Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Relations entre le civil et le militaire dans les crises humanitaires

© PAM/Praveen Agrawal

Pourquoi est-ce important ?

La nature changeante des conflits modernes, des catastrophes naturelles et des crises rend le dialogue et l’interaction entre acteurs civils, humanitaires et militaires d’autant plus pertinents, sous diverses formes de coordination civilo-militaire lors d’interventions humanitaires.

Certaines catastrophes et crises humanitaires peuvent nécessiter des moyens dont seule la communauté militaire dispose, notamment en matière de soutien de communication, de réparation des aéroports et en mer, de support opérationnel, de gestion des carburants, et de réparation des routes et ponts.

La coordination civilo-militaire s’avère aussi utile lors de situations où la communauté humanitaire et de protection civile ne dispose pas des moyens ou de l’expertise nécessaires pour assurer une aide efficace (en matière de transport aérien ou en mer stratégique et d’ingénierie, par exemple). Parmi les exemples de ce type de coopération, on peut citer l’utilisation d’un navire de la marine royale néerlandaise pour transporter de l’aide à Haïti (2016) et la mobilisation d’ingénieurs pour restaurer et nettoyer l’hôpital des Cayes, et la réponse au virus Ébola.

Dans certaines circonstances exceptionnelles, une aide militaire peut aussi être demandée afin d’assurer les conditions de sécurité nécessaires aux travailleurs humanitaires pour opérer et livrer une aide sur des urgences complexes. L’interaction avec les militaires dépend du contexte.

Quelle est notre intervention ?

Le service de la Commission européenne chargé de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (ECHO) travaille en étroite collaboration avec les agents de gestion des crises du Service européen pour l’action extérieure (SEAE). Cette collaboration permet de garantir qu’à chaque fois que des actifs militaires sont mobilisés en appui d’interventions humanitaires, cela se fait toujours dans le respect des lignes directrices pour la coordination civilo-militaire convenues par les États membres de l’ONU, les organisations internationales et les acteurs humanitaires, et gérées par le Bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). La Commission promeut la coordination civilo-militaire à l’échelle de l’ONU, via OCHA, et a, entre autres choses, contribué à l’établissement des lignes directrices susmentionnées en matière de coordination civilo-militaire.

Ces lignes directrices visent à garantir que l’espace humanitaire ne soit pas mis en danger et que l’aide humanitaire respecte les principes d’indépendance, de neutralité et d’impartialité. En maintenant une distinction claire entre les identités, fonctions et rôles des acteurs humanitaires et militaires, la coordination civilo-militaire garantit la cohérence des efforts de secours, en évitant toute duplication de ces derniers et en poursuivant des objectifs communs, dans les cas appropriés.

La Commission entretient également des liens étroits avec le SEAE et le personnel militaire de l’UE en ce qui concerne la planification et l’exécution des missions et opérations de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).

Cette coordination s’effectue en conformité avec les conclusions du Conseil sur une approche européenne intégrée pour les crises et conflits externes, adoptées par les ministres européens des affaires étrangères, le 22 janvier 2018. Ces conclusions soulignent que, bien que l’aide humanitaire soit une composante clé de la réponse générale de l’UE aux crises, ce n’est pas un outil de gestion des crises en soi. C’est pourquoi l’aide humanitaire ne peut être fournie que sur base des besoins des populations affectées et dans le respect des principes humanitaires.

Dernière mise à jour
17/04/2018