Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Soudan du Sud

South Sudan by Albert Gonzalez Farran of Medair
© Albert Gonzalez Farran / Medair
Introduction

Depuis que la guerre civile a éclaté en 2013 au Soudan du Sud, les combats, les violences sexuelles et les atteintes graves aux droits de l’Homme se poursuivent sans relâche tandis que les restrictions imposées et l'insécurité entravent l'acheminement de l'aide humanitaire. Le conflit dans la plus jeune nation du monde entre dans sa cinquième année en 2018. Les alertes à la famine se succèdent depuis le début de 2017. Il s'agit d'une crise causée par l'homme qui, par effet de ricochet, affecte l’ensemble de la région. En effet, environ 2 millions de Sud-Soudanais ont trouvé refuge dans les pays voisins et on estime que 570 000 personnes supplémentaires fuiront le pays en 2018.

Quels sont les besoins ?

Le Soudan du Sud souffre, depuis des décennies, du conflit ainsi que de négligences, de la corruption et d’une mauvaise gestion. Les extrêmes violences combinées au déclin économique et à la détérioration de la sécurité alimentaire ont engendré une crise aux proportions sans précédent. Le non-respect du droit international humanitaire (DIH) par les belligérants est une préoccupation constante. Selon l'ONU, 7 millions de Sud-Soudanais (plus de la moitié de la population) auront besoin d'une aide humanitaire et d'une protection en 2018.

Le nombre de déplacés, tant dans le pays qu'en dehors de ses frontières, a dépassé les 4 millions. Le conflit a provoqué un exode massif d'environ 2 millions de personnes, principalement en Ouganda, au Kenya, en Éthiopie et au Soudan. Une famine localisée a été déclarée en février 2017 mais un énorme effort humanitaire a permis d’éviter que la situation ne se dégrade davantage. Cinq millions de personnes devraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire sévère au premier trimestre de 2018. C'est le nombre le plus élevé enregistré au cours de cette période depuis décembre 2013.

Les enfants sont prisonniers de la crise: au Soudan du Sud, 70 % d'entre eux ne sont pas scolarisés. On s'attend à ce que près de 1,1 million d'enfants de moins de cinq ans souffrent d'une malnutrition aiguë à l'issue fatale si aucun traitement ne leur est administré. Les soins de santé et d'éducation reviennent chers. De nombreux établissements de santé ont été pillés ou détruits. Seulement 22 % des installations sont pleinement opérationnelles (OCHA, 2018) et des efforts considérables ont dû être déployés pour contenir la plus longue épidémie de choléra jamais observée au Soudan du Sud, qui sévit depuis juin 2016.

Carte Sudan du Sud
En quoi consiste notre aide ?

Ensemble, l'Union européenne et ses États membres ont apporté plus de 43 % des fonds humanitaires dédiés au Soudan du Sud. Rien qu'en 2017, la Commission européenne a mobilisé € 248 millions pour faire face à la crise, dont € 122 millions sont allés aux partenaires opérationnels au Soudan du Sud tandis que € 126 millions ont financé l'assistance aux réfugiés dans les pays voisins.

L'Union européenne accorde un soutien prioritaire aux équipes de préparation et d'intervention d'urgence qui répondent aux nouvelles situations d'urgence dans tout le pays en fournissant à la population affectée une aide alimentaire, des services de dépistage et de vaccination ainsi qu'un accès à l'eau, à des installations sanitaires et aux abris d'urgence indispensables. Cette aide s'est avérée particulièrement importante dans les zones où la famine a été déclarée.

Sur les 1,9 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays, plus de 209 000 vivent autour des bases de maintien de la paix de l'ONU, dans des «sites de protection des civils». La majorité d'entre elles sont des femmes et des enfants qui ont cherché assistance et protection pendant les vagues successives de violence. L'Union européenne aide les organisations partenaires présentes sur ces sites à offrir à ces gens des services de base, de protection et de logement.

Consciente de l'urgence des cas de malnutrition signalés dans de nombreux pays et au vu des prévisions de l'UNICEF selon lesquelles 270 000 enfants devraient souffrir de malnutrition aiguë en 2018, l'Union européenne soutient les partenaires dans la mise en place de centres de nutrition à travers le pays où les enfants ainsi que les femmes enceintes et allaitantes pourront recevoir un traitement et des soins. Sans traitement, les enfants qui souffrent de malnutrition aiguë sévère courent un risque élevé de mourir. Comme les années précédentes, l'UE a largement contribué à l'effort humanitaire en 2017 qui a permis de vacciner 1,8 million d'enfants contre la rougeole, de traiter plus de 180 000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère et d'offrir à 300 000 enfants un accès à l'éducation.

Les conditions annonçant une famine persistent à travers le pays. L'Union européenne a aidé l'UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM) à intensifier l'aide alimentaire et les interventions nutritionnelles dans les zones difficiles à atteindre, en particulier Jonglei, le Haut-Nil et, plus récemment, les Équatorias. La Commission a également financé le stockage d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi.

Près de 2 millions de Sud-Soudanais ont fui le pays. L'Union européenne apporte son soutien aux réfugiés en leur fournissant une aide alimentaire, un abri, des soins de santé et de nutrition, une protection comprenant une assistance psychosociale, des services d'eau, d'assainissement et d'hygiène, ainsi qu'une éducation. Sur le nombre total de réfugiés dans la région, environ la moitié sont des enfants de moins de 18 ans. L'Union européenne finance des programmes de protection pour les mineurs non accompagnés et pour les femmes ayant été victimes de violences sexuelles et fondées sur le genre.

Dernière mise à jour
29/01/2018