Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Irak

Mosul by Peter Biro
© UE/ECHO/Peter Biro.
Introduction

L’Irak est ravagé par les conflits et l’instabilité depuis plusieurs décennies. La dernière guerre, opposant des militants de l’État islamique au gouvernement irakien, a déclenché l’une des plus grandes crises humanitaires au monde. Ces trois dernières années, l’ampleur sans précédent du conflit a poussé 5,8 millions de personnes à fuir leur foyer pour se réfugier ailleurs dans le pays (trois millions d’entre elles ont pu rentrer chez elles), et a laissé plus de 8,7 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire. En outre, plus de 249 000 personnes sont venues chercher refuge en Irak, pour la plupart dans la région du Kurdistan, à cause du conflit en Syrie.

Quels sont les besoins ?

Alors que les combats à Mossoul et dans d’autres zones auparavant aux mains de l’État islamique ont pratiquement cessé en 2017, la crise humanitaire que connaît l’Irak entre désormais dans une nouvelle phase. Les principaux problèmes ont trait aux risques en matière de protection, engendrés notamment par les punitions collectives infligées aux communautés et tribus associées à l’État islamique, les rapatriements forcés ou entravés des populations déplacées, les séjours prolongés dans les camps et le manque alarmant d’accès aux services de base. L’économie est en ruine et la pauvreté est généralisée.

La plupart des enfants n’ont pas été scolarisés pendant plusieurs années, et les habitations et infrastructures dans l’ouest de Mossoul, à Anbar, Kirkouk et Salah al Din sont complètement détruites, endommagées ou recèlent une foule de munitions non-explosées. Les signalements de personnes souffrant de problèmes de santé mentale ou se remettant d’un traumatisme lié à des violences sexuelles sont monnaie courante. La plupart des hôpitaux et cliniques dans l’ouest de Mossoul ont subi d’importants dégâts et manquent d’équipement, de médicaments et de personnel médical qualifié. Plus d’un million de personnes ont fui Mossoul pendant la campagne militaire et plus de 600 000 d’entre elles demeurent toujours déplacées dans des camps ou d’autres centres urbains.

L’Anbar, région la plus à l’ouest et la plus grande de l’Irak, a été reprise à l’État islamique en 2017, mais les personnes qui avaient fui les combats souffrent toujours d’un manque de services de base, notamment en ce qui concerne l’accès à l’eau potable, aux soins de santé, aux articles ménagers et aux vêtements d’hiver.

Carte d'Irak
En quoi consiste notre aide ?

L’UE est l’un des principaux donateurs à l’action humanitaire en Irak, apportant son soutien à tous les civils dans le besoin, conformément aux principes humanitaires d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance. En 2017, en réponse aux besoins humanitaires grandissants suite au conflit entre le gouvernement irakien et l’État islamique, la Commission européenne a alloué € 82,5 millions d’aide humanitaire à l’Irak. Ce montant porte le total de l’aide humanitaire de l’UE en Irak à près de € 350 millions pour la période 2015-2017. Des fonds supplémentaires ont été mobilisés en 2018.

L’UE continue d’organiser une aide vitale en matière de protection, d’alimentation, de soins de santé, d’hébergement, d’accès à l’eau, d’assainissement et d’hygiène à destination des personnes dans le besoin, notamment les populations toujours déplacées en raison du conflit. Citons en particulier l’assistance saisonnière qui aide ces personnes à supporter les températures rigoureuses pendant l’hiver. L’UE soutient aussi la relance des services publics de base, notamment en matière de santé, d’éducation et d’approvisionnement en eau, dans les zones récemment reprises à l’État islamique, à savoir Mossoul, l’ouest de l’Anbar et Hawidja.

Outre l’aide et les services de base, l’UE finance également un appui juridique aux personnes détenues, conformément aux normes légales internationales. Dans le même temps, elle continue de soutenir des programmes généraux d’assistance juridique qui aident les familles qui vivaient sous l’autorité de l’État islamique à obtenir les documents d’identité de base. Ces documents sont essentiels pour pouvoir accéder à l’aide sociale gouvernementale et passer les postes de contrôle de sécurité.

L’UE a aussi renforcé ses partenariats avec des groupes humanitaires spécialisés dans la protection et la santé afin de venir en aide aux personnes souffrant de traumatismes durables liés au conflit. Par exemple, il peut s’agir d’intégrer les soins de santé mentale dans les programmes de santé primaire, de renforcer les services proposés aux survivants de violences sexuelles ou encore de proposer des soins de physiothérapie et de rééducation physique aux personnes souffrant d’un handicap.

Dernière mise à jour
13/09/2018