29/02/12 Politique industrielle
Galileo sur la bonne voie

Le lancement des deux premiers satellites Galileo IOV (validation en orbite) le 21 octobre 2011 est un jour mémorable pour le système global de navigation satellitaire de l'Union européenne (GNSS), et le projet ne cesse de progresser et de poser des jalons d'envergure. Tandis que l'Agence du GNSS européen va implanter son siège principal à Prague, les nouveaux contrats de lancement de satellites qui ont été signés en présence du vice-président Tajani à Londres en février permettent d'affirmer que Galileo est en bonne voie pour fournir ses premières prestations en 2014, comme prévu. Les avancées potentielles à grande échelle pour l'industrie et l'économie européennes sont significatives.
La signature par la Commission européenne de trois nouveaux contrats commerciaux début 2012 porte sur la commande de huit satellites supplémentaires et a permis de sécuriser le lancement de ces satellites incluant l'adaptation de la fusée Ariane 5. Le quatrième contrat, un contrat d'accueil avec le gouvernement tchèque, a permis de fournir au GSA un nouveau siège.
Ainsi l'objectif de la Commission européenne visant à garantir aux citoyens et aux entreprises de l'UE l’accès aux avantages qu’offre le nouveau système de navigation satellitaire en 2014 devrait-il être atteint.
L'agence du système global de navigation par satellite s'installe à Prague
L'Agence du GNSS européen est la première autorité réglementaire de l'UE à installer son siège en République tchèque, après avoir été localisée à Bruxelles pendant près de cinq ans. Au mois de septembre, l'équipe GSA débutera ses travaux dans les murs de l'ancienne agence tchèque de consolidation à Prague, également appelée la « ville d'or ».
Non seulement le gouvernement tchèque est entièrement dédié à l'agence et au GNSS, mais le pays est le pionnier en Europe de l'Est dans le cadre de l’utilisation du GNSS dans le domaine de l’agriculture. Il dispose par ailleurs d'une industrie aérospatiale de pointe. L'agence partagera ses locaux avec ceux de l'Agence spatiale tchèque.
Des opportunités de marché pour l'industrie européenne
Pavel Dobeš, ministre des transports de la République tchèque et Carlo des Dorides, directeur exécutif du GSA, ont signé le contrat d'accueil le 27 janvier, soit le deuxième jour du congrès « Sixth Galileo Applications » de Prague.
Des spécialistes de la navigation par satellite et des intervenants venus du monde entier se sont rassemblés afin de débattre des avantages et des opportunités offerts par ce projet ambitieux de l'UE. « C'est le moment idéal pour faire un bilan de la situation de Galileo », déclare des Dorides dans son discours d'ouverture. « L'accent doit être mis sur l'avenir et la mission élargie de l'agence. »
Le GSA se compose de sept départements allant de la sécurité au développement du marché. Tandis que la Commission européenne définit l'agenda du GSA, l'Agence Spatiale Européenne procure le savoir-faire technique. Ainsi le GSA est-il en mesure de garantir le fonctionnement parfait du système satellitaire et de se concentrer sur sa propre pénétration de marché. Accroître la prise de conscience des utilisateurs potentiels par rapport à la large palette de services et de prestations rendus possible grâce à Galileo est également crucial pour que l'économie européenne puisse profiter des avantages offerts par le système.
Premiers services en 2014
Le GSA assure l'homologation de Galileo en matière de sécurité, et d'ici 2014, les deux centres de gestion de la sécurité seront opérationnels. Les prestations devraient pouvoir débuter à temps en 2014 grâce à des contrats signés avec trois nouveaux fournisseurs :
- La Commission européenne a octroyé un contrat de 250 millions d'euros à la société allemande OHB System AG pour la construction de huit satellites supplémentaires destinés à soutenir le système Galileo. Il y a deux ans, cette entreprise de Brême avait remporté un appel d'offres d'une enveloppe de 566 millions d'euros portant sur la construction de 14 satellites.
- La Commission européenne a, en outre, fait appel à l'expertise de l'industrie européenne en assurant une option de réservation pour le lancement de trois satellites avec une fusée Ariane 5. Le vaisseau de l'entreprise française de transport spatial sera adapté afin de pouvoir transporter quatre satellites Galileo par lancement.
- L'adaptation sera réalisée par la filiale de l'EADS Astrium SAS avec laquelle la Commission a signé un contrat supplémentaire d'un montant d'environ 30 millions d'euros. À l'heure actuelle, les satellites Galileo sont lancés dans l'espace par paires par des fusées Soyuz russes.
Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne chargé de l'industrie et de l'entreprenariat, a déclaré : « Pour Galileo, la signature d'aujourd'hui correspond au déploiement concret du programme dans le respect des délais et du budget. Je suis fier que nous ayons réussi à accélérer la livraison des satellites et des lanceurs. Cela signifie que les Européens seront en mesure d'exploiter les opportunités qu’offre la navigation par satellite améliorée fournie par Galileo en 2014. »
Des résultats encourageants
Entre-temps, les deux satellites en orbite ont apporté la preuve de leur fonctionnalité et transmis des signaux de test à la station au sol de l'Agence Spatiale Européenne de Redu en Belgique.
Les deux satellites IOV (validation en orbite) lancés en octobre fonctionnent à la perfection, comme le confirme l'ESA. Ils sont actuellement soumis à une vaste campagne de test afin de vérifier tous les systèmes et charges utiles, et les résultats obtenus jusqu'à ce jour dépassent toutes les attentes.
Les tests font partie de la première phase IOV du programme Galileo au cours de laquelle quatre satellites, ainsi que leur infrastructure, seront approuvés. Cet été, deux satellites IOV supplémentaires seront lancés et rejoindront les deux satellites déjà en place portant les noms de Natalia et Thijs (voir encadré). Ce qui pose les bases de la phase suivante intitulée IOC (capacité opérationnelle initiale) devant s'achever en 2014 avec une première constellation de 18 satellites offrant aux citoyens européens ainsi qu'aux entreprises trois services de navigation innovants.
Protéger les citoyens
Tandis que le service ouvert gratuit est dédié au grand public, les signaux cryptés du Service Public Réglementé (PRS) se limiteront à la gestion des infrastructures sensibles telles que les ambulanciers, la police et le contrôle des frontières.
Galileo contribuera au projet MEOSAR de Cospas-Sarsat grâce à son service de recherche et de sauvetage. Des balises à bord des aéronefs et des navires sont en mesure de recevoir un message de confirmation après avoir envoyé un signal de détresse par le biais d'une fonctionnalité unique de Galileo.
D'ici à 2020, la constellation initiale aura été complétée par douze autres satellites et deux nouveaux services : le service commercial de haute précision (payant) ainsi que le service Safety-of-Life destiné à un usage aéronautique.
Le ciel comme seule limite
L'impact économique du GNSS européen sera de grande ampleur. Selon de nombreuses études menées par des organismes indépendants, le système permettra à l'économie européenne de dégager environ 90 milliards d'euros au cours des 20 premières années d'utilisation.
Marina Martinez du bureau espagnol des sciences et des technologies a mis en évidence le potentiel du programme à « créer des emplois et des opportunités d'affaires pour les entreprises de différente taille, ainsi que les retombées dans d'autres secteurs et domaines d'activités. » Dans le secteur des transports, les navetteurs et les transporteurs routiers bénéficieront de la précision accrue.
Pour Gard Ueland, président de l'association à but non lucratif Galileo Services, l'UE se doit de répondre à une exigence afin d'exploiter pleinement le potentiel économique de Galileo : « Galileo représente une merveilleuse opportunité de croissance pour l'Europe, et la clé permettant de libérer ce potentiel réside dans le développement proactif de l'industrie des applications GNSS en aval. »
Grâce à des revenus élevés et la prestation de services importants, les possibilités sont illimitées et il ne fait aucun doute que le ciel en constitue la seule limite.
Galileo, source d'inspiration pour les enfants
La Commission européenne a organisé le concours de dessin Galileo pour les enfants des 27 Etats membres afin de créer un lien avec le programme Galileo et de stimuler l'intérêt des enfants pour les activités spatiales. La possibilité était offerte aux enfants nés en 2000, 2001 et 2002 d'y prendre part en soumettant un travail axé autour du thème « espace et aéronautique ».
Dans chaque État-membre, un jury a sélectionné un gagnant dont le nom a été attribué à un satellite Galileo. Le concours a débuté en Belgique et en Bulgarie, ainsi les deux premiers satellites lancés en octobre 2011 ont porté les noms des gagnants respectifs, à savoir Thijs Paeleman et Natalia Nikolaeva.
En Slovénie, le jury a désigné Tara Keber, âgée de 10 ans, comme la grande gagnant du concours, et à Chypre la victoire est revenue à Adrianna Yiallourou. Milena Kaznatsejeva, 11 ans, a remporté le concours en Estonie, et le dessin de Tijmen van Kraai a su convaincre le jury néerlandais.
Un satellite baptisé Anastasia Panagiotakopoulou représentera la Grèce en orbite. En Allemagne, on doit à Doresa Demaj le nom d'un autre satellite. D'ici la fin du mois de mars, tous les lauréats des États membres de l'UE restants auront été annoncés.
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