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Bangladesh

Bangladesh by Pierre Prakash
Crédit photo : UE/ECHO/Pierre Prakash
Introduction

Le Bangladesh est l’un des pays les plus sujets aux catastrophes au monde. Il est en effet exposé à des risques naturels, comme des cyclones, des inondations et des séismes. Sa forte densité de population (1252 personnes/km2 en 2016) exacerbe encore plus l’impact de ces catastrophes. Sa constante croissance démographique et la dégradation de son environnement pourraient bien encore renforcer l’intensité des catastrophes à l’avenir, ce qui pourrait se traduire par une hausse significative des besoins humanitaires. La malnutrition y est une préoccupation majeure. Le Bangladesh est aussi le théâtre de deux crises : la crise des réfugiés rohingyas dans le sud-est du pays, et celle des minorités ethniques marginalisées dans les Chittagong Hill Tracts.

Quels sont les besoins ?

Le Bangladesh se classe sixième dans le top 10 des pays les plus affectés au monde par les phénomènes météorologiques extrêmes entre 1996 et 2015. Constitué principalement de basses terres, au confluent de deux grands fleuves asiatiques (le Gange et le Brahmaputra), une grande partie du territoire du pays est sujette aux inondations saisonnières, et vulnérable aux effets du changement climatique. La région du sud-ouest, en particulier le district de Satkhira, a connu des cycles récurrents de saturation des terres, tandis que les inondations et intrusions salines ont aussi affecté la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations. En outre, le pays est le lieu d’une des crises de réfugiés les plus difficiles à résoudre au monde : la crise rohingya. Cette minorité ethnique, religieuse et linguistique est sujette à l’exclusion et à des discriminations dans son pays d’origine, le Myanmar/Birmanie. En réaction, nombre de ses membres sont venus chercher refuge au Bangladesh, pays voisin, au cours des 30 dernières années.

Suite aux épisodes de violence qui ont eu lieu dans le nord de l’État du Rakhine en octobre 2016 et août 2017, près de 700 000 Rohingyas ont fui, passant la frontière avec le Bangladesh, en quête de protection et d’assistance. Cet afflux soudain et drastique de Rohingyas a mis une énorme pression sur les services humanitaires existants. La grande majorité de ces Rohingyas ne s’est pas vu octroyer le statut de réfugié, le gouvernement bangladais les qualifiant de ‘ressortissants sans-papiers du Myanmar’. Sans statut légal, ces gens ne sont pas autorisés à suivre des études ou exercer un emploi officiel, et demeurent donc vulnérables à l’exploitation et exposés à de grands risques en matière de protection. On estime que plus de 900 000 Rohingyas non-enregistrés vivent actuellement au Bangladesh.

Carte Bangladesh
En quoi consiste notre aide ?

Le service d’aide humanitaire de la Commission européenne est présent au Bangladesh depuis 2002, tant sur des activités de préparation aux catastrophes que des secours d’urgence. Il finance une aide d’urgence pour les populations affectées par les inondations et les cyclones, et demeure engagé à fournir une aide vitale de base à des centaines de milliers de réfugiés rohingyas non-enregistrés vivant dans le camp de fortune de Kutupalong, sur le site de Leda, dans le village de Shamlapur, dans le camp de Balukhali ou encore d’autres lieux d’accueil improvisés, apparus après l’afflux massif de nouveaux réfugiés en août 2017.

En 2017, la Commission européenne a débloqué € 17 millions pour répondre aux besoins humanitaires et soutenir les efforts de réduction des risques de catastrophe et de renforcement de la résilience au Bangladesh, portant de la sorte son financement humanitaire dans ce pays depuis 2007 à un total de € 162,6 millions. De ce montant, € 8 millions ont été alloués à une réponse face au nouvel afflux de réfugiés depuis septembre 2017. Cette réponse comprend une aide humanitaire de base en faveur des populations rohingyas, tant celles vivant déplacées au Bangladesh depuis de nombreuses années que celles récemment arrivées, et des communautés qui les ont accueillies et qui vivent à proximité des camps de réfugiés. Ces gens bénéficient de soins de santé, d’eau et d’installations sanitaires, ainsi que d’une aide nutritionnelle et de services de protection. En réaction aux grandes vagues d’arrivées de Rohingyas toujours en cours depuis le 25 août, en conséquence d’un nouveau cycle de violences ayant éclaté dans l’État du Rakhine au Myanmar, la Commission a immédiatement débloqué € 3 millions supplémentaires pour permettre à ses partenaires humanitaires sur le terrain de développer leurs activités.

Fin mai, lorsque le cyclone tropical Mora a dévasté certaines régions du Bangladesh et affecté près de 3 millions de personnes, la Commission a alloué € 1 million d’aide aux familles les plus touchées. Cette aide s’est concentrée sur la livraison d’eau, l’organisation d’une aide sanitaire et la promotion des bonnes pratiques en matière d’hygiène. Des aides en espèces ont également été distribuées aux populations touchées par la catastrophe, pour les aider à recouvrir leurs moyens de subsistance.

Une bonne préparation aux catastrophes, une réduction des risques de catastrophe et une programmation de la résilience demeurent les premières priorités de l’UE au Bangladesh. Dans ce contexte, ses partenaires continuent de soutenir le gouvernement dans son déploiement et sa mise en œuvre de la loi sur la gestion communautaire des catastrophes. Cette dernière prévoit de soutenir des initiatives locales spécifiquement identifiées, comme par exemple la construction d’infrastructures pouvant résister aux inondations ou la mise en place de systèmes d’alerte précoce, ou encore la conduite d’activités de préparation aux catastrophes dans les écoles. Aux côtés de ses partenaires, l’UE tente d’aller encore plus loin, en faisant en sorte que les moyens de subsistance de ces populations soient renforcés pour pouvoir faire face aux catastrophes naturelles, réduisant de la sorte leur niveau de vulnérabilité face aux chocs et stress divers. Depuis 2001, l’UE a investi plus de € 23 millions dans des activités de réduction des risques de catastrophe et de renforcement de la résilience, dont € 3 millions en 2017.

Dernière mise à jour
19/10/2017