Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Cameroun

Cameroon CAR refugees by Dominque Catton
© ECHO / Dominique Catton
Introduction

La crise dans le bassin du lac Tchad est devenue l’une des crises africaines les plus graves et le Cameroun figure parmi les quatre pays affectés. Depuis 2015, on observe une croissance spectaculaire du nombre de réfugiés nigérians ayant traversé la région du Grand Nord pour fuir les violences perpétrées par Boko Haram, ce nombre atteignant désormais les 76 500 personnes. Les attaques du groupe armé ont entraîné le déplacement de quelque 220 000 Camerounais. En outre, le Cameroun accueille la plus vaste population de réfugiés centrafricains. Et certaines régions enregistrent des taux alarmants d’insécurité alimentaire et de malnutrition.

Quels sont les besoins ?

Le Cameroun est affecté par une triple crise humanitaire : les conflits armés au Nigéria et en République centrafricaine (RCA) ont entraîné un afflux massif de réfugiés dans des régions déjà chroniquement fragiles. Dans le Grand Nord, le camp de réfugiés Minawao accueille actuellement plus de 58 000 réfugiés nigérians. Près de 35 000 réfugiés non-enregistrés vivent hors du camp, sans aucune protection. En outre, le nombre total de réfugiés centrafricains dans l’est du Cameroun atteint actuellement les 212 500 personnes. La plupart des réfugiés ne disposent d’aucun revenu et dépendent toujours complètement de l’aide humanitaire pour couvrir leurs besoins de base. L’afflux de réfugiés impacte fortement les communautés qui les accueillent, ces dernières étant obligées de partager des ressources déjà limitées.

La situation est inquiétante sur le plan alimentaire et nutritionnel, en particulier dans la région du Grand Nord, ce qui accentue encore l’impact des déplacements de population. L’Évaluation de l’urgence de l’insécurité alimentaire réalisée en octobre 2016 par le Programme alimentaire mondial indique que 23 ,8 % des ménages souffrent de l’insécurité alimentaire dans quatre régions du Cameroun affectées par les crises. Quelque 2,4 millions de personnes sont sujettes à l’insécurité alimentaire, et 1,5 million d’entre elles se trouvent dans la région du Grand Nord. Dans certaines zones de cette région reculée du pays, les taux de malnutrition aiguë sévère (MAS) dépassent le seuil d’urgence de 2 %.

Carte Cameroun
En quoi consiste notre aide ?

Depuis 2013, l’UE a alloué un total de € 80,7 millions d’aide humanitaire au Cameroun. Ces deux dernières années, le service de la Commission européenne pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes a augmenté son aide de façon substantielle pour répondre à la croissance des besoins. En 2017, € 19 millions ont été débloqués pour fournir une aide vitale à la région du Grand Nord ainsi qu’à l’est du Cameroun.

Ces fonds permettent de maintenir la réponse humanitaire organisée en faveur des réfugiés nigérians et centrafricains, ainsi qu’en faveur des déplacés et des communautés vulnérables qui les accueillent. Les principaux secteurs d’action sont le logement, l’alimentation, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, les soins de santé primaires, l’aide de subsistance, la protection et l’éducation en contexte d’urgence. En outre, l’insécurité alimentaire aiguë et la dénutrition dont sont victimes les populations les plus vulnérables doivent également être adressées.

Dans la région du Grand Nord, il est nécessaire d’adapter les anciens programmes de nutrition, axés sur la prévention, pour qu’ils puissent également répondre à l’actuelle urgence nutritionnelle. Des mesures de prévention et de traitement de la malnutrition aiguë sont également financés par la Commission européenne. Quelque 300 000 personnes bénéficient d’une aide alimentaire, sous la forme de transferts d’argent ou de rations alimentaires.

Au fur et à mesure que la crise s’éternise, il demeure toujours tout aussi crucial d’organiser une aide humanitaire mais il faut la combiner à des stratégies de réponse plus durables, afin de renforcer les capacités de subsistance et le processus d’autonomisation des réfugiés - c’est-à-dire leur permettre d’accéder à un revenu pour qu’ils dépendent moins de l’aide humanitaire – ainsi que réduire les possibilités de tensions entre communautés locales. En parallèle, la création de liens adaptés entre activités humanitaires et de développement revêt une importance primordiale si l’on veut renforcer la résilience des populations.

Pour améliorer l’accès humanitaire dans les zones du Grand Nord qui accueillent le plus de déplacés et où très peu d’organisations humanitaires sont encore présentes sur le terrain en raison de l’insécurité, la Commission contribue également financièrement au service humanitaire aérien des Nations unies (UNHAS), qui assure un pont aérien vers Yaoundé, Maroua et Ndjamena.

Dernière mise à jour
12/09/2017