Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Lutte contre la malnutrition

Un spécialiste en nutrition mesure le bras d’un enfant souffrant de malnutrition sévère au service de traitement de la malnutrition de l’hôpital Al Shabbab à Juba au Soudan du Sud. Une famine a été déclarée dans certaines régions du Soudan du Sud en février 2017. Photo : UNICEF/Albert Gonzalez Farran

Pourquoi est-ce important?

La dénutrition a des conséquences dévastatrices pour la survie et le développement des enfants à l’échelle mondiale : près de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans sont causés par la dénutrition. Les enfants souffrant de malnutrition sont plus susceptibles de tomber malades car leur système immunitaire ne se développe pas correctement et ne peut donc pas les protéger contre les maladies et infections. Ne pas traiter la dénutrition nuit à l’efficacité des efforts menés pour lutter contre d’autres maladies, comme la malaria, la diarrhée et les pneumonies. Ça engendre aussi des altérations irréversibles au niveau de la croissance et du développement cognitif de centaines de millions d’enfants.

À l’échelle mondiale, on estime à 51 millions le nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant de dénutrition aiguë et de cachexie. La cachexie fait référence à un enfant trop maigre pour sa taille. La cachexie, ou malnutrition aiguë, est le résultat d’une perte rapide de poids ou d’une insuffisance pondérale chronique. Un enfant souffrant de cachexie, dans sa forme modérée ou sévère, court un risque accru de décès, mais un traitement est possible.

Plusieurs facteurs existent pouvant entraîner la cachexie. Ces derniers sont souvent concomitants : une consommation alimentaire trop faible, de mauvaises pratiques de soin et un assainissement inadapté, ou encore un mauvais accès aux soins de santé. Bien qu’on puisse les constater dans divers contextes et qu’ils soient souvent liés à des niveaux de pauvreté élevés, ces facteurs sont renforcés par les crises humanitaires, au cours desquelles l’accès aux services et aux marchés est perturbé.

En quoi consiste notre aide ?

Traitement

La dénutrition aiguë sévère est fatale mais curable. Depuis l’adoption en 2006 d’une méthode communautaire de gestion de la malnutrition (CMAM) par l’UNICEF, l’OMS et le PAM, des protocoles nationaux ont été adoptés dans plusieurs pays en développement. Néanmoins, leur implémentation demeure inégale en raison de ressources limitées. Lorsqu’une crise frappe et que la prévalence de la dénutrition aiguë dépasse le seuil d’urgence, la Commission européenne et ses partenaires interviennent et soutiennent la mise en œuvre de programmes de nutrition, soit par une implémentation directe dans les cas d’urgence complexes, soit au moyen d’une approche axée sur la résilience et le renforcement des systèmes en place.

Les fonds consacrés par l’UE à des programmes de nutrition ont augmenté de façon significative au cours des dix dernières années, atteignant les € 130 millions en 2016. Cet argent finance la majeure partie des produits alimentaires spécialisés (aliments thérapeutiques prêts à l’emploi) utilisés dans le traitement de la malnutrition aiguë sévère. L’expertise interne en matière de nutrition a également été renforcée ces dernières années : des experts thématiques régionaux dans six bureaux régionaux de soutien, un expert mondial dédié, un groupe de travail sur la nutrition. Tous contribuent à garantir que la dénutrition reste au cœur de l’agenda de la Commission européenne et que des moyens suffisants soient consacrés à une programmation nutritionnelle qualitative.

Prévention

Dans le cadre de son approche axée sur la résilience, la Commission s’assure aussi d’accorder une place de choix à la nutrition dans sa programmation, afin de maximiser l’impact nutritionnel de ses opérations humanitaires et de renforcer le lien entre programmes humanitaires et programmes de développement. L’objectif ultime est de répondre durablement aux facteurs sous-jacents de la dénutrition. On peut citer comme exemples de stratégies préventives la création d’un accès à l’eau potable et à des installations sanitaires pour les communautés affectées, la gratuité des soins pour les enfants et les femmes enceintes ou qui allaitent, et une aide à la restauration des moyens de subsistance pour les ménages affaiblis après une catastrophe.

Les services humanitaires et d’aide au développement de la Commission européenne collaborent étroitement en vue de garantir la cohérence de leurs opérations dans le domaine de la nutrition.

Innovation

En 2016, moins de 20% des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont bénéficié de soins adaptés. Parallèlement à ses efforts de plaidoyer en faveur de plus de ressources et pour sensibiliser l’opinion à l’ampleur et aux conséquences de la dénutrition, la Commission européenne et ses partenaires ont mis au point et implémenté un agenda technique. Des approches innovantes et des travaux de recherche au niveau opératoire cherchent comment optimiser les performances et la rentabilité des protocoles de traitement, et comment identifier des stratégies à l’efficacité prouvée en matière de prévention.

Dernière mise à jour
04/04/2017