Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Myanmar / Birmanie

Myanmar by Kaung Hter of IRC
© Kaung Hter / IRC
Introduction

Le Myanmar/Birmanie est le pays le plus à risque sur le plan humanitaire dans tout le nord et le sud-est de l’Asie, et se classe 12e dans le classement mondial. Depuis plus de 50 ans, le pays connaît divers conflits internes qui ont affecté un grand nombre de civils. Plus de 300 000 personnes sont actuellement déplacées et ne disposent que d’un accès limité aux services de base. Les restrictions d’accès imposées dans certaines zones empêchent les organisations humanitaires internationales de fournir une aide pourtant essentielle aux populations qui en ont besoin. Les catastrophes naturelles récurrentes renforcent également la vulnérabilité des résidents dans les zones particulièrement exposées à ces risques.

Quels sont les besoins ?

Les regains ponctuels de violence, liés à des affrontements entre des minorités ethniques et l’armée, et les tensions qui en découlent accablent différentes régions du Myanmar/Birmanie depuis plus d’un demi-siècle. Les Nations unies estiment que plus d’un demi-million de personnes à travers le du pays ont désormais besoin d’une assistance humanitaire, dont notamment les populations déplacées dans les États du Rakhine, du Kachin et du Shan, qui sont déchirés par le conflit. Dans l’État de Rakhine, on estime que 800 000 personnes issues de la communauté musulmane des Rohingyas sont, en plus de cela, apatrides et privées de leurs droits fondamentaux, notamment en matière de libre circulation. En conséquence des violents affrontements interethniques de 2012, quelque 120 000 personnes sont toujours déplacées à l’intérieur du pays et vivent dans des camps, dépendant totalement de l’aide internationale. L’attentat perpétré le 25 août par des insurgés rohingyas contre plusieurs postes de police dans le nord du Rakhine a déclenché un nouveau cycle de violences, poussant près de 400 000 civils à fuir au Bangladesh en seulement deux semaines et demi. Ces derniers affrontements interviennent moins d’un an après un précédent assaut d’insurgés perpétré contre trois postes de garde-frontières le 9 octobre 2016, qui s’était soldé en une série d’incidents violents et d’opérations militaires qui avaient poussé plus de 87 000 Rohingyas à fuir pour chercher refuge au Bangladesh. Dans les États du Kachin et du Shan, les conflits armés durables ont aussi beaucoup pesé sur la population locale. À ce jour, quelque 98 000 personnes demeurent déplacées en conséquence des affrontements entre les groupes armés et les forces de sécurité.

Carte Myanmar
En quoi consiste notre aide ?

L’Union européenne, via son service de protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes, est présente sur le terrain au Myanmar/Birmanie depuis 1994. Elle a déjà financé des programmes de secours d’urgence pour aider les victimes du conflit et des catastrophes naturelles, à hauteur de près de € 230 millions au total. Ce montant comprend l’aide de € 9,7 millions octroyée en 2017. Depuis 2013, € 2,65 millions ont jusqu’ici été investis à une éducation en contexte d’urgence pour les enfants affectés par le conflit, dans le cadre de l’initiative des Enfants de la paix de l’UE.

Dans l’État du Rakhine, la Commission européenne organise depuis de nombreuses années, avec ses partenaires humanitaires, une aide en matière de protection, d’alimentation, de nutrition et de santé pour répondre aux besoins des populations les plus vulnérables, en particulier dans les cantons du nord. Suite aux insurrections de juin 2012 et octobre 2016, qui se sont traduites en des déplacements massifs de population, la Commission a intensifié son aide humanitaire pour l’ensemble des populations déplacées dans le besoin. Elle est notamment intervenue dans les secteurs du logement, de l’alimentation, de la nutrition, des soins de santé, de l’approvisionnement en articles non-alimentaires, en eau et en assainissement, mais a aussi organisé une aide de subsistance, une coordination, une protection et une éducation.

La Commission propose aussi une aide humanitaire aux personnes déplacées par le conflit sévissant dans les États du Kachin et du Shan du nord, et qui vivent désormais dans des camps. Le long de la frontière orientale, l’UE a aussi contribué à des projets de sensibilisation au problème des mines et de réhabilitation des victimes de mines anti-personnel, et elle soutient aussi le Réseau des indigènes du Myanmar pour l’éducation.

L’Union européenne a également réagi lors de diverses catastrophes naturelles ayant affecté le Myanmar/Birmanie au cours des deux dernières décennies. Plus récemment, à la fin du mois de mai, lorsque le cyclone Mora a ravagé plusieurs régions le long de la côte occidentale - l’État de Rakhine ayant été le plus sévèrement touché -, la Commission a immédiatement débloqué une aide de € 500 000 pour des secours d’urgence en faveur des communautés affectées.

Une autre priorité de l’UE au Myanmar/Birmanie est la réduction des risques de catastrophes, en vue de renforcer la résilience des communautés les plus vulnérables confrontées aux risques naturels. Conformément aux engagements internationaux de l’Union européenne, la Commission garantit que l’ensemble de ses actions aillent dans le sens d’une réduction des risques de catastrophe et d’un renforcement des ressources des communautés, pour que ces dernières soient mieux préparées aux catastrophes naturelles. Dans ce contexte, € 9,65 millions ont été alloués entre 2010 et 2017 aux zones côtières sujettes aux inondations, ainsi qu’à la prise de mesures contre les risques de séisme en contexte urbain, en particulier dans la capitale financière de Yangon.

Dernière mise à jour
04/10/2017