Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Bangladesh

Bangladesh by Pierre Prakash
© UE/ECHO/Pierre Prakash
Introduction

Le Bangladesh est l’un des pays les plus sujets aux catastrophes dans le monde. Le pays est effectivement exposé à une série de risques naturels, comme des cyclones, inondations et séismes. Sa forte densité de population (1252 hab/km2 en 2016) exacerbe l’impact de catastrophes pourtant localisées. Sa croissance démographique constante et la dégradation de l’environnement sont susceptibles d’encore intensifier l’effet des futures catastrophes, faisant croître en conséquence les besoins humanitaires. Enfin, la crise des réfugiés rohingyas, qui a atteint une ampleur sans précédent en 2017, ne fait qu’ajouter à la détérioration de la situation dans le sud-est du pays.

Quels sont les besoins ?

La majeure partie de son territoire étant de basse altitude et se situant au confluent de deux grands fleuves (le Gange et le Brahmaputra), le Bangladesh est souvent sujet aux inondations, glissements de terrain et cyclones saisonniers. Il s’agit donc d’un des pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. La fréquence et les niveaux d’imprévisibilité et de gravité de ces catastrophes sont susceptibles d’être négativement impactés par le réchauffement climatique, la croissance démographique, la dégradation de l’environnement et la mauvaise maintenance des infrastructures – tous ces facteurs contribuant à renforcer les besoins humanitaires. La région du sud-ouest, plus particulièrement le district de Satkhira, a connu des cycles récurrents de saturation en eau, tandis qu’inondations et infiltrations salines ont aussi affecté la sécurité alimentaire et la subsistance des populations.

Le pays est aussi le lieu d’une des crises des réfugiés les plus compliquées au monde : la crise rohingya. Cette minorité ethnique, religieuse et linguistique est sujette à l’exclusion et aux discriminations dans son pays d’origine, le Myanmar, poussant nombre d’entre eux depuis 40 ans à se réfugier au Bangladesh, pays voisin. Après les majeurs épisodes de violence dans le nord du Rakhine en août 2017, plus de 700 000 Rohingyas ont fui et passé la frontière, en quête de protection et d’assistance. La hausse soudaine et drastique des arrivées de Rohingyas dans le pays a exercé une pression énorme sur les services humanitaires existants dans la région de Cox Bazar. La grande majorité de ces nouveaux arrivants n’ont pas obtenu le statut de réfugié et sont considérés par le gouvernement bangladais comme des ‘ressortissants sans-papiers du Myanmar’. Sans statut légal, ces derniers ne sont pas autorisés à poursuivre des études ou des emplois officiels au Bangladesh et demeurent vulnérables aux exploitations et autres risques graves affectant leur protection. Le nombre de Rohingyas vivant actuellement au Bangladesh sans être enregistrés est estimé à plus d’un million de personnes.

Carte Bangladesh
En quoi consiste notre aide ?

En 2018, l’Union européenne (UE) a consacré € 36 millions à une aide humanitaire vitale pour les civils rohingyas réfugiés au Bangladesh et leurs communautés d’accueil. De ce montant, € 29 millions sont consacrés à une aide alimentaire, un soutien nutritionnel, un accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, un accès aux services de santé, et des mesures de protection renforcées, en faveur des catégories de réfugiés les plus vulnérables et des communautés qui les accueillent à Cox Bazar. Les € 7 millions restants sont quant à eux investis dans un renforcement des mesures de préparation à la saison des pluies, susceptible de donner lieu à des inondations et glissements de terrain dans le camp de réfugiés se trouvant être actuellement le plus peuplé au monde.

La Commission européenne est active au Bangladesh depuis 2002, tant pour des activités de préparation aux catastrophes que des opérations de réponse d’urgence, et pour un budget total de € 168,4 millions. L’UE reste engagée à fournir une aide vitale de base aux centaines de milliers de réfugiés rohingyas non-enregistrés et résidant dans le camp de fortune et site d’expansion de Kutupalong, sur le site de Leda, dans le village de Shamlapur, dans le camp de Balukhali et d’autres campements spontanément apparus après l’afflux massif d’août 2017. En parallèle, l’UE continue également de financer une aide d’urgence pour les personnes affectées par les catastrophes naturelles.

En octobre 2017, lorsque d’importantes inondations ont dévasté de vastes territoires bangladais et affecté environ huit millions de personnes, l’UE a débloqué € 1,2 million pour répondre aux besoins les plus urgents des familles affectées. Plus tôt, en juin 2017, € 1 million a été alloué à la réponse apportée au passage du cyclone tropical Mora, qui a affecté près de trois millions de personnes. L’aide octroyée priorise l’organisation d’un accès à l’eau potable, d’un assainissement, et la promotion de bonnes pratiques d’hygiène. Des allocations en espèces sont également octroyées pour permettre aux personnes concernées de regagner un niveau de subsistance normal.

La préparation aux catastrophes, la réduction des risques de catastrophe et la résilience demeurent les premières priorités de l’UE au Bangladesh. Dans ce contexte, les partenaires de cette dernière continuent de soutenir le gouvernement bangladais dans le déploiement et la mise en œuvre de son ‘Ordre permanent concernant les catastrophes et Loi pour la gestion des catastrophes’ à l’échelle des communautés. Cela implique notamment de soutenir des initiatives décidées localement, comme la construction d’infrastructures résistantes aux inondations, la création de systèmes d’alerte précoce, ou encore la préparation aux catastrophes dans les écoles. L’UE, aux côtés de ses partenaires humanitaires, va aussi plus loin, en veillant à ce que les moyens de subsistance des populations soient plus résistants aux catastrophes naturelles, de sorte à réduire leur vulnérabilité aux chocs et crises. Depuis 2001, l’UE a investi plus de € 23 millions dans des activités de réduction des risques de catastrophe et de renforcement de la résilience au Bangladesh, dont € 3 millions en 2017.

Dernière mise à jour
19/06/2018