Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Iran

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© UE/ECHO/Pierre Prakash
Introduction

Après plus de 30 ans de déplacements de population durables, l’Iran accueille aujourd’hui près d’un million de réfugiés légaux et deux millions de réfugiés afghans sans-papiers, d’après les estimations. Nombre d’entre eux, notamment ceux ne détenant pas la carte d’enregistrement Amayesh, font face à des contraintes et limitations en matière d’accès aux moyens de subsistance, aux soins de santé, et à d’autres services essentiels. On estime qu’environ 2000 Afghans arrivent en moyenne chaque jour en Iran, mais aucune détermination généralisée du statut de réfugié (RSD) n’a eu lieu dans ce pays depuis 2001. L’Iran est aussi sujet à divers types de catastrophes naturelles, notamment des séismes violents, des inondations et des vagues de sécheresse.

Quels sont les besoins ?

La plupart des réfugiés résident dans les provinces de Téhéran (33%), Khorasan Razavi (16%), Esfahan (13%), et Kerman (8%) ; les autres vivent dispersés dans d’autres provinces. 97% d’entre eux vivant en zone urbaine, moins de 3% de ces réfugiés vivent dans les 18 camps de réfugiés afghans gérés par le Bureau aux affaires relatives aux étrangers et immigrants du gouvernement iranien (BAFIA). L’Iran s’est néanmoins récemment engagé à intégrer tous les réfugiés afghans officiellement enregistrés au régime national d’assurance-maladie, au même titre que les citoyens iraniens. Grâce à cet engagement, plus de 145 000 réfugiés ont pu  être inscrits au régime national d’assurance-maladie fin 2016.

Les Afghans sans-papiers sont généralement plus vulnérables puisqu’ils ne sont pas éligibles, et n’ont donc pas accès, à la plupart de l’aide organisée pour les réfugiés. Cependant, le décret du Guide Suprême de mai 2015 autorise tous les enfants présents sur le territoire iranien, quel que soit leur statut légal, à accéder au système officiel d’éducation. Depuis la publication de ce décret, au moins 350 000 enfants réfugiés afghans et irakiens, parmi lesquels quelque 77 000 garçons et filles afghans sans-papiers, ont pu s’inscrire à l’école, d’après l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Outre les obstacles culturels, certains obstacles financiers demeurent, puisque les enfants sans-papiers doivent d’abord obtenir une ‘carte bleue’ pour pouvoir s’inscrire. Des efforts ont aussi été fournis par le gouvernement pour assouplir les exigences en matière de résidence, avec notamment le programme ‘Arrangement alternatif de séjour’ qui cible spécifiquement les réfugiés, et avec le changement du statut de ces derniers vers un statut de migrant économique, les autorisant à obtenir un permis de travail. Pour les Afghans sans-papiers, un ‘Plan exhaustif de régularisation’ a été mis au point pour leur octroyer un statut légal et un permis de travail, afin de pouvoir aussi les comptabiliser.

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En quoi consiste notre aide ?

En 2017, l’UE a investi près de € 10 millions dans l’organisation d’une aide essentielle pour les réfugiés afghans se trouvant en Iran, y compris un appui en faveur de l’intégration des enfants afghans en âge d’aller à l’école dans le système éducatif iranien – appui rendu possible grâce au décret de 2015. L’UE s’engage aussi toujours à continuer d’apporter une aide humanitaire en matière de soins de santé, de logement, de sécurité alimentaire et de protection, aux réfugiés les plus vulnérables.

Activés par le biais de trois ONG internationales et deux agences de l’ONU œuvrant sur le terrain, les fonds de l’UE permettent d’organiser une aide de subsistance (y compris des formations professionnelles), un accès à une éducation d’urgence, des soins de santé, un approvisionnement en eau, un assainissement, des rapatriements sur base volontaire, des mesures de protection, et une assistance juridique, pour les réfugiés afghans vulnérables. Un changement d’approche dans la gestion des Afghans sans-papiers (qui sont généralement les plus vulnérables) a aussi pu progressivement émerger grâce au décret de 2015. Avant ce décret, les partenaires de la Commission européenne travaillant avec les réfugiés afghans concentraient leur aide principalement sur les réfugiés légaux les plus vulnérables.

L’aide fournie par l’UE couvre aussi l’organisation d’une aide en espèces pour les réfugiés les plus vulnérables, qui leur permet de payer leur prime d’assurance-maladie universelle garantie par le gouvernement (UPHI). Grâce à cela, les réfugiés afghans légaux ont accès à un plan d’assurance-maladie complet, le même que celui dont bénéficient les citoyens iraniens.

L’UE finance depuis 1997 des projets humanitaires ciblant les réfugiés afghans en Iran. Elle a déjà contribué près de € 46 millions d’aide humanitaire au total à la cause des réfugiés afghans et à la réponse organisée lors de catastrophes naturelles. Par le passé, l’UE a aussi débloqué de l’aide humanitaire pour l’organisation de secours d’urgence au lendemain des séismes de 1997, 2002 et 2003. En avril 2016, l’UE et l’Iran sont convenus de renforcer leur coopération bilatérale, en vue d’une amélioration de la prévention, de la détection et de la réponse apportée lors de ce genre de catastrophes naturelles. 

Dernière mise à jour
30/10/2017