Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Jordanie

Zaatari camp by Peter Biro
© UE/ECHO/Peter Biro
Introduction

Alors que la guerre civile se poursuit sans relâche en Syrie, la Jordanie propose une aide substantielle et généreuse aux réfugiés syriens. Dès octobre 2018, la Jordanie accueillait plus de 670 000 réfugiés syriens – 48% d’entre eux étant des enfants. La grande majorité d’entre eux (environ 83%) vivent dans les villes et villages, tandis que le reste réside principalement dans deux camps de réfugiés. L’un de ces camps, Zaatari, qui accueille près de 80 000 personnes, est le deuxième plus grand camp de réfugiés au monde. L’afflux de réfugiés en provenance de Syrie et de populations fuyant le conflit en Irak, fait peser un poids considérable sur les ressources déjà débordées de la Jordanie, pendant l’une des périodes les plus difficiles de l’Histoire du pays sur le plan économique.

Quels sont les besoins ?

Un récent rapport de l’ONU a révélé que plus de 85% des réfugiés syriens enregistrés en régions urbaines vivent en dessous du seuil de pauvreté, tandis que plus de 67% des familles sont endettées. Leurs économies épuisées, nombre de réfugiés sont maintenant confrontés à la pauvreté. Bien qu’un nombre considérable de réfugiés aient obtenu un permis de travail, la majorité des familles syriennes dépendent de l’aide humanitaire pour couvrir leurs besoins les plus fondamentaux. Dans le même temps, les croissantes pénuries d’aide essentielle ne font qu’aggraver la situation de ces populations. Il en résulte que certaines familles sont obligées de sauter certains repas, réduire leurs frais médicaux et déscolariser leurs enfants pour les envoyer travailler.

Dans le même temps, une génération entière d’enfants réfugiés syriens n’a pas accès à l’enseignement officiel et pourtant, les réfugiés citent généralement l’éducation de leurs enfants, qu’il s’agisse de filles ou de garçons, comme l’une de leurs priorités.

Suite à l’attaque terroriste perpétrée en 2016 près de la frontière jordanienne avec la Syrie, l’armée jordanienne a déclaré les frontières nord et nord-est avec la Syrie, zones militaires fermées. En conséquence, quelque 50 000 personnes, des femmes et des enfants principalement, se sont retrouvées bloquées dans cette zone frontalière reculée (connue sous le nom de ‘la berme’), avec un accès limité à la nourriture, l’eau et l’aide humanitaire. L’accès humanitaire à cette zone demeure difficile en raison des risques sécuritaires et de la fermeture des frontières. Les organisations humanitaires internationales n’ont pas encore été en mesure d’y rétablir une aide humanitaire régulière.

Carte Jordanie
En quoi consiste notre aide ?

Depuis le début de la crise syrienne, la Commission européenne a alloué un total d’environ € 2,2 milliard à la Jordanie sous forme d’aide humanitaire, au développement et macro-financière. De cette somme, la part consacrée à l’aide humanitaire représente plus de € 344 millions, et prend la forme de services en matière de santé, d’alimentation, de réponse aux besoins de base, de préparation aux conditions hivernales, de logement d’accès à l’eau, d’assainissement, d’appui psychosocial et de protection. L’aide fournie a profité aux réfugiés vivant dans les camps de réfugiés de Zaatari et Azraq, ainsi qu’aux Syriens vivant en région urbaine dans la berme. Les services de base organisés dans les villes et villages à travers le pays profitent également aux familles jordaniennes vulnérables. Des programmes spécifiques viennent répondre aux besoins des femmes et des enfants, qui représentent environ 51% de la population totale des réfugiés. Pour répondre aux besoins en matière d’éducation, l’UE a lancé un programme qui vise à garantir que des centaines d’enfants syriens terminent leurs études primaires et secondaires au sein d‘écoles jordaniennes. En 2018, la contribution humanitaire de l'UE s'est élevée à €36 million.

Les réfugiés syriens vivant en Jordanie sans disposer de papiers à jour, délivrés par le gouvernement ou le HCR, risquent la déportation, ce qui limite leur liberté de circulation et les empêche d’accéder aux services de base, notamment en ce qui concerne les soins de santé, l’éducation et le marché du travail. L’UE a apporté son soutien au HCR et à un consortium d’organisations partenaires dans leurs efforts, avec le gouvernement, de régularisation du statut civil et/ou légal des réfugiés n’étant pas dûment enregistrés. Une décision finale a été prise le 4 mars 2018, date à laquelle la Jordanie a officiellement commencé à régulariser le statut des réfugiés urbains sans-papiers, en leur offrant une plus grande protection.  

En 2016 et 2017, un ensemble d’engagements mutuels ont été pris par l’UE et la Jordanie envers la Syrie et l’ensemble de la région, afin de respecter leurs promesses formulées lors de la conférence de Londres en février 2016 et la conférence de Bruxelles en avril 2017. Ces engagements ont pour objectif d’améliorer les conditions de vie des réfugiés syriens en Jordanie, ainsi que celles de Jordaniens vulnérabilisés. L’accord pour la période 2016-2017, connu sous le nom de ‘Pacte UE-Jordanie’, pèse au moins € 747 millions, dont € 108 millions d’aide humanitaire et € 200 millions d’assistance macro-financière. L’UE et le gouvernement jordanien se sont en outre accordés en 2016 pour simplifier les conditions imposées aux exportations jordaniennes vers l’UE, à condition que des emplois soient proposés aux réfugiés syriens comme aux Jordaniens. À ce jour, plus de 110 000 permis de travail ont ainsi été octroyés à des réfugiés syriens.

Dernière mise à jour
07/12/2018