La préparation aux catastrophes permet de sauver des vies, de remettre les victimes sur pieds plus rapidement et de réduire le risque de nouveaux désastres. Elle montre que nous sommes loin d'être désarmés face aux catastrophes naturelles.

Chaque année, des millions de personnes sont affectées par des sécheresses, des inondations, des glissements de terrain, des cyclones, des tremblements de terre, des tsunamis et d'autres risques environnementaux. L'augmentation de la densité de population, la poussée des mégalopoles, la dégradation environnementale et l'impact du changement climatique conjugués à la pauvreté rendent plus grave l'impact de ces risques. Au cours de ces dernières années, les catastrophes naturelles ont lourdement frappé de nombreuses régions dans le monde, du tsunami dans l'océan Indien aux tremblements de terre en Iran et en Asie du Sud, en passant par les ouragans en Birmanie, dans les Caraïbes et le Pacifique, les pluies torrentielles, coulées de boue et glissements de terrain dans diverses parties d'Asie et d'Amérique latine ou les éruptions volcaniques. Des centaines de milliers de personnes ont perdu la vie et des millions d'autres ont perdu leurs moyens de subsistance à cause de catastrophes naturelles. Des maisons, du bétail et des investissements représentant des milliards d'euros sont perdus chaque année dans ces crises.
On estime que 97% des décès liés aux catastrophes naturelles surviennent dans les pays en développement. Ces pays paient le plus lourd tribut en termes de pertes de moyens de subsistance. De plus, ce sont souvent les populations les plus pauvres qui sont les plus touchées parce qu'elles ont tendance à vivre en plus grand nombre dans des logements mal construits sur des terres exposées. Elles ont peu de moyens pour faire face aux risques auxquels elles sont exposées.
La plupart des catastrophes naturelles sont des événements soudains qui prennent les gens par surprise. Même s'il est difficile de prévenir les risques, il est possible de limiter l'impact des catastrophes grâce à la préparation des populations et à l'investissement dans des mécanismes de réponses efficaces aux niveaux local, régional et national.
Le service d'Aide Humanitaire et de Protection Civile de la Commission européenne (ECHO) apporte une aide rapide et effective aux victimes de crises humanitaires en dehors de l'Union européenne. En moyenne, 16% de l'aide humanitaire d'ECHO sert à répondre aux crises soudaines provoquées par les catastrophes naturelles. Le mandat d'ECHO prend clairement en compte l'importance de la préparation aux catastrophes tel que rappelée dans le consensus européen sur l'aide humanitaire adopté en 2007. En 1996, ECHO a lancé un programme spécifique DIPECHO (Disaster Preparedness ECHO), consacré exclusivement à la préparation aux catastrophes. Celle-ci a également une place centrale dans les 23 principes du Good Humanitarian Donorship signé en 2003, à Stockholm, par les principaux donateurs humanitaires, dont ECHO.
Le mandat confié à ECHO consiste à sauver des vies humaines et à apporter de l'aide aux personnes les plus vulnérables. Du fait de son mandat humanitaire, ECHO donne la priorité aux mesures de préparation orientées sur les personnes. Par conséquence, le travail d'ECHO œuvre à la création ou au renforcement des mesures de préparation qui permettent aux communautés locales et aux institutions de se préparer, d'atténuer et de répondre aux catastrophes naturelles. Renforcer les moyens de faire face à une catastrophe naturelle permet d'améliorer la résilience et de réduire la vulnérabilité des communautés locales. Ce soutien s'appuie à la fois sur les projets communautaires et sur les projets nationaux ou régionaux qui contribuent à accroitre la résilience en cas de catastrophes naturelles. Les projets sont mis en œuvre grâce à un large éventail de partenaires, y compris des organisations locales qui travaillent avec les personnes les plus marginalisées et les plus vulnérables.
L'engagement d'ECHO dans la Réduction des Risques de Désastre/Préparation aux Catastrophes (DRR/DP) s'est accru de manière significative au cours des dix dernières années tant en termes de soutien financier qu'en termes de développement des activités – DIPECHO, catastrophe à évolution lente, prévention des épidémies, projets ciblant la préparation aux catastrophes, etc.
Néanmoins, la composante majeure de la contribution d'ECHO aux efforts internationaux de réduction des risques de catastrophes reste le programme DIPECHO qui couvre maintenant huit régions exposées aux catastrophes naturelles. Le programme DIPECHO vise ainsi les communautés vulnérables qui vivent dans les régions du monde les plus exposées aux désastres. C'est ce que nous appelons l'"approche communautaire".
Depuis son lancement en 1996, ECHO a alloué plus de €255 millions à la préparation aux catastrophes.
DIPECHO allocations 1998-2011 |
|
Year |
Budget (million €) |
1998 |
8 |
1999 |
7.57 |
2000 |
7.5 |
2001 |
8 |
2002 |
8 |
2003 |
12 |
2004 |
13.7 |
2005 |
17.5 |
2006 |
19.05 |
2007 |
19.5 |
2008 |
32.3 |
2009 |
33.3 |
2010 |
34.3 |
2011 |
34.3 |
Total |
255.02 |
Au fil des années, le programme a été étendu et couvre maintenant huit régions exposées aux catastrophes naturelles : les Caraïbes, l'Amérique centrale, l'Amérique du Sud, l'Asie centrale – qui inclut désormais les pays du Sud du Caucase, l'Asie du Sud, l'Asie du Sud-est et l'Afrique australe et Océan Indien du Sud ouest (voir carte). Les projets financés par le programme promeuvent des mesures de préparation simples souvent mises en place par les communautés elles-mêmes. Elles se sont révélées particulièrement efficaces pour limiter les dommages et sauver des vies humaines lors d'une catastrophe. Les projets financés par DIPECHO mettent l'accent sur la formation, le renforcement des capacités, la sensibilisation, les systèmes locaux d'alerte précoce et les outils de planification et de prévision. De nombreux exemples illustrent l'efficacité de ces mesures de préparation simples et intégrées par les communautés qui permettent à celles-ci de sauver leurs vies et leurs biens au moment d'une catastrophe. Comme toute l'aide humanitaire financée par ECHO, les projets DIPECHO sont mis en œuvre par des organisations européennes d'aide humanitaire et des agences des Nations unies travaillant en étroite collaboration avec des ONG locales et les autorités.
Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le public, les groupes représentant la société civile et les autorités locales, nationales et régionales coopèrent efficacement. ECHO a constaté que dans la plupart des cas, les organisations locales et municipales sont enthousiastes et soutiennent pleinement les activités des projets.
La contribution d'ECHO à la préparation aux catastrophes va bien au-delà du programme DIPECHO. En effet, la préparation ou l'atténuation des catastrophes fait l'objet de nombreuses décisions de financement de l'aide humanitaire apportée par ECHO. Même les interventions d'urgence faisant suite à des catastrophes incluent souvent une composante de réduction des risques. Ces activités revêtent, par exemple, la forme de construction d'étables pour protéger le bétail des vagues de froid, évitant ainsi des pertes supplémentaires dans des troupeaux déjà décimés (Pérou); la formation et l'équipement de brigades anti-feu au sein de communautés vivant dans des zones à risque d'incendie de forêt (Indonésie); la prévention face au choléra et des information de santé (Malawi); des mesures antirouille pour éviter la pollution de l'eau et protéger les canalisations des effets des cendres volcaniques (Equateur).
Ces activités font partie intégrante des opérations d'aide d'ECHO dans les régions encore aujourd'hui affectées par des crises humanitaires. La mise en place de système d'informations fiables, de systèmes d'alerte et d'évaluation rapide des dommages pour la communauté humanitaire peuvent également faire partie de cette intégration.
L'intégration d'activités et d'actions de réduction des risques de désastre aux opérations humanitaires menées par ECHO doit être considérée comme un élément important de la réponse humanitaire. En respectant le principe "reconstruire mieux", l'action humanitaire prend en compte le hasard et la vulnérabilité et analyse les risques. Cela renforce la qualité et l'efficacité de l'aide humanitaire.
Le programme DIPECHO fut conçu pour montrer et prouver l'efficacité des mesures et initiatives communautaires et peut servir de composante pour les stratégies de réduction des risques de catastrophes pour les municipalités, les districts ou même au niveau national. Cependant, la réduction des risques de catastrophes étant une politique de développement à long terme, ECHO encourage toutes les parties concernées par l'aide au développement à plus long terme à intégrer systématiquement celle-ci dans leurs stratégies. A ce titre, ECHO a participé de manière active au développement de la stratégie de l'Union Européenne pour le soutien à la réduction des risques de catastrophes dans les pays en développement qui a été adoptée en février 2009. Cette stratégie engage l'UE à intégrer plus efficacement les considérations de réduction des risques de catastrophes dans ses politiques et programmes de développement et d'aide humanitaire. ECHO poursuivra ses efforts de plaidoyer envers les services chargés de l'aide au développement de la Commission européenne, les Etats membres de l'Union européenne, les gouvernements nationaux, les institutions financières internationales ou d'autres partenaires du développement. En effet, comme le montrent les témoignages sur notre site, les projets financés au travers de DIPECHO ont réellement amélioré la vie des populations. Le défi reste d'assurer que la réduction des risques devienne une partie intégrante des politiques de développement durable, en particulier dans les pays très exposés.
ECHO soutient fermement les efforts internationaux, y compris ceux coordonnés par les Nations unies, pour assurer l'adoption de programmes mondiaux de réduction des risques de catastrophes.
ECHO a donc activement soutenu la World Conference for Disaster Reduction à Kobe (Japon) qui s'est tenue en 2005, après le tsunami. Cette conférence fut l'un des événements clefs qui ont contribué à la formulation du Cadre d'action 2005-2015 de Hyogo et à l'engagement international à renforcer la Stratégie Internationale pour la Réduction des Catastrophes (ISDR), mise en place sous l'autorité de l'agence OCHA des Nations unies. Lors des différentes session de la plateforme globale pour la réduction des risques qui se sont déroulées en 2007, 2009 et 2011 ECHO s'est appliqué à partager sa stratégie et son expérience en matière de préparation communautaire et de réduction des risques de catastrophes avec les représentants gouvernementaux, les agences spécialisées des Nations unis, les principaux donateurs mondiaux, le mouvement de la Croix rouge et du Croissant rouge, les experts scientifiques et régionaux, la société civile ainsi qu'avec les représentants du secteur privé.