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La contribution pratique des TIC à la croissance durable

26/06/2009

  • Rendement énergétique
  • Eu
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La mise en œuvre de solutions basées sur les technologies de l’information et des communications (TIC) dans le monde industriel pourrait se traduire par des économies d’énergie considérables et, en définitive, ouvrir la voie vers une société plus durable.

Les technologies de l’information et des communications ont le potentiel nécessaire pour permettre à l’Europe de relever ses plus grands défis. La lutte contre les difficultés actuelles comme le changement climatique, la sécurité énergétique et la crise économique passe inéluctablement par la mise sur pied d’une société vouée à l’efficacité énergétique.

Soucieuse de conférer un rôle de premier ordre aux TIC dans l’établissement d’une société durable, la Commission européenne a manifesté son intention d’élaborer des mesures concrètes sur la contribution des TIC à la croissance durable, dans une communication publiée en mars 2009. En outre, elle a annoncé l’organisation d’une consultation publique visant à jeter les bases communes de l’engagement en faveur de l’efficacité énergétique. Ce processus débouchera sur une recommandation de la Commission fin 2009.

Par ailleurs, la Commission prône l’instauration d’un partenariat entre le secteur des TIC et d’autres acteurs de premier plan de la consommation énergétique industrielle. Par le biais de cette démarche, elle aspire à une amélioration globale de l’efficacité énergétique.

Économies d’énergie dans le secteur des TIC

En premier lieu, il convient d’analyser l’incidence des TIC proprement dites sur l’environnement, étant donné la part conséquente de ce secteur dans les émissions de CO2. Un rapport publié en 2007 par Gartner, une entreprise spécialisée dans la recherche technologique, révèle que le secteur des TIC est sur un pied d’égalité avec l’industrie aéronautique en termes d’émissions de dioxyde de carbone, soit 2 % des émissions européennes. Selon Gartner, les TIC ont le potentiel nécessaire pour diviser par cinq leur empreinte carbone initiale.

Si l'incidence environnementale du secteur des TIC est jugée inférieure à celle de l’industrie automobile ou aéronautique, sa contribution aux émissions est en fait considérable. En effet, un serveur moyen produit des émissions équivalentes à celles d’un véhicule utilitaire sport (SUV) qui consomme 15,68 l/100 km.

Toutefois, à l’inverse des autres pollueurs, les TIC constituent non seulement le problème, mais aussi une partie de la solution. L’industrie est en mesure de fournir des outils susceptibles de contribuer aux économies d’énergie, dans son propre secteur comme dans d’autres domaines. Même à un niveau très fondamental, la gestion de l’énergie, la surveillance et la sensibilisation au potentiel des TIC pourraient générer des économies substantielles dans la quasi-intégralité du monde industriel. La Commission européenne estime qu’une réduction de 20 % des voyages d’affaires et une utilisation accrue des solutions de téléconférence et de vidéoconférence basées sur les TIC permettraient de réaliser des économies à concurrence d’environ 25 millions de tonnes en équivalent CO2 par an (soit respectivement 5 et 2,5 % des émissions totales du secteur européen agricole et du transport).

Pour autant, le secteur des TIC doit montrer l’exemple en termes d’émissions et d’efficacité énergétique. La commissaire européenne en charge de la société de l’information et des médias, Viviane Reding, a appelé le secteur des TIC à une réduction de 20 % de son empreinte carbone pour 2015.

Souvent, les solutions simples donnent des résultats prometteurs. La société BT, chef de file du secteur des télécommunications, joue d’ores et déjà un rôle exemplaire en termes de durabilité. En réduisant son empreinte carbone de 60 % par rapport à son niveau de 1996, elle a économisé plus de 400 millions d’euros en coûts internes.

De même, BT a mis en œuvre la «mutualisation», en réponse à la forte consommation énergétique des centres de données. Cette méthode réside dans le partage de l’énergie, du stockage et des ressources informatiques, d’où la possibilité de réaliser jusqu’à 70 % d’économies d’énergie.

De plus, le secteur des TIC pourrait réaliser des économies d’énergie supplémentaires via la réduction de l’intensité énergétique des composants utilisés. Pour preuve, de telles économies ont déjà été réalisées sur le plan de l’affichage, puisque les écrans à cristaux liquides (LCD) et les diodes électroluminescentes organiques (DELO) ont généré une majoration considérable de l'efficacité énergétique.

Des solutions TIC pour les autres industries

Au-delà du secteur des TIC proprement dit, les solutions d’économies d’énergie y afférentes ont une incidence marquée sur les performances énergétiques et environnementales de presque tous les secteurs. Toutefois, pour profiter pleinement des avantages des solutions TIC, les entreprises doivent encourager les développements en la matière et opérer les changements opérationnels requis au sein de leurs organisations, dans un souci d’efficacité.

À titre d’exemple, il convient de dématérialiser les processus commerciaux en passant à des services en ligne et en améliorant l’efficacité des opérations et des chaînes d’approvisionnement. Parmi les autres changements éventuels, citons le transfert des activités commerciales sur internet, en particulier concernant les sociétés bancaires et immobilières.

Le rapport SMART 2020 du Climate Group met l’accent sur l’énorme potentiel des solutions TIC en matière d’économies d’énergie. Sur la base de quatre études de cas, à savoir des systèmes de motorisation en Chine, la logistique en Europe, la construction en Amérique du Nord et les réseaux d’électricité en Inde, le rapport conclut à la possibilité de réaliser 600 milliards d’euros d’économies à l’échelle planétaire (environ 5 % du PIB de l’UE). Par ailleurs, il souligne la possibilité de supprimer 15 % des émissions d’ici 2020 si l’industrie des TIC s’engage de manière appropriée auprès du reste de la société.

Les solutions TIC pourraient également s’avérer bénéfiques pour trois autres domaines, à savoir les réseaux d’électricité, la construction intelligente et l’éclairage intelligent.

Attendu que le secteur de la transformation de l’énergie consomme un tiers de l’ensemble des énergies primaires, le plan d’action européen pour l'efficacité énergétique a fait du réseau d’électricité l’un des domaines d’amélioration prioritaires. Les solutions TIC pourraient contribuer à l’efficacité accrue de la transformation via l’identification des problèmes avant qu’ils ne mettent en péril la production. En outre, elles pourraient améliorer la gestion du réseau d’électricité sur le plan de l’alimentation en courant électrique, ce qui pourrait garantir la sécurité et la stabilité de l’approvisionnement, de quoi générer des économies potentielles de 40 %.

L’efficacité énergétique dans les bâtiments et le comptage intelligent

Quelque 40 % de la consommation d’énergie en Europe dérivent des bâtiments, ce qui fait de ce domaine la première source d'économies potentielles. À cette fin, les solutions TIC comme les systèmes de gestion de l’énergie pourraient améliorer considérablement l’efficacité énergétique si elles étaient associées à une isolation, un éclairage et une ventilation de meilleure qualité.

Le comptage intelligent basé sur les TIC pourrait optimiser les performances énergétiques des bâtiments en fournissant aux consommateurs des informations sur la consommation et les coûts de l’énergie. De tels compteurs sont sensés baisser la consommation énergétique d’au moins 10 %, tout en contribuant à la sensibilisation du grand public envers l’efficacité énergétique. De plus, ils apportent des données essentielles aux fournisseurs d’électricité, qui peuvent ensuite réguler leurs réseaux en conséquence afin d’éliminer toute production superflue.

Par conséquent, la Commission européenne a invité les États membres à convenir d’une série de spécifications fonctionnelles minimales pour le comptage intelligent.

De même, les évolutions des TIC pourraient aller de pair avec des avantages pratiques pour le domaine de l’éclairage. Les technologies novatrices comme les diodes électroluminescentes (LED) pourraient réduire de 30 % la consommation actuelle d’ici 2015, et de 50 % d’ici 2025. Le concept de l’éclairage intelligent pourrait également offrir des économies réelles étant donné que les capacités des capteurs et des commandes autorisent désormais l’adaptation des ampoules d’éclairage éconergétiques à la lumière naturelle et à la présence de personnes.

Les technologies d’information et de communication permettraient de réaliser des économies d’énergie massives à travers une foule de secteurs, notamment celui des TIC. Vu le potentiel offert par les TIC en matière de surveillance et de réglage de l'énergie, de dématérialisation et d’efficacité énergétique, elles peuvent constituer une solution immédiate et à long terme face à la consommation énergétique mondiale élevée.

Pour en savoir plus

  • «La Commission encourage l’utilisation des TIC pour une Europe plus verte» (communiqué de presse de la Commission européenne):
    http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/393&format=HTML English

    «Communication concernant la mobilisation des technologies de l’information et des communications (TIC) visant à faciliter le passage à une économie à haut rendement énergétique et à faible taux d’émission de carbone» COM(2009) 11 final, 12 mars 2009:
    http://ec.europa.eu/information_society/activities/sustainable_growth/docs/com_2009_111/com2009-111-fr.pdf

    «Relever le défi de l’efficacité énergétique grâce aux technologies de l’information et de la communication» COM(2008) 241 final, 13 mai 2008:
    http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2008:0241:FIN:FR:HTML български (bg)czech (cs)dansk (da)Deutsch (de)eesti (et)ελληνικά (el)English (en)español (es)Gaeilge (ga)italiano (it)latviešu (lv)lietuvių (lt)magyar (hu)Malti (mt)Nederlands (nl)polski (pl)português (pt)română (ro)slovenčina (sk)slovenščina (sl)suomi (fi)svenska (sv)

    Gartner:
    http://www.gartner.com/ English

    Évaluation de l’empreinte carbone de BT:
    http://www.btplc.com/Societyandenvironment/Betterworldforbusiness/CarbonImpactAssessment/CarbonImpactAssessment.pdf English

    Rapport SMART 2020:
    http://www.smart2020.org English

L’informatique verte

Selon le Symantec 2009 Worldwide Green IT Report, l’informatique verte a le vent en poupe à l’échelle internationale. Aux yeux des 1052 grandes entreprises interrogées à travers le globe, l’informatique revêt un caractère essentiel en termes d’économies de coûts et de conservation de l’énergie, même si de nombreux répondants (86 %) considèrent également la responsabilité environnementale comme un moteur essentiel à cette fin. Les pratiques d’informatique verte les plus courantes résident dans les alimentations électriques éconergétiques, les processeurs multicœurs, les unités centrales de traitement éconergétiques et les projets de virtualisation et de consolidation. Parmi les autres pratiques utilisées, citons la gestion de l’énergie et l’adoption de l’informatique en nuages. Selon le rapport, si une entreprise moyenne laisse régulièrement allumés 2 500 ordinateurs pendant la nuit, pour une consommation énergétique d’environ 74 euros, elle pourra économiser 264 000 euros par an en gérant mieux l’énergie. Si les budgets informatiques généraux stagnent ou reculent, ceux de l’informatique verte vont crescendo. De plus en plus d’entreprises adoptent une approche exhaustive via la mise en œuvre de stratégies d'informatique verte. À cet égard, l’Amérique du Nord et l’Europe connaissent une évolution identique.

Pour en savoir plus:

Symantec 2009 Worldwide Green IT Report:
http://www.symantec.com/content/en/us/about/media/GreenIT_2009.pdf pdf [2 MB] English