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Les bénéfices de la vérification

10/12/2012

  • Royaume-Uni

Il existe un certain nombre de mécanismes pour aider les éco-innovateurs à sortir des laboratoires et arriver sur le marché. L’un d’entre eux est proposé par Isle Utilities, un cabinet britannique de conseil en technologies et innovation. Isle Utilities fonctionne comme une agence de rencontres, mettant en relation des technologies éco-innovantes et des projets de recherche avec des investisseurs potentiels grâce à son Groupe d’Approbation Technologique (GAP).

Pour atteindre la terre promise de l’acceptation commerciale du produit, les technologies environnementales passent toutes, à un moment, par la vallée de la mort. C’est le gouffre entre la recherche, qui peut aboutir à des idées qui rendent bien sur le papier ou en prototype, et la démonstration ou le test pré-commercial, pendant lesquels l’innovation sera scrupuleusement examinée pour voir si elle peut vraiment faire la différence dans le monde réel.

La vallée de la mort est un problème pour les inventeurs, mais aussi pour les politiques, qui veulent encourager la croissance grâce à l’(éco-)innovation. Heureusement, des aides sont disponibles: un certain nombre de mécanismes existent pour aider les éco-innovateurs à sortir des laboratoires et entrer sur le marché.

L’un d’entre eux est proposé par Isle Utilities, un cabinet britannique de conseil en technologies et innovation. Isle Utilities fonctionne comme une agence de rencontres, mettant en relation des technologies éco-innovantes, des utilisateurs finaux et des projets de recherche avec des investisseurs potentiels grâce à son Groupe d’Approbation Technologique (GAP).

Le GAP est un groupement de sociétés chargées d’assurer un service public. Il passe régulièrement en revue et évalue les nouvelles technologies identifiées et analysées par Isle Utilities, et présentées par les producteurs eux-mêmes. Si ces sociétés jugent ces technologies intéressantes, elles peuvent faire des essais pour les tester, et si cela fonctionne, commencer le processus de développement à grande échelle pour un marché plus large.

Isle Utilities travaille essentiellement avec les entreprises d’approvisionnement en eau et propose des technologies pour répondre aux besoins de ces entreprises (même si elle travaille également au déploiement de ses activités à d’autres éco-technologies). Louise Elliott, directrice commerciale d’Isle Utilities, déclare « l’entreprise parcourt le globe pour dénicher les meilleures technologies. Grâce à notre intervention, 200 millions de livres sterling (249 millions d’euros) ont été investis dans l’industrie de l’eau. »

Le GAP se réunit quatre fois par an au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie, ainsi que deux fois par an à Singapour, pour présenter des technologies prometteuses.

Selon Louise Elliott « le modèle du GAP fonctionne pour tout le monde ». Pour les innovateurs, les réunions du GAP sont des opportunités idéales de présenter leurs technologies à des entreprises de gestion de l’eau qui peuvent leur proposer un investissement. En plus, les innovateurs peuvent assister aux réunions gratuitement.

Pour les entreprises de gestion de l’eau, le GAP est une manière efficace de faire ce qu’elles devraient de toute façon faire: rechercher de nouvelles technologies pour améliorer leurs performances environnementales et financières, et donc leur profitabilité. Les nouvelles technologies aident ces entreprises à améliorer le rendement de leurs équipements, en réduisant par exemple les fuites ou en améliorant le traitement des eaux usées. « Selon les régions, les entreprises ont des priorités différentes », déclare Louise. Au Royaume-Uni par exemple, l’accent est mis sur la réduction des fuites et l’efficacité énergétique alors qu’en Australie, on s’intéresse plus particulièrement à la désalinisation et aux économies d’eau.

Régulièrement, les membres du GAP décident de collaborer pour tester une technologie. Pour Louise, ces partenariats « réduisent le risque pris par chacun », grâce à un partage des coûts. Ces accords se font directement entre les entreprises et les innovateurs. Le rôle d’Isle Utilities est de les réunir, pas de négocier des accords.

Les activités du GAP ont démarré au Royaume-Uni en 2005. Depuis, Ilse Utilities a passé en revue environ 2 000 innovations potentielles et a permis d’en présenter 180 aux réunions du GAP. « Le taux de succès est élevé : 75 % des innovations présentées ont fait l’objet d’essais industriels », déclare Louise.

Des dispositifs complémentaires

Le procédé GAP pourrait être utilisé en complément d’autres outils destinés à aider à mettre les éco-innovations sur le marché, comme le dispositif de vérification des performances des éco-technologies (Environmental Technology Verification - ETV) de la Commission européenne.

Grâce au dispositif ETV, des organismes de vérification accrédités contrôlent les performances annoncées de nouvelles technologies environnementales, pour s’assurer par exemple qu’elles sont scientifiquement solides. Le dispositif fournit aux développeurs une approbation par un tiers, ce qui les aide à promouvoir leur technologie et donne une assurance au consommateur, aidant ainsi à sa diffusion.

Pierre Henry, responsable à la Commission européenne du dispositif ETV, déclare que GAP et ETV « peuvent profiter mutuellement l’un de l’autre ». Louise Elliot, de Isle Utilities, s’accorde sur ce point. ETV est « une caution additionnelle qui atteste la qualité du produit, pour accroitre la confiance des industriels. Les technologies vérifiées par ETV pourraient être utiles à certains de nos membres », dit-elle. De même, les technologies identifiées grâce au procédé GAP pourraient être appropriées pour ETV.

ETV est proche d’être opérationnel. Cinq organismes de vérification ont été sélectionnés. Entre 2013 et 2015, ils ont pour objectif commun de vérifier au total 100 éco-technologies. Pierre Henry affirme que cet objectif sera sûrement dépassé, car d’autres appels à propositions pour sélectionner de nouveaux organismes de vérification sont prévus en 2013.

Il existe d’autres cadres pour évaluer les éco-technologies innovantes. Dans les secteurs de la mesure, du contrôle et de l’automatisation par exemple, des organisations partagent des informations sur les dernières tendances : EXERA en France, WIB aux Pays-Bas et Evaluation International au Royaume-Uni. Avec l’augmentation de la demande en éco-innovations, il devient décisif pour les technologies de passer au plus vite la vallée de la mort. Ces dispositifs sont assurés de rencontrer une demande croissante.

Pour en savoir plus

    • Groupe d’Approbation Technologique d’Isle Utilities: http://www.isleutilities.com/tag.php English
    • Dispositif de vérification des performances d’éco-technologies innovantes (ETV): http://ec.europa.eu/environment/etv/index.htm English