Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Déplacements forcés: réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (PDI)

Refugees by Peter Biko
© European Union/ECHO/Peter Biro

Number of refugees and internally displaced end 2015

Chaque année, des millions de personnes sont contraintes de partir de chez elles et chercher refuge ailleurs pour se mettre à l’abri de conflits, de violences, de violations des droits de l’Homme, de persécutions, ou encore de catastrophes naturelles. Le nombre de personnes contraintes au déplacement dans le monde a continué d’augmenter tout au long de 2017, appelant à un renforcement de l’aide humanitaire mondiale. Près de 85% des personnes déplacées dans le monde trouvent refuge dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Fin 2017, 68,5 millions de personnes avaient besoin d’une protection ou assistance en conséquence de leur déplacement forcé, d’après le HCR, l’Agence de l’ONU pour les réfugiés. Ce nombre équivaut à dire qu’une nouvelle personne est déplacée toutes les deux secondes dans le monde. Les populations contraintes au déplacement comprennent les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (PDI) et les demandeurs d’asile. À l’échelle mondiale en 2017, 40 millions de personnes ont été contraintes au déplacement à l’intérieur de leur pays en raison de conflits ou de persécutions, tandis qu’on comptait 25,4 millions de réfugiés et 3,1 millions de demandeurs d’asile. La plupart des réfugiés de nos jours vivent en zone urbaine (58%) et non dans des camps ou en zone rurale. Sur l’ensemble des réfugiés dans le monde, 52% sont des enfants (âgés de moins de 18 ans) – soit la plus grande proportion de ces dix dernières années – et nombre d’entre eux sont non-accompagnés ou ont été séparés de leurs familles (source : HCR, Rapport sur les tendances mondiales, 2017).

La Turquie demeure le premier pays d’accueil de réfugiés au monde. En effet, elle compte sur son territoire une population de 3,5 millions de réfugiés, des Syriens pour la plupart. Quant au Liban, c’est le pays qui accueille le plus de réfugiés par habitant au monde.

Chaque année, le 20 juin est consacré à la Journée mondiale des réfugiés. C’est l’occasion d’attirer une nouvelle fois l’attention sur la détresse de toutes ces personnes contraintes de vivre loin de chez elles. L’assemblée générale de l’ONU a lancé la Journée mondiale des réfugiés en 2001, à l’occasion du 50e anniversaire de la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés.

2018 marque le 20e anniversaire des Principes directeurs relatifs aux déplacements internes de population. Il s’agit d’un ensemble de normes définissant les droits et garanties nécessaires pour assister et protéger les PDI depuis leur déplacement forcé jusqu’à la résolution durable de leur situation, ainsi que tout au long de leur période de déplacement. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un instrument juridique contraignant, ces principes ont acquis une autorité considérable depuis leur adoption par l’ONU en 1998. L’UE soutient fermement les Principes directeurs relatifs aux déplacements internes de population et encourage de façon systématique leur inclusion dans le droit international et national.

Trouver des solutions durables aux déplacements forcés est un réel défi. Le rapatriement volontaire vers le pays d’origine est la solution préférée sur le long terme pour les réfugiés, mais le peu de solutions politiques trouvées aux conflits rend cette solution impossible pour beaucoup d’entre eux. Les déplacements forcés ne sont plus un phénomène temporaire. Les réfugiés vivent en moyenne déplacés pendant 20 ans et pour 90% des PDI, on en est à plus de 10 ans en moyenne.

Les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays sont aussi confrontées à des difficultés en matière de protection et d’accès au logement, à l’alimentation et à d’autres services de base. Tant les réfugiés que les PDI vivant en zone urbaine doivent composer au quotidien avec des problèmes de pauvreté, un manque de soutien psychosocial, et des difficultés pour régulariser leur statut.

Une approche axée sur le développement pour répondre au phénomène des déplacements forcés

En avril 2016, la Commission européenne a adopté sa communication ‘Vivre dans la dignité : de la dépendance à l’aide à l’autonomisation. Déplacements forcés et développement’, qui présente une approche innovante, axée sur le développement, pour répondre au phénomène des déplacements forcés. L’UE a pour objectif de renforcer la résilience et l’autonomie des personnes déplacées et des communautés qui les accueillent. Elle met l’accent sur une collaboration avec les gouvernements des pays d’accueil, à l’échelle tant nationale que locale, en vue de favoriser l’inclusion socioéconomique graduelle des réfugiés et PDI dans leur société d’accueil. Cette nouvelle approche vise à capitaliser sur les capacités productives des réfugiés et PDI en aidant ces derniers à accéder à des formations, un logement, un terrain, des moyens de subsistance et différents services.

Réponse humanitaire de l’Union européenne

Emergency REsponse Coordination Centre - ECHO Daily Map - Number of refugees or people in refugee like situation by host country

En 2017, le service de la Commission européenne chargé de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes a consacré plus de € 2 milliards, soit 90% de son budget annuel, à des projets d’aide aux personnes déplacées et aux communautés qui les accueillent, dans 49 pays différents (les 5 principaux pays étant la Turquie, la Grèce, la Syrie, la Somalie et le Liban). Cette contribution permet de :

  • répondre aux besoins les plus urgents de ces populations extrêmement vulnérables
  • protéger et soutenir les personnes déplacées au cours de leur déplacement et lors de leur retour chez elles
  • renforcer l’autonomie des personnes déplacées et réduire leur dépendance à l’aide

L’aide consacrée par la Commission aux populations contraintes au déplacement fait la différence dans la vie de nombre de gens, notamment les réfugiés syriens en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak et en Grèce, les réfugiés afghans en Iran et au Pakistan, les réfugiés somaliens au Kenya, les réfugiés congolais dans la région des Grands Lacs, les réfugiés palestiniens, les réfugiés birmans en Thaïlande, les réfugiés rohingyas au Bangladesh, les réfugiés sahraouis en Algérie. Les PDI vulnérables sont tout autant ciblés par l’aide de la Commission, notamment en Syrie, en Colombie, au Soudan du Sud, en Irak et au Yémen.

La Commission alloue son soutien financier pour les cas de déplacements forcés aux organisations s’occupant des réfugiés, PDI et autres migrants vulnérables, ainsi que dans certains cas, des communautés qui accueillent ces populations. Ses principaux partenaires sont le HCR, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et des organisations non-gouvernementales (ONG).

Enfin, la Commission européenne joue un important rôle en matière de plaidoyer et de facilitation de solutions durables pour les réfugiés et PDI, en particulier en ce qui concerne le droit de ces derniers à rentrer dans leur pays d’origine. L’UE reconnaît que les besoins des réfugiés et PDI exige une réponse humanitaire ciblée combinée à une aide au développement durable. Aux côtés de ses partenaires, l’UE défend également une pleine reconnaissance de la valeur ajoutée que les populations déplacées peuvent avoir pour les économies locales et nationales de par les opportunités et avantages qu’elles sont susceptibles de créer.

 
Dernière mise à jour
21/06/2018