Journée internationale de la femme: les femmes confrontées à des situations d'urgence

Journée internationale de la femme: les femmes confrontées à des situations d'urgence

08/03/2013 - En République démocratique du Congo (RDC), un des principaux défis en période de conflit consiste à satisfaire les besoins de protection des personnes déplacées à l'intérieur du pays, dont une grande partie sont des femmes. Celles qui sont déplacées sans être accompagnées par des hommes ont tendance à être plus vulnérables, car leur situation économique est plus précaire et elles ne bénéficient pas de la protection de leur famille.

Voilà pourquoi les situations de crise, qu'elles soient le résultat de catastrophes naturelles ou provoquées par l'homme, n'ont pas les mêmes conséquences pour les hommes que pour les femmes. Un même événement peut avoir des effets différents sur les femmes, les filles, les hommes et les garçons en raison de leurs faiblesses et besoins différents, des risques auxquels ils sont confrontés, et des mécanismes qu'ils développent pour résister aux chocs, survivre et soutenir leur famille.

En conséquence, l'aide humanitaire d'ECHO en faveur des femmes met l'accent sur l'amélioration des soins de santé, la sécurité de l'environnement, ainsi que la lutte contre les maladies et les violences. Bien souvent, lorsqu'une crise survient, de nombreux services de soins ne sont plus accessibles, notamment les consultations prénatales et l'accouchement assisté. Les femmes sont aussi plus exposées aux risques de violences sexuelles, de maladies sexuellement transmissibles et de grossesses non désirées. Les femmes et les enfants représentent 80 % des réfugiés et des personnes déplacées, qui sont extrêmement vulnérables.

ECHO travaille également avec ses partenaires pour réduire la mortalité maternelle et infantile: grâce à son aide humanitaire, un grand nombre de femmes et d'enfants vivant dans des régions touchées par un conflit ont accès aux services de santé, notamment aux programmes de protection de la maternité, qui couvrent les soins prénataux et postnataux, ainsi que la santé des enfants.

Aussi bien pendant qu'après une catastrophe, l'aide humanitaire d'ECHO, prodiguée en collaboration avec ses partenaires, contribue à protéger les femmes et les enfants de l'exploitation et des violences, à fournir de la nourriture et des abris, à installer des salles de classe provisoires et à limiter la propagation des maladies en renforçant les mesures d'hygiène, en assurant un accès à l'eau potable et en organisant des campagnes de vaccination. L'accès à la nourriture et la garantie d'une alimentation adéquate sont des sources de préoccupation majeures, en particulier pour les plus vulnérables, c'est‑à‑dire les femmes enceintes, les mères et les enfants.

Pour gagner en efficacité, ECHO travaille en partenariat dans le monde entier.

L'intégration des questions d'égalité hommes-femmes requiert aussi d'améliorer l'efficacité de l'aide humanitaire en l'adaptant aux besoins spécifiques des femmes, des filles, des garçons et des hommes. Il est possible d'intégrer ces questions efficacement dans tous les domaines d'intervention: au Sri Lanka, par exemple, ECHO a soutenu des actions de déminage tenant compte des spécificités hommes-femmes (une analyse approfondie de la répartition des rôles fondée sur le sexe a influencé le choix des zones à déminer pour sécuriser l'accès des femmes et des hommes). Dans des régions rurales du Bangladesh, en partenariat avec Oxfam, un projet de préparation aux catastrophes a permis de rompre avec les stéréotypes de genre, selon lesquels les femmes doivent rester à la maison. Des femmes de la communauté locale ont pu participer à des travaux de terrassement et à des campagnes de sensibilisation visant à renforcer la capacité de résistance de la population face aux inondations, ce qui a également permis de s'élever contre le cadre traditionnel des relations hommes‑femmes. Dans le Nord Kivu (RDC), ECHO a soutenu un projet d'appui à la sécurité alimentaire, qui a permis à des familles déplacées à l'intérieur du pays d'utiliser des fours économes en combustible de manière innovante. En limitant la consommation de bois de chauffage, les femmes perdent moins de temps à en ramasser, ce qui réduit leur charge de travail et améliore leur sécurité, puisqu'elles passent désormais moins de temps dans les bois, où elles étaient souvent la cible d'attaques.

Les femmes et les filles sont de puissantes actrices du changement. Leur contribution à la protection et à la reconstruction de leur communauté doit être reconnue à sa juste valeur. Pour être résistante, une communauté ne peut se permettre de négliger les compétences de la moitié de sa population: l'inégalité entre les hommes et les femmes accroît la vulnérabilité et réduit les capacités de faire face aux catastrophes. Pour en savoir plus, lisez les témoignages et regardez les photos!

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