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L’UE fait appel aux femmes entrepreneurs pour développer la croissance et l’emploi

Tous droits réservés © Buero Monaco/Getty

Le potentiel entrepreneurial des femmes reste une source de croissance économique et de nouveaux emplois largement sous-exploitée. Les femmes représentent seulement 34,4% des travailleurs indépendants en Europe. Il faut donc les encourager davantage à créer leur entreprise. La Commission européenne a mis en place le Réseau européen des ambassadrices de l’esprit d’entreprise et le Réseau européen de mentors afin d’inspirer les femmes à devenir chef d’entreprise et de leur fournir des conseils pratiques. C’est maintenant aux femmes de jouer pour relever le défi...




À l’heure actuelle, les femmes représentent plus de la moitié de la population mais seulement un tiers des chefs d’entreprise en Europe. Cet énorme potentiel humain inexploité fait cruellement défaut pour relancer la croissance économique et créer les nouveaux emplois indispensables dans le climat économique difficile actuel. Encourager davantage de femmes à devenir chefs d’entreprise permettrait de générer de la croissance et des emplois dans toute l’UE.

La Commission européenne estime que les femmes ont un rôle économique majeur à jouer: c’est ce qui ressort clairement du libellé de la Stratégie Europe 2020 pour la croissance et l’emploi. L’un des objectifs de cette stratégie est d’atteindre un taux d’emploi de 75% chez les femmes et les hommes âgés de 20 à 64 ans avant 2020: cela doit passer par une augmentation de l’emploi notamment chez les femmes, les jeunes, les personnes âgées et les personnes faiblement qualifiées ainsi que les immigrés réguliers.

Les femmes entrepreneurs prennent des risques plus calculés


Alors que les femmes européennes sont au moins aussi instruites que les hommes, seul un petit nombre d’entre elles décide de créer une entreprise dans les quinze ans suivant l’obtention de leur diplôme. Ce manque d’initiative peut s’expliquer en partie par les difficultés que rencontrent les femmes pour concilier vie privée et vie professionnelle. De plus, les dispositifs d’aide à la création d’entreprise existants ne sont pas toujours adaptés aux besoins spécifiques des femmes. Les obstacles affectant les femmes entrepreneurs sont notamment de plus grandes difficultés pour accéder aux services financiers, aux réseaux professionnels et à la formation, ainsi qu’un manque de confiance en soi dû à l’absence de modèles féminins à suivre. De plus, les femmes ont tendance à se montrer prudentes et à prendre des risques plus calculés. Elles se concentrent sur des créations d’entreprise dans des domaines qui leur sont familiers et pour lesquels elles peuvent bénéficier d’un soutien familial. Elles ne pensent pas toujours à profiter pleinement des possibilités de réseautage qui s’offrent à elles. Enfin, les femmes mettent plus longtemps à développer leur entreprise, et ne le font que si leur situation familiale leur permet de travailler de longues heures avec une bonne probabilité de succès. Les femmes ont donc besoin de mesures de soutien adaptées lorsqu’elles créent leur entreprise.

Aide et inspiration pour les futures femmes entrepreneurs


La Commission Européenne apporte déjà son soutien dans bon nombre de domaines pour encourager les femmes à créer leur entreprise. Un Réseau européen d’ambassadrices de l’entrepreneuriat féminin a vu le jour en 2009. Il fut suivi en 2011 par la création d’un Réseau européen de mentors pour femmes entrepreneurs. Les ambassadrices peuvent être considérées comme une première étape fournissant aux femmes un modèle d’inspiration pour promouvoir la création d’entreprise comme un choix de carrière. Cependant, que se passe-t-il si les femmes sont intéressées par un tel projet, mais ne peuvent le mener à bien faute de soutien?   C’est là qu’intervient la seconde étape, sous la forme de mentors qui vont fournir des conseils pratiques aux femmes ayant récemment créé leur entreprise.

Le prochain Sommet de la semaine européenne des PME 2012 s’attachera à encourager les femmes à créer et diriger leur propre entreprise, généralement des petites et moyennes entreprises (PME). Alors que l’Europe s’oriente de plus en plus vers des économies nationales créant de la valeur ajoutée dans le secteur des services, il est plus nécessaire que jamais de disposer d’un capital humain plus important et mieux qualifié. C’est dans ce contexte que les femmes peuvent jouer un rôle primordial.

Aider les femmes entrepreneurs à obtenir des prêts


Obtenir des prêts constitue un défi majeur pour bon nombre de petites entreprises européennes. Il est donc logique que l’un des quatre ateliers qui aura lieu au cours du Sommet de la semaine des PME mette l’accent sur l’accès au financement pour les femmes entrepreneurs.

Artemis Tourmazi, l’une des ambassadrices de l’entrepreneuriat féminin et PDG d’une banque coopérative fondée à Chypre en 2000, s’exprimera à l’occasion de cet atelier. Cette banque s’est spécialisée dans les petits prêts jusqu’à 100 000 € avec des plans de remboursement flexibles, des délais de grâce pouvant aller jusqu’à deux ans, des taux d’intérêt de l’ordre de 4% et la possibilité d’accéder aux fonds dans les 48 heures.

Drive and Fly, une société spécialisée dans le gardiennage, le nettoyage et l’entretien de voitures pour les passagers de l’aéroport de Larnaca a pu bénéficier d’un tel prêt. Anna Karyda, la directrice de la société, a non seulement obtenu un prêt de 60 000 €, mais elle a également profité de conseils et a pu accéder à un réseau bancaire professionnel.

Exemples de femmes entrepreneurs en plein succès

La technologie au féminin


Les technologies restent un domaine largement dominé par les hommes, mais les choses changent. On trouve de nombreux exemples de femmes qui vont à l’encontre de cette tendance. C’est notamment le cas de Susanne Rostmark, une chercheuse/ chef d’entreprise suédoise et ambassadrice de l’entrepreneuriat féminin. Elle sera l’une des principales intervenantes d’un atelier qui traitera du thème des femmes dans les entreprises à vocation technologique. Mme Rostmark a fait breveter le procédé dit de « dragage automatique par congélation » qui est utilisé pour ramener à la surface les sédiments et objets contaminés reposant au fond des mers en congelant le segment ou l’objet. Cette technique a par exemple été utilisée pour remonter un avion suédois qui avait échoué au fond de la mer Baltique. Le prochain objectif de Susanne Rostmark est de développer le dragage automatique par congélation pour l’adapter à l’enlèvement des boues et à la manipulation des matériaux radioactifs.

Katia Marchesin, une ambassadrice de l’entrepreneuriat féminin, s’est elle aussi fait un nom dans le domaine des nouvelles technologies. Elle est aujourd’hui PDG de ADL Ingegneria Informatica, une société informatique italienne créée en 1995 et comptant 20 employés. Les clients de l’entreprise sont principalement des PME intervenant notamment dans le secteur de la fabrication et la vente. Son activité principale est le développement de technologies de l’information dans des domaines comme la gestion des approvisionnements et les systèmes d'identification par radiofréquence.  L’entreprise produit également des technologies pour l’échange d’informations sur le web, la création de solutions de commerce électronique, l’organisation de communautés en ligne, l’optimisation des moteurs de recherche, le marketing par moteur de recherche, etc.

Katia Marchesin intervient aussi comme chef d’entreprise dans le cadre du Programme Erasmus pour les jeunes entrepreneurs. Depuis 2009, elle a déjà accueilli trois nouveaux entrepreneurs au sein de son entreprise. Le projet Erasmus pour jeunes entrepreneurs est un programme d’échanges transfrontaliers qui offre aux nouveaux ou futurs entrepreneurs la chance de profiter de l’expérience d’entrepreneurs dirigeant de petites entreprises dans d’autres pays de l’Union européenne.

Gros plan


Jane Barnes, ambassadrice de l’entrepreneuriat féminin et fondatrice de la société Yakkety-Yak Multimedia Company Ltd, a également trouvé sa voie dans le monde des affaires. Enfant, elle a participé à des productions théâtrales et cinématographiques. Elle est aujourd’hui productrice et réalisatrice de courts métrages et travaille sur différents projets commerciaux et audio-visuels avec son équipe qui propose également des formations multimédia. Jane forme actuellement des personnes handicapées et défavorisées aux techniques cinématographiques. Les prix qu’elle a remportés témoignent de sa réussite: Disabled Business Person of The Year Award 2004-2005, Enterprising Women Best Boss Award en 2008 et Women’s Enterprise Champion for the East of England region 2010. Elle encourage les femmes et autres groupes de la société dont les jeunes gens défavorisés à considérer l’entrepreneuriat comme un choix de carrière à travers son programme MIND YOUR OWN BIZNEZ.

Faire le grand saut


Par définition, se lancer dans l’entrepreneuriat, c’est prendre des risques calculés. On n’a jamais la certitude qu’une idée commerciale va fonctionner à moins de se jeter à l’eau et de la tester. C’est notamment le cas de Gitta Quercia-Naumann, une ambassadrice de l’entrepreneuriat féminin, qui a travaillé pendant 10 ans comme opératrice téléphonique à la poste allemande.

Elle a fait le grand saut dans l’inconnu en 2001 à l’âge de 47 ans quand elle a ouvert son propre restaurant espagnol baptisé Tapas y mas, sans aucune expérience préalable dans la restauration. Afin de rester auprès de ses enfants, elle a décidé d’ouvrir son restaurant à Engelskirchen, sa ville natale de 20 000 habitants, la préférant à la ville de Cologne pourtant située à seulement 30 km et qui présentait un marché plus important et plus sûr. Le restaurant de Gitta Quercia-Naumann connaît aujourd’hui un tel succès que les gens viennent parfois de très loin pour déguster ses plats, même dans le climat de difficultés économiques actuel. Aujourd’hui, elle reste l’une des rares spécialistes de tapas en Allemagne et elle est souvent invitée à venir parler de ses méthodes commerciales dans des salons et des émissions de cuisine.

Enseigner les compétences commerciales aux femmes


L’école d’entrepreneuriat pour femmes de Barcelone montre à quel point la formation à l’entrepreneuriat peut être bénéfique. Cette école a été créée par Barcelona Activa à l’initiative de l’agence de développement local de la municipalité de Barcelone. Les femmes y participent à des cours de formation qui couvrent notamment la gestion d’entreprise et les outils marketing. Elles y reçoivent également des conseils personnalisés.

Depuis sa création il y a 27 ans, cette école a formé quelque 4 700 femmes dont 48% sont devenues chefs d’entreprise. Parmi ces 48%, 61% ont créé une société dans le secteur des technologies/communications, 27% dans le secteur des services et 12% dans le secteur du tourisme. Les futures femmes entrepreneurs sont soutenues pour développer leur business plan, maintenir leurs objectifs et les mettre en pratique.

Semaine européenne des PME 2012

Le thème principal du Sommet de la semaine européenne des PME qui se déroulera à Bruxelles le 17 octobre sera  « l’entrepreneuriat féminin ». La conférence comprendra quatre ateliers portant sur les thèmes suivants:

1)      Formation à l’entrepreneuriat pour les femmes entrepreneurs;

2)      Les femmes entrepreneurs issues de l’immigration;

3)      Accès au financement pour les femmes entrepreneurs;

4)      Les femmes dans les entreprises technologiques

La Semaine européenne des PME 2012 prévoit des activités dans 37 pays afin que les évènements se déroulent au plus près des entrepreneurs établis et potentiels. Ces évènements, organisés par des associations professionnelles, des services de soutien aux entreprises et les pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux, permettent également aux entreprises existantes de partager leurs expériences et de développer leurs activités. L’année dernière, près de 1 500 évènements ont eu lieu dans toute l’Europe.

Les objectifs de la Semaine européenne des PME sont les suivants:

-fournir des informations sur l’UE et le soutien des pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux mis à la disposition des micro-entreprises et des PME;

-promouvoir l’esprit d’entreprise afin que plus de personnes, et notamment les plus jeunes, considèrent sérieusement l’entrepreneuriat comme un choix de carrière;

-accorder une plus grande reconnaissance aux entrepreneurs pour leur contribution à l’État-providence européen, à l’emploi, l’innovation et la compétitivité.

Contact

Unità Imprenditorialità
Direzione generale Imprese e industria

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