

Je me posais cependant la question de savoir si la mise à disposition d’un tel éventail de ressources d’apprentissage en ligne permettait réellement à de nombreux étudiants sourds et malentendants d’accéder aux cours magistraux. Je pensais littéralement qu’il s’agissait d’un moyen révolutionnaire permettant de mettre en œuvre le principe clé de la loi sur la discrimination à l’égard des personnes handicapées et que l’ensemble des personnes handicapées appartenant à la communauté étaient ainsi en mesure de suivre l’enseignement de troisième cycle. Cependant, j’ai eu tort. L’apprentissage en ligne n’est pas l’option privilégiée de nombreuses personnes sourdes et malentendantes. Plusieurs raisons sont à l’origine de ce constat.

Une personne qui a grandi en ayant pour principal moyen de communication la langue des signes, peut avoir du mal à comprendre les concepts décrits dans un texte de niveau universitaire. La simple visualisation de ce type de textes sur un écran d’ordinateur ne présente pas un grand intérêt à moins de recourir à un interprète qualifié, qui assistera l’étudiant à la bibliothèque, à la maison ou à distance. Dans le même ordre d’idées, le corps enseignant est persuadé de faciliter la communication grâce aux vidéo comportant des sous-titres automatiques, alors qu’en réalité, le sous-titrage n’est pas synchronisé avec le sujet discuté ou ressemble a du charabia.  Il est essentiel que les tuteurs encouragent les commentaires sur l’efficacité du matériel mis à disposition en ligne. Une personne sourde ou malentendante qui est confrontée à d’innombrables obstacles aux progrès et aux réalisations personnels, peut se sentir fondement découragée. Quel intérêt de poser des questions alors que tant d’écueils ont été rencontrés par le passé ?

Les apprenants sourds et malentendants peuvent également avoir une préférence pour l’apprentissage en groupes interactifs, ainsi que pour l’interprétation et l’aide dans la prise des notes car en observant les visages et les expressions d’autres apprenants et tuteurs, ils disposent d’indices visuels. Un tel apprentissage holistique peut faire partie intégrante du processus de construction du sens et de la compréhension, au-delà des mots. Bien sûr, l’apprentissage en ligne n’exclut pas la possibilité de rencontres en groupe, en face à face, ou d’intégration des cours d’été dans le cursus, une telle approche pouvant s’avérer essentielle pour les étudiants souffrant d’une déficience auditive qui souhaitent participer à l’apprentissage à distance pour des raisons personnelles ou de situation géographique. Il est également très important d’éviter les stéréotypes sur les apprenants sourds et malentendants. Ils sont loin de constituer un groupe homogène dont les membres ont tous des besoins identiques. Au contraire, tout ensemble de mesures de soutien mises à leur disposition doit être adapté aux besoins et aux préférences de chacun.

Dans la deuxième partie, nous vous présenterons des solutions faisant l‘objet des projets pilotes, destinées aux apprenants sourds et malentendants, permettant de rendre l’apprentissage en ligne plus attrayant.

Tous les commentaires et idées sur les questions abordées dans le présent article seront les bienvenus.


Brain Caul a passé 27 ans dans l’enseignement supérieur, d’abord en tant qu’enseignant, puis en tant que directeur des services aux étudiants. Il a été président du conseil d’administration des F&HE Colleges et du RNID (devenu Action contre la perte d’audition), au sein duquel il continue d’œuvrer en tant que bénévole. Depuis novembre 2015, il est président du conseil d’administration de CRAICNI, un organisme de formation dynamique dont les objectifs sont résumés dans son acronyme : cultiver le respect, apprécier l’inclusion dans les communautés d’Irlande du Nord.  Brian est l’ambassadeur d’EPALE pour le Royaume-Uni et témoigne d’un vif intérêt pour la musique et la sensibilisation culturelle. Inscrivez-vous ou connectez-vous sur le site des communautés de pratique « musique et la sensibilisation culturelle »

/epale/fi/file/brian-cauljpgBrian Caul.jpg

Brian Caul

 
Share on Facebook Share on Twitter Share on Google+ Share on LinkedIn