Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Kenya

Kenya by Bertha Wangari
© UE/ECHO/Bertha Wangari
Introduction

Après plusieurs mauvaises saisons des pluies consécutives, des millions de Kenyans affectés par la sécheresse ont besoin d’une aide humanitaire. Les camps situés au Kenya accueillent aussi environ 425 000 réfugiés issus de différents pays. Les rapatriements volontaires de réfugiés somaliens ont accéléré depuis que le Kenya a fait part de son intention de fermer le camp de Dadaab, et ce malgré la grave sécheresse qui affecte également la Somalie. La Commission européenne poursuit son aide de longue date en faveur des réfugiés au Kenya et soutient, au travers de programmes d’aide en espèces, les efforts de réponse d’urgence à la sécheresse.

Quels sont les besoins ?

La sécheresse au Kenya a affecté 5,6 millions de personnes, dont la moitié se trouve en situation de grave insécurité alimentaire. Les tarifs alimentaires demeurent très élevés dans le pays en raison des pluies inférieures à la moyenne et de la baisse de la production agricole. Tandis que les denrées alimentaires et l’eau sont devenues des produits coûteux dans les régions arides du nord du Kenya, les éleveurs sont contraints de vendre leurs animaux émaciés à bas prix ; cette situation rend le quotidien très difficile pour ces gens. La saison des pluies, s’étendant d’octobre à décembre, devrait soulager un peu le pays, avec des niveaux de précipitations normaux, voire élevés.

La situation est aggravée par le climat d’insécurité dans le nord du pays, où plusieurs attaques ont obstrué l’accès des populations locales aux services de base. À l’échelle nationale, quelque 369 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë, parmi lesquels 72 000 souffrent de sa forme la plus sévère et nécessitent un traitement vital. L’ONU et le gouvernement kenyan ont lancé deux appels en 2017 pour réunir de l’aide suite à la sécheresse. Entretemps, les épidémies de choléra demeurent un problème majeur en matière de santé publique : 5518 cas et 66 décès ont été signalés entre janvier et octobre 2017. Environ 34 000 réfugiés ont accepté d’être rapatriés en Somalie en 2017, en dépit de la sécheresse et des épidémies qui affectent aussi ce pays.

Carte Kenya
En quoi consiste notre aide ?

Au fil des ans, l’Union européenne a maintenu son soutien humanitaire pour les réfugiés au Kenya, tout en mettant l’accent sur un renforcement de la résilience des communautés des régions arides du nord du pays, ainsi que sur un renforcement capacitaire des autorités pour qu’elles soient mieux préparées aux situations de crise et puissent mieux y répondre.

Jusqu’ici en 2017, l’UE a déboursé € 23,8 millions de fonds humanitaires en faveur d’une aide alimentaire, de mesures de réponse à la sécheresse et de l’organisation de services de base pour les réfugiés. Dans les comtés les plus gravement touchés par la sécheresse, une aide d’urgence de € 11 millions a été fournie en matière d’alimentation et de nutrition, principalement sous forme de transferts en espèces. Des compléments alimentaires ont été donnés aux enfants de moins de cinq ans, ainsi qu’aux femmes enceintes ou qui allaitent, pour un apport supplémentaire en calories et micronutriments essentiels à leur développement et bonne santé.

Dans les camps de réfugiés de Kakuma et de Dadaab, le service de protection civile et d’aide humanitaire de la Commission européenne poursuit son soutien aux services vitaux, notamment en matière d’aide alimentaire, de soins de santé, de nutrition, d’accès à l’eau, d’hygiène, d’assainissement, de protection et d’éducation. Des fonds sont aussi alloués à l’enregistrement des nouveaux arrivants et au bon fonctionnement général des camps.

L’UE finance des coupons alimentaires électroniques remplaçant, pour partie, les rations alimentaires des réfugiés. Un programme baptisé Bamba Chakula (‘obtenez votre nourriture’ en swahili) a été déployé via le système populaire de transfert d’argent mobile, M-PESA. Ce programme offre la possibilité aux réfugiés de choisir les vivres qu’ils achètent et donc de diversifier leur alimentation tout en contribuant à l’économie locale.

Le soutien fourni par l’UE a permis de mettre en place des structures de santé dotées de services complets, y compris des services hospitaliers, au bénéfice des réfugiés et des populations locales qui les accueillent. Un approvisionnement en eau potable, la mise en place d’installations sanitaires et la promotion de bonnes pratiques en matière d’hygiène constituent des priorités vitales puisqu’elles permettent de prévenir les maladies et les problèmes de malnutrition chez les enfants. Des efforts sont menés pour sécuriser les camps, en particulier pour les enfants et les femmes, qui représentent 77% de la population totale des camps, au travers d’interventions de protection ancrées dans les communautés.

L’UE contribue également à l’éducation des jeunes réfugiés en proposant des options d’apprentissage alternatif ou amélioré dans les écoles des camps de Dadaab et de Kakuma. Un programme d’apprentissage accéléré a été conçu pour les jeunes et les adultes ayant été contraints d’interrompre leur cursus scolaire en raison du conflit.

Dernière mise à jour
15/11/2017