Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Corne de l'Afrique

Horn of Africa - Somalia by Concern Worldwide
© Concern Worldwide
Introduction

Les mauvaises saisons des pluies qui se sont succédé dans la région de la Corne de l’Afrique (principalement en Somalie, en Éthiopie et au Kenya) se sont soldées par de graves pénuries d’eau, de vivres et de pâturages. Certaines régions de la Somalie sont au bord de la famine et les pluies d’avril-mai n’y ont apporté qu’un modeste soulagement. L’UE a considérablement accru son aide, afin d’éviter une catastrophe similaire à la famine de 2011, qui avait fait 260 000 morts en Somalie. Les partenaires humanitaires organisent une aide alimentaire sous forme d’allocations en espèces, ainsi qu’un accès à l’eau et des soins de santé.

Quels sont les besoins ?

La sécheresse dans la Corne de l’Afrique intervient dans la foulée de conditions météorologiques erratiques causées par le phénomène El Niño en 2015-2016. Alors qu’elles ne se sont pas encore complètement remises de ces dernières, les communautés de divers secteurs de l’Éthiopie, du Kenya et de la Somalie ont dû essuyer de nouvelles pertes. De nombreuses familles ont non seulement perdu leurs ressources alimentaires, mais aussi leurs moyens de subsistance. En conséquence, des centaines de milliers de personnes sont forcées de partir à la recherche d’eau, de pâturages et d’aide. 

La sécurité alimentaire continue de se dégrader dans des régions difficiles d’accès en raison du conflit, ou là où l’aide humanitaire n’intervient pas en suffisance. Une infestation au légionnaire d’automne est également en train de détruire les récoltes en Éthiopie et au Kenya. En conséquence des importantes pertes de bétail, de nombreux enfants se retrouvent privés de lait, aliment riche en nutriments. La malnutrition aiguë chez les enfants a fortement augmenté et s’avère particulièrement dangereuse lorsqu’elle se combine à des cas de rougeole ou de maladies d’origine hydrique, comme la diarrhée ou le choléra. Les régions affectées par a la sécheresse sont effectivement aussi victimes d’une épidémie mortelle de choléra. Depuis début 2017, la Somalie et l’Éthiopie enregistrent respectivement 76 000 et 38 000 cas, outre les 2230 cas signalés au Kenya.

L’Éthiopie et le Kenya se classent dans le top 10 des pays accueillant le plus de réfugiés au monde. Ils accueillent en effet la majorité des 875 000 réfugiés somaliens dans des camps où ces derniers dépendent vastement de l’aide internationale. Des centaines de milliers de réfugiés sud-soudanais, érythréens et congolais sont également présents dans la région.

Carte Corne de l'Afrique
En quoi consiste notre aide ?

Rien qu’en 2016, la Commission européenne a débloqué plus de € 257 millions d’aide humanitaire, dont € 163 millions spécifiquement dédiés aux pays de la Corne de l’Afrique les plus affectés par El Niño. En 2017, jusqu’ici, € 285 millions d’aide ont été octroyés à l’ensemble de la région (Éthiopie, Djibouti, Kenya, Somalie et Ouganda), dont € 169 millions d’aide spécifiquement dédiés à l’organisation d’une réponse à la sécheresse.

Ces fonds humanitaires ont pour objectif d’aider ceux dont la vie est menacée par la sécheresse et le conflit, en leur livrant une aide alimentaire, sous forme d’espèces là où c’est possible, ou sinon sous forme de rations alimentaires, et en organisant une aide nutritionnelle, des soins de santé, un approvisionnement en eau potable, un assainissement, un hébergement, une aide de subsistance, une éducation et une protection. Au vu des millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays ou réfugiées dans d’autres pays, récemment ou de façon durable, l’organisation d’une aide vitale et d’une protection demeure une priorité humanitaire pour cette région.

En 2017, compte tenu de la gravité de la crise, le service de la Commission européenne chargé de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes a dû prioriser l’aide vitale pour répondre aux effets de la sécheresse aiguë, en organisant une aide alimentaire, un camionnage d’eau pour les communautés ne disposant plus d’aucune source d’eau potable et un traitement pour les enfants souffrant de malnutrition sévère. Fournir aide et protection aux populations déracinées, qu’il s’agisse de déplacés, réfugiés ou rapatriés, est une priorité. Au vu des quantités de personnes contraintes au déplacement dans la région de la Corne de l’Afrique, des efforts sont réalisés pour aider ces dernières à progressivement moins dépendre de l’aide et gagner en autonomie.

À travers l’ensemble de la région, les agences d’aide humanitaire et de développement de la Commission lient de plus en plus leurs efforts lorsque les situations d’urgence l’exigent, parce qu’elles deviennent durables (réfugiés) ou prévisibles (sécheresse et inondations récurrentes). Les acteurs humanitaires traditionnellement concernés par l’organisation de secours vitaux immédiats au profit de populations extrêmement vulnérables s’avèrent détenir des informations utiles pour la conception de stratégies à plus long terme, concernant la réponse aux causes des crises et le renforcement de la résilience des populations, par exemple. De leur côté, les partenaires du développement sont mieux à même de tenir compte des besoins récurrents des groupes les plus vulnérables, comme les réfugiés et déplacés, et d’ainsi les aider à gagner en indépendance et autonomie vis-à-vis de l’aide humanitaire.

Malgré la sécheresse, les rapatriements sur base volontaire de réfugiés somaliens depuis le Kenya se sont poursuivis ces derniers mois. Plus de 70 000 réfugiés ont été ainsi rapatriés depuis 2014. L’UE considère que tout rapatriement doit se faire sur une base volontaire, de façon informée et sécurisée, et dans le respect de la dignité des personnes.

Dernière mise à jour
15/09/2017