Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Burkina Faso

Burkina Faso nutrition by STC
©EJohansson SaveTheChildren
Introduction

Le Burkina Faso compte parmi les 10 pays les plus pauvres du monde. Ce pays est situé au cœur de la région du Sahel. En 2018, la région a connu une aggravation de la crise alimentaire en raison de pluies irrégulières, de l’insécurité et des prix élevés des denrées alimentaires. Au Burkina Faso, le nombre de personnes ayant besoin de nourriture a presque quadruplé en 2018 par rapport à l’année précédente. La sécurité dans le nord et l’est du pays se détériore rapidement. Le nombre de personnes déplacées dans leur propre pays est passé de 4 000 à 41 000 en moins d’un an.

Quels sont les besoins ?

La moitié de la population vit dans une extrême pauvreté, avec un accès limité à la santé et aux services sociaux de base. La majorité des habitants dépendent de l’agriculture de subsistance, qui est facilement touchée par la sécheresse. La période la plus difficile se situe entre juin et septembre, lorsque les réserves alimentaires de la précédente récolte sont épuisées et que la récolte de la saison suivante n’est pas encore prête; c’est ce que l’on appelle la «période de soudure».

En 2018, la période de soudure a commencé plus tôt et a été sévère. Le nombre estimé de personnes ayant besoin d’une aide d’urgence est passé de 257 000 en 2017 à 954 000 en 2018.

Conjugué à un débordement du conflit malien et à la montée en puissance des groupes armés non étatiques au Burkina Faso, la sécurité dans les régions dans le nord et l’est du pays devient de plus en plus précaire. La situation générale se détériore rapidement, avec une augmentation de la violence, de l’utilisation d’engins explosifs improvisés et des attaques armées (y compris contre les ambulances). L’insécurité est à l’origine de déplacements massifs de populations. Le nombre de personnes déplacées dans leur propre pays s’est multiplié par dix en 12 mois. Dans cette même région, 24 000 réfugiés maliens sont présents. En outre, l’insécurité rend très difficile l’acheminement de l’aide humanitaire.

Carte Burkina Faso
En quoi consiste notre aide ?

Depuis 2007, l’Union européenne a alloué plus de 165 millions d’euros d’aide humanitaire au Burkina Faso, avec 16.1 millions d’euros en 2018. Les opérations de la Direction générale pour la protection civile et les opérations d'aide humanitaire européennes de la Commission européenne (DG ECHO) s’articulent autour de trois priorités: la fourniture d’une aide humanitaire, d’une protection et de services de base aux réfugiés, aux personnes déplacées dans leur propre pays et aux populations d’accueil touchées par les conflits armés en cours. La deuxième priorité est de face à la crise alimentaire et nutritionnelle; et la troisième est de renforcer les capacités des organisations locales à se préparer aux situations d’urgence et à y réagir.

L’aide humanitaire de l’UE finance la fourniture de denrées alimentaires d’urgence au cours de la période la plus cruciale de l’année (la ‘période de soudure’). L’Union européenne joue un rôle essentiel en veillant à ce que les enfants souffrant de malnutrition grave reçoivent gratuitement les soins nutritionnels dont ils ont besoin. Les fonds de l’UE fournissent la nourriture thérapeutique et d’autres médicaments essentiels. L’UE contribue au traitement de 187 000 enfants de moins de 5 ans. En 2018, l’aide humanitaire de l’UE a également fourni des fonds en réponse à de graves pénuries d’eau, qui ont laissé de nombreuses familles qui dépendent du bétail pour survivre dans une situation difficile.

L’aide arrive également aux réfugiés maliens et à la population burkinabé dans les régions limitrophes du Mali, en particulier l’aide alimentaire et les soins nutritionnels. Un soutien en matière de santé mentale est fourni pour aider les personnes à surmonter les traumatismes vécus. L’éducation est un autre domaine dans lequel l’UE a accru son soutien pour garantir un meilleur accès à l’éducation dans un environnement où les écoles sont fermées et où les enseignants et les étudiants sont confrontés à des menaces de la part de groupes armés.

En 2018, un nouveau programme de réduction des risques de catastrophe a été lancé pour la région du Nord. L’objectif est d’améliorer la préparation aux risques pour la santé et de mettre en œuvre un mécanisme efficace d’alerte et de réaction rapide.

En vue de renforcer la résilience des populations et de mettre un terme au cercle sans fin des crises alimentaires, la Commission progresse en matière de création de liens entre aide humanitaire d’urgence et aide au développement. La communauté internationale des bailleurs de fonds doit soutenir l’intégration de mesures de renforcement de la résilience, comme les filets de sécurité sociaux ou la gratuité des soins de santé, dans les programmes de protection sociale pour les plus vulnérables. La Commission aura été une réelle force motrice pour la création de l’Alliance globale pour l’initiative résilience (AGIR), qui rassemble 17 pays d’Afrique de l’Ouest, des bailleurs de fonds et la communauté de l’aide, autour d’un objectif commun d’éradication de la faim dans le monde d’ici 2032.

Dernière mise à jour
18/12/2018