Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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République centrafricaine

CAR by Pablo Tosco
© Pablo Tosco / Oxfam Intermón
Introduction

Plus de trois ans après l’éclatement de la crise en décembre 2013, la situation en République centrafricaine (RCA) demeure extrêmement grave sur le plan humanitaire. Au-delà des besoins existants en matière de relèvement, les besoins humanitaires persistent et ont même augmenté depuis la recrudescence des violences début 2017. L’insécurité due aux affrontements entre groupes armés entrave l’Les contraintes imposées en matière d’accessibilité entravent l’organisation d’une aide efficace pour les personnes dans le besoin. La RCA est le  pays le plus dangereux au monde pour les humanitaires après la Syrie.

Quels sont les besoins ?

Environ 2,4 millions de personnes –la moitié de la population totale du pays – ont besoin d’une aide humanitaire. Quelque 2,1 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire.

Le système de santé déjà exsangue avant le conflit s’est effondré en raison des violences généralisées, des destructions et pillages d’infrastructures publiques. Moins de 35% de la population a accès à l’eau potable. Sur les sites de personnes déplacées il y a un manque d’infrastructures d’hygiène et d’assainissement. Fournir des abris d’urgence et distribuer des matériaux et outils de construction de base demeurent une priorité.

Les ressources nationales pour aider les populations affectées sont très limitées. La RCA doit compter sur les organisations humanitaires internationales pour mettre en place la majeure partie des services de base à travers le pays. Toutefois, les activités de secours se déroulent dans des conditions d’insécurité qui limitent le déploiement de l’aide. L’accès difficiles aux zones les plus affectées par les dernières violences telles que Zemio, Gambo, Bangassou ou Alindao et les attaques répétées contre les humanitaires a eu pour conséquence une suspension temporaire de l’aide. La protection physique des civils est un défi majeur et la force des Nations unies (MINUSCA) peine à s’interposer face aux groupes armés.

Les débordements de cette crise sur les pays voisins (en particulier au Tchad et  au Cameroun) restent importants. Les besoins des réfugiés dans ces pays doivent être adressés de façon adaptée. Le conflit en RCA continue de faire des milliers de déplacés internes et des réfugiés dans les pays voisins notamment au Cameroun (275 000) et en RDC (100 000).

RCA
En quoi consiste notre aide ?

Avec une contribution de plus de € 395 millions depuis 2014, l’Union européenne et ses États membres constituent le premier bailleur de fonds humanitaires en RCA. La Commission européenne a investi € 129 millions d’aide humanitaire dans ce pays depuis décembre 2013. A cela s’ajoute plus de € 83 millions d’aide consacrés aux réfugiés centrafricains dans les pays voisins. L’aide humanitaire de la Commission européenne cible principalement les besoins en matière de santé/nutrition, d’assistance alimentaire, d’abris d’urgence, d’eau potable et de protection. Les secours d’urgence se concentrent principalement sur les populations déplacées, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des sites de PDI. L’UE finance des projets humanitaires pour un accès gratuit à des soins de santé primaires de qualité, notamment via des cliniques mobiles. Les projets visant à améliorer la protection des civils bénéficient aussi de financements, notamment les projets de veille des incidents, de soutien médical, psychosocial et légal en faveur des victimes, ainsi que les actions assurant un environnement protecteur pour les enfants.

La distribution de vivres aux populations déplacées et populations hôtes constitue une des priorités de la Commission. Celle-ci peut se faire sous la forme d'une aide en nature. Là où les marchés et la sécurité le permettent, des transferts d'argent aux populations les plus vulnérables peuvent être une solution utile.  En outre, l’aide humanitaire de l’UE soutient des actions combinées d’approvisionnement en eau potable, de rétablissement des installations sanitaires et de promotion des bonnes mesures d’hygiène. Dans les camps de PDI surpeuplés, ce genre d’actions est crucial pour éviter l’éventuelle apparition de maladies voire d’épidémies. Des abris d’urgence et des articles non-alimentaires, comme des couvertures et des moustiquaires, sont  mis à disposition des populations. En 2017, la Commission européenne soutient les services d’appui aux opérations. De la coordination (OCHA et le CCO/coordination des OING) au transport aérien (UNHAS) jusqu’au service d’analyse de contexte et de la sécurité (INSO). Ces services sont indispensables pour rendre l’aide humanitaire effective dans un pays immense, déstabilisé par un long conflit, et où les zones prioritaires de l’aide ne sont atteignables que par voie aérienne.

Dernière mise à jour
12/09/2017