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natura 2000

Lettre D'Information Nature DG XI

Numéro 3 Avril 1997
ISSN 1026-616X

Dans Ce Numero


EDITORIAL

Réflexions du Commissaire Fischler sur la relation entre l'agriculture et la nature

Le changement de valeurs qui s'est opéré dans notre société nous a fait percevoir qu'il n'est ni raisonnable ni possible de travailler contre la nature. Ceci vaut également pour l'agriculture, car la relation entre l'agriculteur et son environnement est à la base-même de l'activité agricole. C'est la raison pour laquelle, au cours des dernières années, la politique agricole a été réorientée de manière à privilégier une production durable des denrées alimentaires, qui préserve l'environnement, par rapport à des méthodes dictées par des objectifs purement quantitatifs. En outre, des thèmes tels que le maintien de la biodiversité ou l'entretien du paysage revêtent désormais une importance accrue.

La politique agricole commune a pris en compte ces nouveaux objectifs. Elle donne désormais la priorité à une agriculture durable, que viennent soutenir des programmes environnementaux ou l'appui à l'élevage extensif. Aujourd'hui, comme le prévoit le Traité de Maastricht, la protection de l'environnement est partie intégrante de la politique agricole commune. A titre d'exemple, le dispositif agri-environnemental issu du règlement (CEE) 2078/92 comprend des mesures générales destinées à la réduction de l'emploi des engrais, à la diminution de la densité du bétail ou encore à la promotion de l'agriculture biologique. Et ces réformes sont déjà efficaces : en moyenne, l'emploi des engrais azotés a diminué d'un quart depuis 1988, celui des engrais phopshatés d'un tiers et celui des produits phytosanitaires d'environ 15 %. Le dispositif englobe également des opérations locales, suffisamment flexibles pour s'adapter à la diversité des situations régionales. Relèvent de cette catégorie des mesures comme l'entretien des biotopes de grande valeur écologique, le gel des terres à des fins environnementales ou bien la création de bandes de terres gérées de manière écologique.

Pourtant, la réforme doit se poursuivre car il reste encore beaucoup à faire. La préservation de l'espace rural relève, elle aussi, d'une politique agricole orientée vers la protection de l'environnement. L'air pur, des champs bien entretenus ou tout simplement le magnifique panorama qu'offrent des vallées intactes, tout ceci représente un espace de loisirs auquel notre société est très attachée. Mais parmi les randonneurs, combien sont conscients que les champs qu'ils traversent ne seraient que pierres et terrains à l'abandon sans le travail des agriculteurs ? Il faut donc que la politique assure que les prestations environnementales fournies par ces derniers soient rémunérées en conséquence.

Un avenir prometteur s'ouvre également pour les matières premières renouvelables. En effet, il s'avère que la biomasse présente un bilan environnemental nettement meilleur que les énérgies non-renouvelables. Aussi, des réflexions approfondies se développent actuellement pour identifier des incitations de nature à promouvoir résolument la culture des productions alternatives et se rapprocher ainsi encore un peu plus du grand objectif d'une agriculture respectueuse de l'environnement.

Franz Fischler

Commissaire à l'Agriculture et au Développement rural.


LE POINT SUR

Gérer les sites NATURA 2000, qu'est-ce que ça signifie?

Les conditions d'application de la Directive Habitats

La Directive Habitats demande aux Etats membres de mettre en place les mesures nécessaires pour assurer un statut de protection favorable aux Zones Spéciales de Conservation (ZSC). Bien que cela ne soit pas nécessaire dans tous cas, l'Article 6 (1) identifie aussi les plans de gestion, spécifiques aux sites ou intégrés dans d'autres plans d'aménagement, en tant qu'outil valable pour atteindre cet objectif. Les plans de gestion devraient constituer un cadre de référence dans lequel les différents intérêts se rapportant aux sites pourront être pris en compte.

La Directive ne précise pas ce que le plan de gestion devrait contenir ou comment il devrait être conçu. Ceci est du ressort des Etats membres. Aussi, son élaboration n'est pas prévue avant la troisième étape du processus de désignation (voir la lettre d'information n· 1), une fois que la Commission et les Etats membres ont choisi les Sites d'Importance Communautaire (pSCI). A partir de ce moment, les Etats membres ont 6 ans pour protéger les sites en ZSC et, si nécessaire, élaborer les plans de gestion.

Il peut donc sembler un peu paradoxal que la question concernant la planification de la gestion des sites puisse être discutée en amont et dans un contexte européen. Cependant, des craintes ont déjà été exprimées à ce sujet au-delà des implications relatives aux zones désignées au titre de NATURA 2000. Quelles sont les 'exigences écologiques' d'un site, vont-elles constituer localement un frein aux activités socio-économiques, et si c'est le cas, dans quelle mesure et à quelle échelle? Naturellement, beaucoup de propriétaires terriens et de groupes d'intérêt hésitent à accorder leur soutien à ce processus s'ils ne possèdent pas suffisamment d'informations sur la nécessité de ce plan de gestion ainsi que sur les conséquences éventuelles qu'il peut entraîner.

Le séminaire de Galway sur les plans de gestion

Pour éclairer le débat, un séminaire sur les plans de gestion a été organisé en octobre 1996 à Galway par l'Irish National Parks and Wildlife service, sous l'égide de la Présidence irlandaise et avec le soutien de la Commission européenne. L'objectif de ce séminaire était d'examiner les différentes approches d'élaboration et de mise en oeuvre des plans de gestion dans les Etats membres. Au delà de l'échange d'expériences et d'idées entre les différents organismes impliqués dans ce processus en Europe, l'obtention d'un consensus était recherché sur les différents éléments qui doivent constituer un bon plan de gestion d'un site NATURA 2000.

Environ 80 participants issus essentiellement des pays de l'UE mais aussi des pays de l'Europe de l'Est, ont assisté à ce séminaire. Parmi ceux-ci se trouvaient des représentants des Etats membres responsables de la mise en oeuvre des Directives Habitats et Oiseaux dans leur pays, des organismes officiels de conservation de la nature, des représentants d'acteurs économiques (agriculteurs, propriétaires terriens, promoteur d'installations portuaires...) et des ONG. De plus, quelques gestionnaires de projet LIFE-Nature ont été invités à présenter leur approche des plans de gestion.

La première partie du séminaire était consacrée à une série de présentations nationales sur les plans de gestion dans 5 pays de l'UE et d'un pays de l'Europe de l'Est. Par la suite, les participants se sont répartis dans trois ateliers. Après avoir visité un SIC proposé à côté de Galway – Coole Garryland – chacun a été invité à élaborer un modèle idéal de plan de gestion pour ce site.

Le contenu d'un plan de gestion idéal

Les éléments du plan de gestion à prendre en compte sont:

Il a été admis que la structure de base du plan de gestion était déjà largement standardisé en Europe, s'alignant sur 3 ou 4 prototypes élaborés par les protecteurs de la nature au cours de ces derniers 20 ans.

Cependant, un plan de gestion devrait être écrit dans une langue claire et concise, accessible à toutes les parties concernées, non seulement pour les scientifiques et les autorités mais aussi pour les usagers et les groupes d'intérêt. Il devrait y avoir également un plan de gestion unique pour chaque site, même s'il y a des désignations multiples, de façon à éviter la multiplication des règlements et des prescriptions.

Dans les limites de l'exhaustivité de la collecte des données, l'approche idéale est de recueillir l'ensemble des données disponibles sur un site avant d'élaborer un plan de gestion, tandis que l'approche pragmatique consiste à élaborer le plan de gestion avant même d'avoir identifier les besoins en informations complémentaires. Autrement dit, un seuil minimum d'information est nécessaire pour que les objectifs du plan de gestion ainsi que ses prescriptions soient adaptés et réalisables; pour les plus grands sites où la collecte d'informations est particulièrement difficile, il est recommandé un système de zonage par unité de gestion.

En gardant à l'esprit les préoccupations des propriétaires terriens et des groupes d'intérêt économique, les objectifs du plan de gestion devront être non seulement réalistes mais aussi quantifiables, dans la mesure du possible. En d'autres termes, il faut donner aux « acteurs » une explication claire de ce qui doit être préservé et comment y parvenir. L'objectif devrait satisfaire à la fois la conservation de nature et les activités socio-économiques.

Pour cela, la consultation avec les autres usagers de l'espace est fondamentale. Cette étape vitale devrait intervenir à différents moments dans l'élaboration du plan de gestion. Celà éviterait de mettre les parties concernées devant le 'fait accompli' et découragerait aussi les discussions avant que les objectifs de conservation ne soient clairement définis. Parallèlement à la consultation, il devrait aussi y avoir un système de recours sur tel ou tel élément d'un plan de gestion.

Concernant leur mise en oeuvre, les plans de gestion NATURA 2000 ne devraient pas être des documents académiques qui seront rangés quelque part sur une étagère. Pour qu'ils aient un intérêt, ils doivent être considérés comme des outils pratiques de gestion. Il doit y avoir aussi un engagement clair des organismes de conservation de la nature et des autres autorités compétentes pour sa mise en oeuvre. Ceci signifie qu'il doit inclure les estimations du coût des diverses actions et l'élaboration d'un échéancier pour sa mise en oeuvre.

Enfin, le suivi est une partie essentielle d'un plan de gestion. Sans cela, il serait presque impossible de comprendre et d'évaluer les effets des actions de gestion sur le site. Cependant, ce suivi doit être simple et efficace. Le suivi ne peut pas couvrir tous les sites en détail, mais devrait se focaliser sur des indicateurs ou des facteurs CLÉS qui peuvent servir de signal en cas de détérioration.

Structure suggéréé d'un plan de gestion

Un plan de gestion idéal devrait contenir les éléments suivants :

  • le rappel du cadre législatif en référence à l'Article 6 de la Directive Habitats
  • la description du site, comprenant une analyse historique de l'usage des terres
  • l'énoncé des objectifs, comprenant les buts à court et long terme
  • l'énoncé des contraintes, comprenant l'identification des acteurs impliqués
  • la liste d'actions réalistes à entreprendre, avec un échéancier et un budget prévisionel
  • le processus détaillé de la consultation
  • un protocole de suivi et d'évaluation


Conclusion

Bien qu'il ne soit pas légalement exigé par la Directive Habitats, un plan de gestion est reconnu comme un outil nécessaire au maintien ou à la restauration des futurs sites NATURA 2000 dans un état de conservation favorable. Il sert non seulement de fil conducteur et de plan d'action pour gérer le site, mais également fournir un support pour la consultation et la coopération avec les acteurs économiques présents sur le site. Il constitue aussi une base fiable pour ceux qui engagent des activités socio-économiques à l'intérieur ou en périphérie d'un site NATURA 2000. Cependant, ces résultats bénéfiques ne peuvent être atteints qu'à condition que les plans de gestion soient objectifs, réalistes et applicables. Il faut espérer que les conclusions de Galway seront profitables à NATURA 2000.

Des exemplaires des conclusions du séminaire sont disponibles auprès de Pat Warner, NPWS, 51 St Stephen Green, Dublin 2, Irlande. Fax: +353 1 6620283


ZOOM PROJET

Le projet LIFE de la baie du Liminganlahti : une démarche de planification ascendante

La richesse naturelle du Liminganlahti

Autour du Golfe de Bothnie, sur certaines des plus anciennes roches d'Europe, l'un des plus jeunes paysages du continent continue de surgir des eaux. A l'Age Glaciaire, il n'y a que quelques milliers d'années, d'immenses glaciers recouvraient cette région. Ils érodaient et aplanissaient le socle sous leur masse. Après la fonte des glaces, la mer a pris possession d'une vaste baie peu profonde couvrant 116 km² – il s'agit de la Baie du Liminganlahti, l'une des plus remarquables zones humides de Finlande.

Libéré du poids des glaciers, le socle rocheux retrouve lentement son niveau d'origine selon un processus appelé ''rééquilibrage isostatique". Prés d'un tiers de la surface de la baie se situe à moins d'un mètre de profondeur et les plus hauts fonds commencent à émerger, créant des douzaines d'îlots recouverts de laisses de mer. Du fait de la platitude du relief, la ligne de côte progresse à une vitesse surprenante (18 mètres par an, soit 1,5 km par siècle), découvrant toujours plus de terres.

Le rééquilibrage iso-statique favorise l'apparition d'une succession d'habitats caractéristiques depuis les formations sur vases exondées en passant par les roselières et les prés salés, jusqu'aux fourrés et aux forêts. Ces habitats sont également soumis aux influences saumâtres du Golfe de Bothnie, aux longues périodes d'enneigement et aux fluctuations du niveau marin.

Autour du Golfe de Bothnie, la Baie du Liminganlahti est l'une des plus remarquables zones humides de Finland

La richesse naturelle exceptionnelle de la Baie de Liminganlahti se traduit aussi par la présence d'une faune et d'une flore particulièrement riche et diversifiée. Le site accueille 250 espèces d'oiseaux nicheurs ou de passage dont 31 sont inscrites à l'Annexe I de la Directive "Oiseaux". Il constitue notamment l'un des derniers bastions dans l'Union de l'Oie naine Anser erythropus, qui est mondialement menacée. La flore comprend à la fois des espèces septentrionales et méridionales dont beaucoup sont menacées à l'échelle mondiale, ainsi que 20 espèces endémiques de la Baltique. Le facteur humain est également primordial. Des siècles de fauche traditionnelle, d'exploitation des roseaux et de pâturage ont préservé les prés salés et permis de maintenir ouverts ces espaces vitaux pour de nombreuses espèces d'oiseaux et de plantes rares, en limitant la progression de la forêt.

Ainsi, la baie de Liminganlahti et la grande île de Hailuoto répondent aux critères scientifiques qui justifient leur inclusion au sein de NATURA 2000. Cependant, bien que situé à proximité du cercle polaire, le Liminganlahti est loin d'être inhabité.


Quatre communes (Lumijoki, Liminka, Kempele, Oulunsalo) et autres habitations se répartissent autour de la baie. Les exploitations agricoles s'étendent jusqu'au rivage et les nouvelles terres qui émergent sont exploitées collectivement par les propriétaires riverains selon d'anciennes lois coutumières.

Les activités humaines

Par ailleurs, la chasse aux oiseaux d'eau et la pêche ont toujours été des activités très populaires, attirant près de 1000 à 2000 personnes chaque année. A cela s'ajoute une fréquentation touristique croissante durant les mois d'été. On a dénombré récemment 20.000 à 30.000 visiteurs, dont la plupart sont motivés par l'intérêt et la beauté de ce site exceptionnel.

Cette situation n'est pas surprenante pour un site aussi vaste et exceptionnel. Par contre, elle impose de concilier une approche stratégique et intégrée des différents usages en présence mais également un processus large et transparent de consultation et de concertation avec tous les acteurs concernés. La solution idéale en pareil cas consiste à élaborer un plan de gestion qui concilie les objectifs de conservation du site avec les exigences socio-économiques des différents groupes d'intérêt (Article 6.1 de la Directive ''Habitats").

Débat et consultation publics

Toutefois, les clefs de la réussite dépendent souvent plus de la façon dont la consultation est conduite que du contenu du plan de gestion lui même. A cette fin, le projet LIFE du Liminganlahti, approuvé en 1995, a privilégié une démarche ascendante particulièrement intéressante. Il s'appuie sur un partenariat entre la délégation régionale du Ministère de l'environnement finlandais, les cinq communes concernées du Liminganlahti et de Hailuoto, deux ONGs (WWF et Birdlife), deux organismes scientifiques, plusieurs établissements scolaires et le Conseil régional du District. Un tel comité de suivi de projet composé d'un aussi large échantillon représentatif d'acteurs doit permettre d'élargir le débat avec l'espoir de résoudre nombre de conflits. Or, ce projet LIFE est allé encore plus loin dans l'implication des locaux et des groupes d'intérêts.

La baie, ses vasières et ses îles ont été découpées en cinq sous-régions. Un groupe de travail a été mis en place dans chacune d'elles, qui regroupe les autorités compétentes, les spécialistes de la conservation, les propriétaires, les chasseurs, les exploitants, les pêcheurs etc... Sur la base des connaissances écologiques déjà acquises, chaque groupe de travail avait pour mission d'élaborer sur des bases consensuelles un plan de développement durable, en conciliant les objectifs de conservation de la nature avec les moyens d'existence et les loisirs des populations locales.

Dix-huit mois ont été consacrés à ce travail afin d'organiser un nombre suffisant de réunions dans chaque sous-région. Grâce au découpage du site en 5 secteurs, l'apparition de problèmes sur l'un d'eux n'entravaient pas l'avancée des autres.

Un schéma d'utilisation durable pour l'ensemble du site

Les plans des 5 groupes de travail seront ensuite examinés par le groupe de coordination du projet LIFE, qui pourra demander des modifications. A la suite de cette phase de négociations, les cinq groupes de travail et le groupe de coordination réunis au sein d'une assemblée générale, établiront le plan de gestion global du futur site NATURA 2000 du Liminganlahti et désigneront des réserves naturelles. Ce plan, résultant d'un consensus plus ou moins unanime entre les habitats et les groupes d'intérêt concernés par la démarche NATURA 2000 au Liminganlahti, sera la principale concrétisation de ce projet LIFE.

Pour avoir force de loi, ce plan global doit être intégré dans un document officiel de planification établi par les communes. C'est pourquoi la participation active des cinq communes concernées est si importante.

Jusqu'à présent, les réunions se déroulent très bien et l'assistance est souvent plus nombreuse que prévue. Bien que les participants aient des profils et des intérêts différents et que la plupart d'entre eux n'aient pas l'habitude de ces réunions formelles ni des débats politiques, ils exposent leurs opinions dans un réel esprit de dialogue. Le fait que tous les groupes d'intérêt puissent être entendus par les autorités locales (les chasseurs prétendent avoir été initialement négligés) est ressenti de façon positive par l'ensemble de la communauté.

Cela ne signifie pas que cette démarche sera aisée, au contraire. Alors que nombreux sont ceux qui pensent que la chasse devrait être limitée à quelques secteurs, il reste encore du chemin avant de décider où elle pourrait être pratiquée, sur quelle durée, si des compensations sont à prévoir, qui payera... Le débat a le mérite d'être lancé même si certains considèrent que cette démarche est longue et coûteuse. On peut cependant être sûr que le plan définitif sera réaliste et applicable, et qu'il bénéficiera du soutien de la majorité de la communauté locale. Les citoyens regrettent souvent la démarche descendante de la politique gouvernementale. Espérons que le projet LIFE du Liminganlahti parviendra à développer une approche ascendante en faveur de NATURA 2000.

Le projet LIFE du Liminganlahti

La démarche du plan de gestion constitue le principal volet du projet, mais d'autres actions sont aussi prévues sur le site au cours des 3 années :

  • acquisition et location de 850 ha du site parmi les milieux écologiques les plus remarquables;
  • rétablissement des niveaux d'eau naturels dans le marais côtiers drainés et notamment dans les lagunes peu profondes;
  • 14 sites sur les secteurs les plus sensibles seront fauchés, pâturés et débroussaillés en fonction des exigences écologiques de la faune, de la flore et des habitats;
  • un matériel spécialisé sera utilisé sur les secteurs clefs pour contenir notamment le développement des roselières qui représentent la principale menace;
  • enfin, des actions de sensibilisation à l'environnement seront destinées principalement aux élèves de la région, qui étudieront la valeur naturelle du site et recueilleront des données pour les différents usagers.

Pour de plus amples informations sur le projet :

Tupuna Kovanen

Pohjois-Pohjanmaan Ympäristökestus

PI 124,90101 OULU, Finland

fax : +358-8-315-8305


NATURA BAROMETER

(Situation au 17.3.97 sur base des données transmises officiellement par les Etats Membres)

Chart

Key


BRÈVES

Le baromètre NATURA 2000: commentaire sur l'état d'avancement des pSICs et ZPS

Depuis le 6 novembre 1996, les progrès les plus significatifs ont été réalisés par :

La Macaronésie, région pilote

La Directive Habitats prévoit 3 étapes dans la sélection des sites NATURA 2000. Sur la base des sites proposés par les Etats membres (étape 1), la Commission devra établir une liste de sites d'intérêt communautaire pour chacune des 6 régions biogéographiques (étape 2). Les Etats membres désigneront alors les sites retenus en Zone Spéciale de Conservation (étape 3).

La seconde étape vient de débuter par une première réunion à Ténérife pour la région macaronésienne (archipels des Açores, des Canaries et de Madère). La Commission, l'Espagne et le Portugal y ont évalué, avec l'appui scientifique du Centre Thématique Nature (Agence Européenne de l'Environnement), l'intérêt des sites proposés jusqu'à présent. Les types d'habitats et les espèces, pour lesquels l'Espagne et le Portugal doivent encore proposer de nouveaux sites pour garantir leur protection efficace, ont également été identifiés.

Une deuxième réunion pour la Macaronésie est prévue en juillet pour compléter la liste des sites retenus comme d'intérêt communautaire. Des réunions similaires pour les 5 autres régions se tiendront d'ici la fin de l'année. D'où l'urgence pour ceux des Etats membres qui n'ont pas encore transmis leur liste de proposer des sites afin qu'ils puissent être pris en compte dans cette sélection.

Proposition de Directive sur les études d'impact environnemental de certains plans et programmes d'aménagement

Jusqu'à présent les Etats membres avaient l'obligation, au titre de la législation communautaire, d'évaluer les effets sur l'environnement de certains projets de développement, publics ou privés. Cependant, ce type d'évaluation de projet intervient souvent trop tard dans le processus de décision. Là où un développement d'activités spécifiques est prévu dans le cadre d'un schéma d'aménagement régional, c'est l'ensemble de la zone concernée qui devrait être considéré. Avec la nouvelle proposition de la Commission, l'évaluation de l'impact environnemental, devra intervenir, au stade de la définition des schémas d'aménagement et des plans d'occupation du sol. Cela permettrait d'assurer une meilleure intégration des considérations environnementales au sein du processus de décision de ces projets de développement.

LIFE-Nature s'ouvre aux PECOs

A compter de 1998, les Pays d'Europe Centrale et Orientale (PECOs) associés à l'Union auront accès aux cofinancements LIFE pour leurs projets de protection de la nature. Chaque PECO devra décider s'il souhaite ou non participer à LIFE. A la différence des Etats membres, chaque PECO se verra réserver une part du budget ... mais devra avoir versé, au préalable, un montant équivalent dans le fond Life-Nature, en prélevant au besoin sur l'aide communautaire reçue au titre de PHARE. Les critères de sélection des projets seront équivalents à ceux retenus pour les Etats membres.

La procédure de sélection LIFE 1997

A la date limite du 31 janvier, la Commission a reçu 174 propositions pour une demande totale de 128 millions d'ECU (budget disponible : 45 millions d'ECU). Ces propositions sont en cours d'évaluation par la Commission et une pré-sélection de projets éligibles sera présentée pour délibération au Comité Habitats de la fin avril. La décision finale sur les projets sélectionnés devrait être prise en juillet et sera communiquée ultérieurement aux proposants.

Les projets LIFE financés en 96

63 projets ont été co-financés l'année dernière. Une description en une page de chaque projet dans sa langue d'origine, en anglais et en français, a été réalisée et est maintenant disponible auprès de la DG XI sous la forme d'un rapport consolidé. La brève introduction explique la procédure de sélection pour 1996 et le type de projets financés. Exemplaires disponibles auprès d'I. Venti DGXI.D.2

Nature et emploi

Afin de déterminer si les actions de conservation pouvaient avoir une répercussion positive pour l'emploi, une analyse des 63 projets financés au titre de LIFE Nature en 1996 a été réalisée. Il a été estimé qu'au moins 1300 personnes travailleront sur ces projets durant leur période d'exécution. Cela représente environ 500 emplois équivalent temps plein sur 3 ans. La majorité d'entre-eux (2/3) se trouvent en Europe du Sud (Espagne, Portugal, Grèce, Italie). Si l'on garde à l'esprit que de nombreux projets LIFE sont menés dans des régions rurales isolées ou économiquement déshéritées, où les emplois supplémentaires sont importants pour la vie locale, la contribution des projets LIFE sur l'emploi peut être considérée comme significative.

Séminaire annuel sur les projets LIFE Ours

La Commission contribue actuellement pour 16,2 MECU, au financement au titre de LIFE Nature, de 8 projets pour la conservation de l'Ours brun dans 5 Etats Membres de l'Union. Chaque année, les bénéficiaires LIFE de ces programmes se réunissent sur le site d'un des projets, pour échanger des expériences sur leurs actions et discuter des questions techniques et scientifiques concernant la survie de l'Ours en Europe. En 1996, c'était le tour du projet italien 'mammiferi'. Situé dans les Alpes orientales, l'objectif principal de ce projet est de faciliter la recolonisation spontanée des Alpes italiennes par la population d'ours de Slovénie. Parmi les différents thèmes abordés, le plan d'action pour l'Ours brun dans les Alpes a été présenté. Prochaine réunion : Autriche/Graz.

Séminaire sur les roselières

Un séminaire se tiendra fin avril sur un des sites de projet LIFE en France pour présenter les dernières techniques de conservation des roselières en Europe. Organisé par Eurosite dans le Parc Naturel Régional des Marais du Contentin, cet atelier a 4 thèmes principaux: le rôle des roselières dans l'amélioration de la qualité d'eau, la création d'habitats pour les oiseaux et les poissons, et la production de roseaux pour la confection de toit en chaume. Le but est de diffuser les dernières avancées scientifiques, permettre l'échange d'expériences et trouver des solutions pragmatiques pour la gestion des roselières.Contact: J.B. Wetton, Parc Naturel Régional des Marais du Contentin Fax +33 2 33 71 61 91

Manuel d'interprétation des habitats de l'Union Européenne

Dans le premier numéro de la lettre d'information NATURA 2000, il avait été annoncé que le manuel d'interprétation des types d'habitat listés à l'Annexe I de la Directive Habitats avait été validé et publié en Anglais. Ce manuel est maintenant traduit en français et sera disponible en Avril. Contact: I Venti DG XI.D.2

Mise à jour du rapport des ZPS désignées au titre de la Directive Oiseaux

La Commission, en collaboration avec le Centre Thématique Européen pour la Conservation de la Nature a mis à jour l'état d'avancement de la désignation des ZPS au titre de la Directive Oiseaux. Il s'agit de la plus récente actualisation par Etat membre, des ZPS désignées avant la fin 1996 (nom, superficie, coordonnées, localisation sur une carte). Contact: Micheal O'Briain DGXI.D.2


LETTRE D'INFORMATION NATURA 2000

Editeur: DG XI.D.2

avec le concours de ECOSYSTEMS LTD, 11 Rue Beckers, 1040 Brussels.
Paraît trois fois par an, disponible en anglais, français et allemand. Pour la recevoir, communiquer votre nom et adresse à la : DG XI.D.2, TRMF 02/04, Commission Européenne, 200 Rue de la Loi, B-1049, Bruxelles. Fax: +322 296 9556

Cette lettre d'information n'exprime pas forcément l'opinion officielle de la Commission Européenne. Toute reproduction est autorisée, sauf à condition de citer la source.