Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Yémen

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© Peter Biro/UE/ECHO.
Introduction

Le Yémen demeure le pays connaissant la plus importante crise humanitaire dans le monde. Le pays a été dévasté par une guerre opposant les forces loyales au gouvernement, reconnues par la communauté internationale, et celles alliées au mouvement rebelle houthi. On estime à 22,2 millions le nombre de personnes – soit 80% de la population totale du pays – ayant besoin d’une aide ou d’une protection humanitaire. Parmi ces gens, 11,3 millions de personnes sont considérées comme ayant besoin de cette aide de toute urgence – soit une hausse de plus d’un million de personnes comparativement aux chiffres de juin 2017. Le pays souffre également de la pire épidémie de choléra de l’Histoire moderne, plus d’un million de cas ayant été signalés en 2017, ainsi que plus de 2200 décès liés à cette maladie.

Quels sont les besoins ?

Des millions de Yéménites sont affectés par une tragédie triplement due à des causes humaines : le conflit armé brutal, une famine imminente et la plus grande épidémie de choléra au monde cette année. Les civils encourent de graves risques pour leur sécurité, leur bien-être et leurs droits fondamentaux. L’ensemble des parties au conflit ont à plusieurs reprises violé le droit international humanitaire (DIH) et nombre d’habitations, de ponts et d’autres infrastructures clés ont été détruits ou endommagés. On rapporte de plus en plus de violations graves à l’encontre des femmes et des enfants. En dépit de l’ampleur écrasante des besoins humanitaires du pays – le Yémen se classant parmi les urgences de niveau 3 d’après les critères de l’ONU -, le pays demeure dans une crise négligée, à la fois sur le plan financier et politique.

Le gouvernement n’est plus en mesure d’assurer les services de base pour les personnes dans le besoin, notamment en matière de santé, de nutrition, d’approvisionnement en eau et en électricité, et de protection sociale. La situation humanitaire se détériore rapidement en raison des violences croissantes entre les belligérants et des restrictions d’accès. L’importation d’aliments de base, de carburant et de médicaments est devenue plus difficile et plus coûteuse en raison de l’augmentation des restrictions imposées. Les centrales hydrauliques et électriques, les usines, les marchés et les magasins ont cessé de fonctionner en de nombreux endroits, ou ont été endommagés par la guerre. Les salaires des fonctionnaires n’ont pas été payés depuis plus d’un an, l’inflation et une crise au niveau de la disponibilité des liquidités exposent d’autant plus les civils aux risques de pauvreté et de misère. Selon l’ONU, à moins que l’ensemble des restrictions imposées sur les importations ne soient levées immédiatement, le Yémen devrait connaître une famine sans précédent.

Carte Yémen
En quoi consiste notre aide ?

Depuis le début du conflit en 2015, l’UE a alloué € 233,7 millions d’aide humanitaire aux efforts de réponse à la crise au Yémen. € 37 millions supplémentaires d’aide vitale en faveur de la population yéménite ont été annoncés par le commissaire Christos Stylianides lors de la conférence des donateurs d’avril 2018, organisée à Genève. € 66 millions supplémentaires ont été quant à eux mobilisés dans une aide européenne au développement, en soutien aux initiatives de résilience et de rétablissement précoce, y compris l’organisation de services de base et de moyens de subsistance durables. L’aide humanitaire de l’UE apporte aussi son soutien aux centres d’alimentation thérapeutique, qui traitent les enfants souffrant de malnutrition, et aux programmes de soins de santé et de sécurité alimentaire. En réponse à l’épidémie de choléra, l’UE finance des centres de traitement du choléra et diverses activités de prévention. En outre, l’UE contribue au service humanitaire aérien des Nations unies (UNHAS), qui assure un transport aérien fiable et crucial pour les travailleurs et marchandises humanitaires.

Les besoins immédiats des populations ne cessent cependant de croître. En l’absence d’un cessez-le-feu et d’une solution politique durable et au vu des croissantes violences et restrictions d’accès humanitaire, la situation en matière de sécurité alimentaire devrait continuer de se dégrader. Toujours plus d’enfants devraient souffrir de malnutrition, de nouvelles épidémies de maladies devraient faire leur apparition et les institutions du pays – y compris les services de santé publique et les infrastructures sanitaires, ainsi que le système bancaire – devraient devenir toujours plus défaillantes. Les acteurs humanitaires ont du mal à répondre aux besoins croissants des populations liés au dérèglement des marchés et au manque général d’accès aux produits de base, résultant eux-mêmes de la hausse rapide des prix.

En juin 2018, des combats ont éclaté aux alentours du port de la ville de Hodeidah, qui se trouve être une infrastructure critique en matière d’importations commerciales et humanitaires dans le pays, ainsi que pour la livraison d’une aide vitale aux populations du Yémen.

Malgré les difficultés d’accès et les problèmes sécuritaires, les partenaires humanitaires de l’UE continuent de prêter assistance aux populations affectées à travers l’ensemble du pays.

L’UE réitère sa ferme conviction qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit. Les violences ne feront qu’enliser des millions de civils dans d’intenables souffrances. L’UE appelle l’ensemble des parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, à s’accorder de toute urgence sur une cessation des hostilités et à s’engager dans le processus de négociation.

Dernière mise à jour
27/06/2018