Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

Service tools

Burkina Faso

Burkina Faso nutrition by STC
©EJohansson SaveTheChildren
Introduction

Situé au cœur de la région du Sahel, le Burkina Faso se classe parmi les dix pays les plus pauvres au monde. Connaissant une croissance démographique galopante et 80% de ses 20,2 millions d’habitants étant dépendants d’une agriculture de subsistance sensible à la sécheresse, de plus en plus de familles ne parviennent plus à se protéger de la faim, de la malnutrition et des maladies graves, tandis qu’au moins 187 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère. Les périodes de soudure, s’étendant habituellement de juin à août, sont difficiles et donnent lieu à des problèmes d’insécurité alimentaire et de malnutrition.

Quels sont les besoins ?

La moitié de la population burkinabé vit dans l’extrême pauvreté, disposant d’un accès limité aux services de santé et autres services de base. L’insécurité alimentaire structurelle que connaît le Burkina Faso est exacerbée par l’endettement récurrent des familles vulnérables. Le prix élevé des céréales et les récoltes en demi-teinte qui suivent généralement les mauvaises pluies renforcent les facteurs de risque pour 2018. On s’attend à ce que le pays connaisse une période de soudure (période entre les récoltes) trop précoce et sévère, qui devrait affecter le bétail des familles d’éleveurs et avoir un impact sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle de ces dernières.

Le Cadre harmonisé, outil régional d’évaluation des besoins des populations vulnérables, prévoit une augmentation de plus du double du nombre de personnes qui auront besoin d’une aide d’urgence entre juin et août, ce nombre devant a priori passer de 257 000 (2017) à 620 394 personnes en 2018. D’après l’enquête SMART menée en 2017 dans la région du Sahel, le taux de prévalence de la malnutrition aiguë sévère y est de 4,1%, tandis que ce même taux pour l’ensemble du pays se situe à 2%, dépassant le seuil d’urgence international.

La situation sur le plan sécuritaire dans le nord du pays, région frontalière avec le Mali actuellement déchiré par le conflit, perturbe également les activités de subsistance des ménages, ainsi que la stabilité de la région en matière de sécurité alimentaire. Les autorités officielles estiment à près de 13 671 le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays, tandis que, dans le même temps, la région accueille 24 000 réfugiés provenant du Mali.

Carte Burkina Faso
En quoi consiste notre aide ?

Depuis 2007, l’Union européenne a alloué plus de € 200 millions d’aide humanitaire au Burkina Faso, dont € 11,095 millions en 2018. Le service de la Commission européenne chargée de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes maintiendra son aide alimentaire et nutritionnelle dans le pays et fournira également une aide aux réfugiés maliens. En outre, un nouveau programme de réduction des risques de catastrophe a été lancé pour la région de l’est et le Sahel.

Les trois priorités de la Commission européenne en matière de réponse aux crises en 2017 étaient l’organisation d’une aide humanitaire, d’une protection et de services de base pour les populations affectées par le conflit armé en cours ; un focus sur les crises alimentaires et nutritionnelles ; et un renforcement capacitaire des zones à haut risque en matière de préparation et de réponse aux crises.

Les transferts en espèces, l’aide alimentaire et les soins santé subsidiés, qui permettent un dépistage et une prise en charge précoces de la malnutrition et autres maladies, ont permis de substantiellement réduire la vulnérabilité des familles concernées. La Commission européenne et ses partenaires continuent de plaider en faveur d’une intégration de ces types d’interventions dans les politiques et priorités du gouvernement, l’objectif étant de faire baisser les taux élevés de mortalité maternelle et infantile et de renforcer la résilience des populations face aux futures crises.

En vue de renforcer la résilience des populations et de mettre un terme au cercle sans fin des crises alimentaires, la Commission progresse en matière de création de liens entre aide humanitaire d’urgence et aide au développement. La communauté internationale des bailleurs de fonds doit soutenir l’intégration de mesures de renforcement de la résilience, comme les filets de sécurité sociaux ou la gratuité des soins de santé, dans les programmes de protection sociale pour les plus vulnérables. La Commission aura été une réelle force motrice pour la création de l’Alliance globale pour l’initiative résilience (AGIR), qui rassemble 17 pays d’Afrique de l’Ouest, des bailleurs de fonds et la communauté de l’aide, autour d’un objectif commun d’éradication de la faim dans le monde d’ici 2032.

Dernière mise à jour
22/02/2018