Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Nigéria

© UE/Samuel Ochai
Introduction

En sept ans de conflit dans le nord-est du Nigéria, plus de 26 500 personnes ont été tuées et 1,9 million demeurent déplacées. Les hauts niveaux d’insécurité continuent d’entraver sérieusement l’accès humanitaire et l’acheminement de l’aide. Dans ces conditions, les besoins urgents demeurent largement non-satisfaits. En 2018, 7,7 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire. Dans les trois États les plus gravement affectés, il est estimé que 3 millions de personnes risquent l’insécurité alimentaire et que près de 940 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë, dont 440 000 de sa forme la plus grave.

Quels sont les besoins ?

Dans le pays le plus peuplé d’Afrique, plus de 60% de la population vit sous le seuil de pauvreté et n’a pas accès aux soins de santé, à l’éducation ou à l’eau potable. Depuis les débuts du conflit opposant le groupe armé Boko Haram à l’État en 2009, les violences ont fait des milliers de morts parmi les civils du nord-est du Nigéria et contraint des millions de personnes à fuir, ces personnes devenant dès lors des déplacés à l’intérieur du pays. Alors que certains ont pu trouver refuge chez des parents, la majorité des déplacés vivent dans des conditions précaires, dans des campements de fortune, et dépendent principalement de la charité des communautés locales et de l’aide des organisations humanitaires. Les affrontements continus ne font que gonfler le nombre de déplacés : on estime que plus de 160 000 personnes ont été contraintes au déplacement récemment (depuis octobre 2017). Rien qu’en juillet 2018, plus de 31 000 nouveaux arrivants ont été enregistrés, dont 67% en provenance de zones actuellement inaccessibles pour les organisations humanitaires.

Les taux élevés de malnutrition aiguë – bien au-delà des seuils d’urgence – et le niveau inquiétant de l’insécurité alimentaire demeurent des préoccupations humanitaires majeures. De surcroît, 823 000 personnes se trouvent encore dans des zones hors de portée des organisations humanitaires.

En outre, en raison des mauvaises conditions d’hygiène et sanitaires, le Nigéria doit régulièrement faire face à des épidémies, notamment de choléra, de fièvre de Lassa, de poliomyélite, de méningite et de rougeole.

Carte de Nigéria
En quoi consiste notre aide ?

L’Union européenne fournit une aide immédiate pour couvrir les besoins fondamentaux des déplacés, des populations qui les accueillent au Nigéria, et des réfugiés dans d’autres pays, également affectés par la crise dans le bassin du lac Tchad, à savoir le Tchad, le Niger et le Cameroun.

L’aide humanitaire finance des distributions alimentaires, en nature ou sous forme de transferts en espèces, ainsi que l’organisation de soins nutritionnels et médicaux vitaux dans les cliniques, d’un accès à l’eau potable, d’un assainissement, de mesures d’hygiène, de distributions d’articles de première nécessité, d’un logement et de mesures de protection.
Plusieurs projets éducatifs sont également financés par le biais de l’aide humanitaire de l’UE, pour permettre aux enfants de rester scolarisés, au cours de l’année scolaire et au-delà. Cette aide prend la forme de programmes d’apprentissage accélérés et d’espaces réservés aux enfants, où un soutien pédagogique et psychologique est proposé aux enfants pour les aider à se remettre des traumatismes vécus.
L’aide de l’UE contribue également à élargir l’accès aux populations dans le besoin, notamment au travers du financement du service humanitaire aérien des Nations unies, qui permet aux travailleurs humanitaires de rejoindre des zones reculées autrement inaccessibles. 

Depuis 2014, le service de l’Union européenne, chargé de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes a alloué plus de € 190 millions d’aide humanitaire au Nigéria. Les budgets annuels d’aide ont été revus à la hausse à plusieurs reprises au fil des années, à mesure de l’évolution des besoins. Rien qu’en 2018, un total de € 48,3 millions a été octroyé jusqu’ici au pays pour couvrir les besoins humanitaires fondamentaux.

L’aide humanitaire de l’UE a aussi permis de répondre à la pire épidémie de fièvre de Lassa jamais enregistrée au Nigéria, qui s’est étendue sur tout le premier semestre 2018, et d’apporter un soutien aux réfugiés camerounais arrivant dans le sud-est du Nigéria.

L’Union européenne défend l’établissement d’un accès humanitaire sécurisé et d’une présence opérationnelle renforcée des organisations humanitaires sur le terrain, de sorte que plus de gens puissent être aidés. L’UE souligne l’importance d’organiser une aide humanitaire qui soit conforme aux principes humanitaires fondamentaux et d’établir une coordination civilo-militaire qui fonctionne bien.
L’Union européenne a renforcé son aide humanitaire et au développement conjointe, et soutient des projets en ce sens dans les États de Borno et Yobé, qui combinent résultats à court et moyen terme. Ces projets ont pour objectif de renforcer la résilience et le rétablissement rapide des populations affectées par le conflit. Cette initiative lie aide d’urgence et efforts de développement à plus long terme et dispose d’un budget de € 253,5 millions, tirés de divers instruments financiers européens d’aide à court ou long terme.

Dernière mise à jour
30/08/2018