Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Yémen

Florian Seriex
© Florian Seriex/ACF
Introduction

Le Yémen demeure le pays traversant la plus grande crise humanitaire au monde. Le pays a été dévasté par la guerre opposant les forces loyales au gouvernement, reconnu par la communauté internationale, et celles alliées au mouvement rebelle houthi. On estime à 22,2 millions le nombre de personnes – soit 80 % de la population totale du pays – ayant besoin d’une aide ou d’une protection humanitaire. Ce chiffre comprend 11,3 millions de personnes considérées comme ayant besoin d’une aide de toute urgence, soit une hausse d’un million comparativement aux chiffres de juin 2017. Le pays souffre également de la pire épidémie de choléra de l’histoire moderne, plus d’un million de cas ayant été signalés en 2017, ainsi que plus de 2200 décés liés à cette maladie.

Quels sont les besoins ?

Des millions de Yéménites sont affectés par une tragédie triplement due à des causes humaines : le conflit armé brutal en cours, une famine imminente et la plus grande épidémie de choléra au monde cette année. Les civils encourent de graves risques pour leur sécurité, leur bien-être et leurs droits fondamentaux. L’ensemble des parties au conflit ont à plusieurs reprises violé le droit international humanitaire (DIH) et nombre d’habitations, de ponts et d’autres infrastructures clés ont été détruits ou endommagés. On rapporte de plus en plus de violations graves à l’encontre des femmes et des enfants. En dépit de l’ampleur écrasante des besoins humanitaires du pays - le Yémen se classant parmi les urgences de niveau 3 d’après les critères de l’ONU -, le pays demeure une crise négligée, à la fois sur plan financier et politique. Le gouvernement n’est plus en mesure d’assurer les services de base pour les personnes dans le besoin, notamment en matière de santé, de nutrition, d’approvisionnement en eau et en électricité, et de protection sociale. La situation humanitaire se détériore rapidement en raison des violences croissantes entre les belligérants et les restrictions d’accès imposées par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite depuis le 6 novembre 2017. L’importation d’aliments de base, de carburant et de médicaments est devenue plus difficile et plus coûteuse en raison de l’augmentation des restrictions imposées. Les centrales hydrauliques et électriques, les usines, les marchés et les magasins ont cessé de fonctionner en de nombreux endroits, ou ont été endommagés par la guerre. Les salaires des fonctionnaires dans les zones sous contrôle des Houthis n’ont pas été payés depuis plus d’un an, l’inflation et une crise au niveau des disponibilités en liquidités exposent d’autant plus les civils aux risques de pauvreté et de misère. Selon l’ONU, à moins que l’ensemble des restrictions imposées sur les importations ne soient levées immédiatement, le Yémen connaîtra la plus importante famine des dernières décennies.

Carte Yémen
En quoi consiste notre aide ?

En 2015 et 2016, l’UE a alloué € 120 millions d’aide humanitaire aux efforts de réponse à la crise au Yémen. En 2017, l’UE a contribué € 76,7 millions d’aide vitale en faveur des populations yéménites. Lors de la conférence des donateurs de Genève (avril 2017), le commissaire Christos Stylianides a annoncé une aide humanitaire de € 46 millions ; en juillet, une contribution additionnelle de € 5,7 millions a été débloquée pour répondre à l’épidémie de choléra ; et enfin, en décembre 2017, € 25 millions supplémentaires ont été alloués au Programme alimentaire mondial (PAM) pour l’organisation de distributions de vivres et de compléments nutritionnels, ainsi qu’au renforcement des capacités logistiques et de transport humanitaires du service humanitaire aérien des Nations unies (UNHAS).

Cela porte l’aide humanitaire de l’UE au Yémen à un total de € 196,7 millions depuis le début du conflit. L’aide humanitaire de l’UE priorise la santé, la nutrition et la sécurité alimentaire – y compris un soutien aux centres d’alimentation thérapeutique qui traitent les enfants souffrant de malnutrition. € 70 millions supplémentaires ont été mobilisés en 2017dans une aide européenne au développement, visant à renforcer la résilience et le rétablissement précoce du pays.

Néanmoins, les besoins immédiats des populations ne cessent de croître. En l’absence d’un cessez-le-feu et d’une solution politique durable et au vu des croissantes violences et restrictions d’accès humanitaire, la situation en matière de sécurité alimentaire continuera de se dégrader. Toujours plus d’enfants souffriront de malnutrition, de nouvelles épidémies de maladies feront leur apparition et les institutions du pays – y compris les services de santé et les infrastructures sanitaires, ainsi que le système bancaire – deviendront toujours plus défaillantes. Les acteurs humanitaires ont du mal à répondre aux besoins croissants des populations liés au dérèglement des marchés et au manque général d’accès aux produits de base, résultant eux-mêmes de la hausse rapide des prix.

L’UE a, à maintes reprises, demandé expressément à la coalition d’assurer l’entrée durable et suffisante des produits humanitaires et commerciaux au Yémen, via les ports du pays. Autoriser les livraisons de fournitures vitales aux populations yéménites est essentiel et l’ensemble des parties au conflit doivent y œuvrer.

L’UE réitère sa ferme conviction qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit. Les violences ne feront qu’enliser des millions de civils dans leurs souffrances. L’UE appelle l’ensemble des parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, à s’accorder de toute urgence sur une cessation des hostilités et à s’engager dans un processus de négociation.

Dernière mise à jour
11/01/2018