Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Haïti

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© UNICEF
Introduction

Au vu de sa vulnérabilité aux risques naturels et sa forte propension à la pauvreté, Haïti dispose de capacités limitées pour faire face aux urgences récurrentes qu’engendrent les graves catastrophes et les vagues de sécheresse prolongée, aggravées par le phénomène météorologique El Niño. L’insécurité alimentaire et la malnutrition aigües, l’épidémie durable de choléra et la crise migratoire subies par le pays requièrent l’organisation d’une assistance humanitaire soutenue. 

Quels sont les besoins ?

Haïti souffre d’une insécurité alimentaire et nutritionnelle critique ; on dénombre 4,4 millions d’Haïtiens en situation d’insécurité alimentaire aiguë et 131 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë (chiffres de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire et du Ministère de la Santé). Cette situation est le résultat d’une sécheresse prolongée, exacerbée par le phénomène météorologique El Niño - exceptionnellement fort cette année, et de l’impact des ouragans Matthew (octobre 2016) et Irma (septembre 2017). Plus d’un an après le passage de l’ouragan Matthew, 80 000 foyers affectés n’ont, à ce jour, toujours pas accès à des habitations et abris résistant un minimum aux séismes, et demeurent donc vulnérables aux risques de chocs futurs (chiffres d’OCHA).

Malgré les progrès réalisés, le manque d’accès à l’eau potable reste généralisé, de même que la constante faiblesse des infrastructures sanitaires et les taux élevés de mortalité liés au choléra, qui demeurent préoccupants. Entre janvier et octobre 2017, 11 933 nouveaux cas suspectés de choléra et 133 décès liés au choléra ont été signalés.

Les besoins humanitaires demeurent aigus dans les camps de déplacés (PDI) que compte encore le pays. Les services de base, les mesures de protection et les solutions adéquates de logement demeurent largement insuffisants. 37 867 Haïtiens sont toujours hébergés dans des camps, où l’accès à l’eau et aux services de base demeure extrêmement limité. En outre, environ 200 000 Dominicains d’origine haïtienne risquent de devenir apatrides et d’être déportés vers Haïti. Depuis juin 2015, 229 885 personnes ont passé la frontière, et parmi elles, plus de 4167 mineurs non-accompagnés (chiffres de l’OIM).

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En quoi consiste notre aide ?

Haïti est le principal bénéficiaire de l’aide humanitaire de la Commission européenne en Amérique latine et aux Caraïbes, le pays ayant reçu € 378,35 millions d’aide depuis 1994.  L’aide de l’UE a permis de porter secours aux victimes du séisme de 2010 et de plusieurs ouragans majeurs, de répondre à l’épidémie de choléra, aux vagues de sécheresse et à la crise migratoire, et de renforcer les capacités locales en matière de préparation et de réponse aux catastrophes naturelles et aux épidémies.

Après le séisme de 2010, l’UE a organisé une aide en matière de logement, d’accès à l’eau potable, de soins de santé, d’alimentation et de protection pour 5 millions de personnes à Haïti. € 52,7 millions ont été investis dans une opération de lutte contre l’épidémie de choléra, ciblant près de 3 millions de personnes.

Depuis 2014, € 31,33 millions ont été investis dans l’organisation d’une réponse aux besoins aigus en matière d’alimentation et de nutrition, au travers notamment de transferts en espèces, de la fourniture d’eau potable et de moyens de subsistance.

En 2016 et 2017, € 19,755 millions d’aide d’urgence ont été consacrés à l’organisation d’une aide alimentaire immédiate, d’un hébergement, d’une aide de subsistance, d’un accès à l’eau, de soins nutritionnels et d’une éducation, pour répondre aux besoins des populations les plus affectées par l’ouragan Matthew (octobre 2016). Renforcer la résilience des catégories de population les plus vulnérables demeure une priorité, en particulier au vu de la récurrence des catastrophes naturelles et risques sanitaires.

Après le désastre occasionné par l’ouragan Irma de catégorie 5 (force maximale) dans les Caraïbes en septembre 2017, la Commission européenne a débloqué € 50 000 par l’intermédiaire du Fonds d’urgence pour les secours lors de catastrophes (FUSC) de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), en faveur d’une promotion de l’hygiène, de distributions de moustiquaires et de kits de cuisine et d’hygiène, dans le département du nord-ouest.

Depuis 1998, l’UE a investi € 22,2 millions dans son programme de préparation aux catastrophes (DIPECHO) afin de mettre en place des systèmes d’alerte précoce et de renforcer les abris et infrastructures pour qu’elles puissent mieux résister aux ouragans, inondations et autres catastrophes naturelles récurrentes.

Dernière mise à jour
15/11/2017