Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Soudan du Sud

South Sudan by Albert Gonzalez Farran of Medair
© Albert Gonzalez Farran / Medair
Introduction

Depuis que la guerre civile a éclaté en 2013, les violences sexuelles et les atteintes graves aux droits de l’Homme se poursuivent sans relâche. En février 2017, l’ONU a déclaré la famine dans deux comtés du pays. La crise au Soudan du Sud est une crise de protection cause par l’homme, qui par effet de ricochet affecte l’ensemble de la région, où l’on compte plus de 2 millions de réfugiés. Les restrictions et violences entravent la livraison de l’aide humanitaire. Le Soudan du Sud est devenu l’un des endroits les plus dangereux au monde pour le personnel humanitaire et les civils.

Quels sont les besoins ?

Le Soudan du Sud souffre, depuis des décennies, du conflit ainsi que de négligences, de la corruption et d’une mauvaise gestion. En 2016, le conflit s’est répandu dans l’ensemble du pays. Les extrêmes violences combinées au déclin économique et à la détérioration de la sécurité alimentaire ont engendré une crise aux proportions sans précédent. L’examen à mi-parcours du Plan d’intervention humanitaire des Nations unies pour 2017 fait état de 7,6 millions de personnes nécessitant une assistance. Le nombre de déplacés, tant dans le pays qu’en dehors de ses frontières, s’élève à près de 4 millions. Le conflit a déclenché un exode massif, la plupart des réfugiés sud-soudanais se trouvant en Ouganda, au Kenya, en Éthiopie et au Soudan. Une famine localisée a été déclarée en février mais un énorme effort humanitaire a permis d’éviter que la situation ne se dégrade davantage. L’insécurité alimentaire demeure néanmoins très importante, 6 millions de personnes se trouvant en situation d’insécurité alimentaire sévère, et la malnutrition dépasse souvent les seuils d’urgence établis en la matière. Le manque d’accès à l’eau et aux installations sanitaires aggrave d’autant plus une situation déjà critique en termes de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Le secteur de la santé est à bout. Depuis décembre 2013, 106 établissements de santé ont été fermés, tandis que d’autres ont été victimes de pillages ou détruits. Une épidémie de choléra sévit dans le pays depuis décembre 2016, la plus longue et la plus mortelle que le pays ait jamais connue. Les violations du droit humanitaire international soulèvent d’importantes inquiétudes.

Carte Sudan du Sud
En quoi consiste notre aide ?

La Commission européenne figure parmi les plus importants bailleurs de fonds humanitaires pour l’ONU et ses partenaires non-gouvernementaux actifs au Soudan du Sud. Depuis 2013 jusqu’à aujourd’hui, la Commission a mobilisé plus de € 423 millions pour répondre à la dégradation de la situation de ce pays sur le plan humanitaire. Rien qu’en 2017, la Commission a investi € 192 millions dans une réponse à la crise alimentaire, nutritionnelle et sanitaire, ainsi que dans une aide aux réfugiés. De ce montant, € 122 millions ont été mis de côté pour les partenaires opérant sur le terrain au Soudan du Sud, et € 70 millions, pour les partenaires répondant à la crise des réfugiés dans les pays voisins. La Commission donne priorité, dans ses financements, aux équipes de préparation et de réponse aux crises, répondant à la crise humanitaire dans l’ensemble du pays, au travers d’une aide alimentaire, de dépistages des maladies, de vaccinations, de l’organisation d’un accès à l’eau et d’un assainissement, et de distributions d’articles non-alimentaires de première nécessité et d’abris d’urgence, au profit des communautés affectées. C’est particulièrement le cas pour les efforts de réponse menés dans les zones où une famine a été déclarée.

On compte plus de 212 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays et vivant sur les sites de protection des civils de l’ONU, 54 % d’entre elles étant des femmes et des enfants. La Commission aide ses organisations partenaires présentes sur ces sites, à organiser une protection et un logement pour ces gens.

Au vu des plus de 270 000 enfants diagnostiqués comme souffrant de malnutrition aiguë au Soudan du Sud, la Commission européenne s’est placée en tête de l’aide fournie aux partenaires présents dans ce pays pour créer des centres de nutrition ayant vocation à traiter ces enfants, de même que les femmes enceintes ou qui allaitent. Les enfants souffrant de malnutrition sévère courent un risque très élevé de mourir de leur état s’ils ne bénéficient pas rapidement d’un traitement. Jusqu’à présent, 116 000 enfants sévèrement malnutris ont été traités et ainsi pu être sauvés en 2017, grâce au soutien de la Commission européenne et d’autres donateurs.

Avec les fonds humanitaires qui leur ont été alloués par l’UE, l’UNICEF et le PAM, via leurs mécanismes intégrés de réponse rapide, ont pu renforcer leur aide alimentaire et leurs interventions nutritionnelles dans les zones difficiles d’accès où l’on enregistre les plus importants besoins, plus particulièrement à Jonglei, dans le Haut-Nil et récemment, dans les Équatorias. Les fonds de la Commission ont aussi permis de rendre disponibles et de pré-stocker les fournitures de traitement nutritionnel jugées nécessaires, en prévision de 2018.

Plus de 2 millions de Sud-Soudanais ont franchi les frontières de leur pays dans leur fuite, la moitié d’entre eux étant allés se réfugier en Ouganda. La Commission aide ces réfugiés au travers d’une aide alimentaire, d’une aide au logement, de soins de santé et nutritionnels, ainsi qu’en organisant des formations professionnelles et un enseignement pour les enfants et les jeunes. Du total de réfugiés que compte la région, 1,2 million (soit 63 % d’entre eux) sont des enfants (mineurs de moins de 18 ans). Une partie de ces enfants arrivent non-accompagnés dans les camps de réfugiés et requièrent une protection spéciale. La Commission finance des programmes de protection ciblant spécifiquement les mineurs non-accompagnés, qui sont déployés à l’intérieur des camps de réfugiés. Ces programmes s’adressent aussi aux femmes ayant été victimes de violences sexuelles et fondées sur le genre.

Dernière mise à jour
19/09/2017