Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Burundi

Un espace réservé aux enfants dans le camp de réfugiés de Nduta en Tanzanie. © UE/ECHO/Anouk Delafortrie
Introduction

La pauvreté généralisée, l’insécurité alimentaire et une épidémie de malaria, le tout dans un contexte d’instabilité sociopolitique, ont donné lieu de façon cumulée à une crise humanitaire. On rapporte continuellement des persécutions et violences, notamment des exécutions extrajudiciaires et des cas de torture et de viol. Plus de 600 000 Burundais ont été contraints de fuir de chez eux. Le déclin économique et la perturbation des marchés et du commerce sont à l’origine de l’aggravation de la situation sur le plan alimentaire. Un quart de l’ensemble des Burundais doit faire face à une situation d’insécurité alimentaire grave.

Quels sont les besoins ?

La réélection controversée du président Nkurunziza en 2015 a plongé le pays dans la crise et entraîné un exode massif, toujours en cours à ce jour. La production agricole a chuté en 2017 de 25 % par rapport à 2016, et les tarifs alimentaires ont augmenté de 30 à 50 %. Dans les régions les plus gravement touchées, certaines familles doivent vendre leurs biens ou abandonner leur maison.

Le seuil d’urgence en matière de malnutrition aiguë a été atteint à Kirundi, l’une des provinces connaissant des taux d’urgence en matière d’insécurité alimentaire. La malnutrition infantile est également en hausse dans d’autres régions du pays. 3,5 millions de cas de malaria et 1600 décès ont été signalés au cours des trois premiers mois de 2017. L’épidémie de malaria a été déclarée. 

La moitié de l’ensemble des Burundais déplacés à l’intérieur du pays, soit désormais 210 000 personnes au total, hésite à rentrer chez elle, citant pour causes l’insécurité, les pénuries alimentaires et le manque de services de base. La Tanzanie accueille quelque 250 000 réfugiés burundais, logés dans trois camps établis le long de la frontière. Ces personnes dépendent de l’aide humanitaire internationale pour couvrir leurs besoins. En janvier 2017, la Tanzanie a levé la reconnaissance de prime abord des réfugiés burundais, ne leur octroyant plus systématiquement le statut de réfugié. Une forte baisse du nombre de nouveaux arrivants a pu être observée en conséquence, ce qui suscite des inquiétudes quant à la sécurité des personnes souhaitant fuir le Burundi. 

En quoi consiste notre aide ?

La Commission européenne surveille de près la crise au Burundi et a débloqué € 45,5 millions de fonds humanitaires depuis le début de la crise. Ces fonds sont principalement alloués aux partenaires humanitaires, qui aident les réfugiés burundais dans la région. Partie des fonds sert aussi à proposer de l’eau et des solutions sanitaires aux communautés déplacées et affectées par les violences au Burundi, ainsi qu’à organiser une protection pour les populations les plus vulnérables.

Dans les camps de réfugiés et autres campements en Tanzanie, au Rwanda, en République démocratique du Congo et en Ouganda, l’aide humanitaire de l’UE permet l’enregistrement des réfugiés, et de proposer à ces derniers des services essentiels et une aide alimentaire. En Tanzanie, les réfugiés burundais sont logés dans les camps de Mtendeli, Nduta et Nyarugusu, qui ont vite été surpeuplés. La population dans les deux derniers camps cités a gonflé pour atteindre trois fois leur capacité d’accueil initiale.

L’aide dans les camps de Tanzanie est investie dans la construction d’abris et salles de classe pouvant résister aux intempéries, dans la création d’espaces réservés aux enfants, dans un approvisionnement en eau potable et des solutions sanitaires, ainsi que dans une aide et une protection pour les personnes les plus vulnérables ou aux besoins spécifiques, comme les personnes âgées, les parents isolés, les survivants de violences sexuelles, les personnes en situation de handicap, et celles souffrant de maladies chroniques ou encore d’albinisme.

La mise à niveau des installations hydrauliques et sanitaires et des services de santé s’est avérée importante pour prévenir et gérer les épidémies, de choléra notamment. Dans la mesure du possible et lorsque cela s’avère pertinent, une aide alimentaire est fournie sous forme de transferts en espèces.

Les partenaires opérationnels de la Commission ont adopté des mesures visant à réduire les risques de violence et d’abus dans les camps de réfugiés, tout en apportant soutien et protection aux victimes de violence.

Dernière mise à jour 11/08/2017