Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Les Philippines

Crèdit photo: EU/ECHO/Pierre Prakash
Introduction

Se situant le long de la ceinture des typhons et du Cercle de Feu, dans le Pacifique, les Philippines sont fortement sujettes à diverses catastrophes naturelles, notamment les typhons, inondations, glissements de terrain, séismes et éruptions volcaniques. Ces évènements se traduisent souvent en des pertes significatives en vies humaines et moyens de subsistance, ainsi qu’en de nombreuses destructions d’habitations. Le conflit armé entre les forces gouvernementales et les groupes armés à Mindanao, l’île la plus au sud de l’archipel, ajoute également aux risques de déplacement des familles et renforce les besoins humanitaires.

Quels sont les besoins ?

Bien que les Philippines disposent de moyens de gestion des crises bien développés, l’occurrence incessante de puissants cyclones et fortes tempêtes, souvent consécutifs, met les ressources locales à rude épreuve. Une vingtaine de typhons frappent le pays en moyenne chaque année ; pour beaucoup ils sont très destructeurs. Le plus meurtrier jusqu’ici fut le typhon Haiyan (connu localement sous le nom de Yolanda) en novembre 2013. Plus récemment, le typhon Tembin (connu localement sous le nom de Vinta) a balayé le sud des Philippines au cours de la nuit du 22 décembre 2017, laissant derrière lui de nombreuses destructions sur son passage, dans au moins 23 provinces de Mindanao, l’île la plus méridionale, y compris chez certaines communautés qui avaient déjà été déplacées par le conflit sévissant dans la région. 

Fin 2016, trois puissantes tempêtes – les typhons Meranti, Sarika et Haima (connus localement sous les noms respectifs de Ferdie, Karen et Lawin) - ont provoqué des ravages à grande échelle dans le nord de Luzon, affectant plus d’un million de personnes. Mi-décembre 2015, le typhon Melor (connu localement sous le nom de Nona) a dévasté le centre de la nation insulaire. Les éclats sporadiques de violence entre les groupes armés et les forces du gouvernement philippin à Mindanao déclenchent eux aussi régulièrement des vagues de déplacement parmi les communautés du sud du pays. Le conflit à Mindanao, considéré comme une ‘crise oubliée’ par la Commission européenne, a entraîné le déplacement de près d’un million de personnes au total depuis 2012, dont quelque 467 000 au lendemain direct de la crise de Marawi à la mi-2017, lorsque les affrontements entre un groupe armé et les forces armées philippines ont poussé toute la population de cette ville à fuir. Ces déplacements forcés à grande échelle ont inévitablement aussi renforcé les besoins humanitaires.

Carte Philippines
En quoi consiste notre aide ?

En 2017, la Commission a débloqué près de € 1,8 million d’aide humanitaire au profit des civils affectés par le conflit armé qui s’éternise à Mindanao, y compris ceux déplacés en raison de la crise à grande échelle qui affecte la région de Marawi depuis mai 2017. Ces fonds permettent d’organiser des distributions alimentaires, un accès à l’eau potable, des infrastructures sanitaires, des services de santé, une aide de subsistance d’urgence, et des mesures de protection pour près de 128 000 personnes vulnérables se trouvant sur les sites d’évacuation et de déplacement. En 2015-2016, € 2,1 millions avaient déjà été alloués à ce genre d’opérations et € 1 million supplémentaire avait été investi dans l’organisation d’une éducation de qualité pour les enfants se trouvant dans le sud du pays, région déchirée par le conflit, dans le cadre de l’initiative des Enfants de la Paix de l’UE.

La Commission a débloqué € 570 000 pour l’organisation de secours d’urgence, notamment l’organisation d’un hébergement d’urgence et de distributions d’articles ménagers de première nécessité, l’établissement d’un accès à l’eau potable, et la promotion de bonnes mesures d’hygiène, en faveur des familles affectées par le puissant typhon Tembin, qui a frappé le sud des Philippines dans la nuit du 22 décembre 2017.
Fin 2016, lorsque trois typhons – Sarika, Haima et Meranti – se sont successivement abattus sur le nord des Philippines, affectant plus d’1,8 million de personnes et détruisant des centaines d’habitations, la Commission a débloqué € 628 000 pour l’organisation de distributions alimentaires et d’articles de secours essentiels en faveur des familles concernées. Précédemment, en décembre 2015, € 1,5 million avait été octroyé suite au passage du typhon Melor, et € 500 000 supplémentaires, quelques mois plus tôt, pour venir en aide aux petits agriculteurs sévèrement impactés par le passage du typhon Koppu, dans le nord de l’île de Luzon.

Ces fonds ont permis d’apporter des vivres, de l’eau potable et des matériaux pour la construction d’abris d’urgence, ainsi que d’aider les populations affectées à se créer des sources alternatives de revenus au travers de diverses initiatives, notamment le maraîchage et l’aviculture. En réaction au typhon Haiyan, qui s’est abattu sur les Philippines en novembre 2013 et qui est considéré comme le cyclone le plus destructeur à avoir jamais frappé ce pays, la Commission a débloqué € 30 millions de fonds d’aide humanitaire, de rétablissement précoce et de réhabilitation en faveur des survivants.
Le mécanisme européen de protection civile a été activé en vue de coordonner les efforts de secours européens, sur base d’une demande introduite pour les autorités philippines. L’ensemble des 28 États membres de l’UE ont participé à l’effort d’aide commun, en envoyant du personnel ou du matériel humanitaires sur le terrain, comme par exemple des équipes spécialisées dans la purification des eaux ou des fournitures médicales, et en débloquant une aide financière généreuse de plus de € 180 millions au total.
En vue de réduire l’impact des catastrophes naturelles et de renforcer les capacités de préparation des communautés face aux futurs risques naturels, le programme de préparation aux catastrophes a été créé en 1996. En 2016-2017, la Commission a investi € 850 000 dans le renforcement de la résilience aux catastrophes des gouvernements locaux et familles vivant en zone urbaine à risque, dans la région métropolitaine de Manille, au travers d’une série d’activités, comme des exercices de renforcement capacitaire locaux, la mise en place de systèmes d’alerte précoce, une éducation, des campagnes de sensibilisation de l’opinion publique, et une meilleure planification en matière de résilience et de subsistance. Entre 2014 et 2015, plus d’€ 1 million a été investi dans des efforts de renforcement capacitaire en matière de préparation aux catastrophes aux Philippines.

Dernière mise à jour
07/05/2018