Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

Service tools

Ouganda

South Sudanese refugees at Koluba transit centre. ©EU/ECHO/Anouk Delafortrie
Des réfugiés sud-soudanais au centre de transit de Koluba. © UE/ECHO/Anouk Delafortrie
Introduction

L’Ouganda est confronté à la crise des réfugiés la plus forte croissance au monde, le pays connaissant un afflux sans précédent de réfugiés en provenance du Soudan du Sud. En août 2017, le nombre de réfugiés sud-soudanais en Ouganda a franchi la barre du million. La politique progressiste de l’Ouganda à l’égard des réfugiés est de plus en plus sous pression, en raison de l’ampleur de la crise. Les services publics sont débordés et les terrains disponibles sont toujours plus restreints. En vue de répondre aux besoins urgents, l’UE a débloqué € 65 millions d’aide humanitaire et € 20 millions supplémentaires en faveur d’une autonomisation des réfugiés.

Quels sont les besoins ?

Les combats soutenus et l’insécurité alimentaire, la pire jamais observée, en de nombreux endroits du Soudan du Sud résultent en un afflux constant de réfugiés – 1800 personnes par jour en moyenne. Étant donné qu’aucune solution politique n’est actuellement en vue au Soudan du Sud, où le conflit a éclaté en décembre 2013, on s’attend à ce que l’afflux de réfugiés en Ouganda se maintienne. Outre les Sud-Soudanais, l’Ouganda est aussi un lieu de refuge pour les personnes fuyant le conflit et la faim en RDC, en Somalie et au Burundi. L’Ouganda accueille désormais plus de réfugiés (1,3 million au total) que n’importe quel autre pays africain.

L’arrivée d’une si grande quantité de réfugiés sur un laps de temps aussi court s’est traduite par d’importants manques sur le plan humanitaire. De nouveaux campements ont été établis et les camps existants ont été agrandis pour accueillir les nouveaux venus, mais les besoins surpassent toujours les services disponibles en de nombreux endroits du pays. Les réfugiés en Ouganda bénéficient de la libre circulation et d’un droit au travail. Ils ont aussi droit à des terres pour se construire une maison et cultiver des vivres, mais au vu de la raréfaction des terres disponibles, ce droit n’est plus systématiquement appliqué.

L’approvisionnement en eau est problématique et nécessite d’importants investissements. Les services de santé sont sur le déclin. Les rations alimentaires ont dû être partiellement réduites et les salles de classe sont surpeuplées, ayant pour conséquence directe la déscolarisation de nombreux enfants. 85% des réfugiés sud-soudanais sont des femmes ou des enfants, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à leur sécurité et leur protection face aux risques d’exploitation et d’abus.

Ouganda
En quoi consiste notre aide ?

La Commission européenne alloue des fonds humanitaires au pays pour l’aider à répondre aux besoins des réfugiés sud-soudanais se trouvant en Ouganda (plus d’1 million de personnes) et ayant élu domicile dans la région du Nil occidental. Des aides financières sont également allouées au pays en faveur des réfugiés d’autres nationalités (congolais et burundais, entre autres).

Jusqu’ici, en 2017, la Commission européenne a débloqué € 65 millions d’aide humanitaire pour répondre aux besoins fondamentaux des réfugiés et intensifié ses efforts pour décongestionner les centres d’accueil surpeuplés, outre les € 20 millions tirés du Fonds d’affectation spéciale de l’UE en faveur d’une autonomisation des réfugiés. Ces fonds visent à répondre à la fois aux besoins urgents et aux besoins en matière de rétablissement.

Les partenaires humanitaires de la Commission fournissent une protection, un hébergement, une aide alimentaire, un accès à l’eau, des installations sanitaires, une aide nutritionnelle et une éducation aux réfugiés. Des efforts sont aussi réalisés pour aider ces populations à gagner un revenu et les rendre, de la sorte, moins dépendants à l’aide humanitaire sur le long terme. Cette démarche est particulièrement pertinente en Ouganda, où les réfugiés bénéficient de la libre circulation, d’un droit au travail et de l’autorisation de lancer leur propre entreprise.

L’aide alimentaire de la Commission en Ouganda consiste exclusivement en des transferts d’espèces, ce qui offre plus de choix et de contrôle aux réfugiés sur ce qu’ils mangent, tout en stimulant l’économie locale. Au vu du grand nombre d’enfants déscolarisés, une autre priorité est de construire davantage d’écoles et espaces réservés aux enfants, pour leur offrir un enseignement et une protection, ainsi qu’un apprentissage accéléré pour ceux devant rattraper un certain retard scolaire.

Compte tenu de l’ampleur de la crise, le service de protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne (ECHO) a décidé de rouvrir un bureau en Ouganda en 2017. Son personnel collabore étroitement avec ses collègues de l’aide au développement de l’UE, qui apportent une réponse aux besoins à long terme, en organisant des formations professionnelles pour les jeunes ainsi qu’une aide de subsistance. Le modèle progressiste de l’Ouganda laisse entrevoir des pistes supplémentaires de solutions et d’aides durables. Dans la mesure des fonds disponibles, ce modèle offre aux réfugiés les meilleures chances d’autonomisation et d’indépendance observées à travers le monde.

Dernière mise à jour
23/08/2017