La police, les travailleurs humanitaires et la protection des civils - Résultats de la table ronde

La police, les travailleurs humanitaires et la protection des civils - Résultats de la table ronde

07/05/2012 - Lorsque l’on envisage la coordination civile-militaire, on néglige souvent le rôle de la police. Pourtant, celle-ci peut avoir une fonction importante dans la protection des civils, car elle est souvent plus proche des communautés que les forces militaires. ECHO et le HPG (Groupe de politique humanitaire) ont récemment organisé une table ronde sur la coordination civile-militaire intitulée «La police, les travailleurs humanitaires et la protection des civils: coordonner la contribution civile».

Cette discussion de haut niveau, pour laquelle des acteurs politiques, humanitaires, militaires et de la police ont été déployés sur le terrain, s’est déroulée dans le cadre d’un projet de recherche de trois ans sur les relations entre civils et militaires, dirigé par le HPG.

Les participants se sont accordés à dire que les forces internationales de police et de gendarmerie peuvent contribuer singulièrement à la protection des civils de plusieurs façons. Des points communs entre la police internationale et les acteurs humanitaires ont été mis en évidence: par exemple, les membres de la police internationale sont des civils et, en tant que tels, ils sont souvent plus proches des populations civiles que les forces militaires.

Une interaction appropriée entre les forces internationales de police et de gendarmerie et les acteurs humanitaires pourrait contribuer à protéger les populations civiles de manière plus positive. Toutefois, en pratique, un tel engagement n'a pas toujours existé. Certaines organisations humanitaires hésitent à s'engager avec les forces internationales de police et de gendarmerie, parce qu'elles ne font pas la distinction entre la police ou la gendarmerie internationale et les forces militaires internationales, ou parce qu'elles craignent que les populations locales ne fassent pas cette distinction.

Malgré la diversité de la communauté humanitaire, les participants s'accordent à dire que les acteurs humanitaires devraient engager une certaine forme de dialogue avec les forces internationales de police et de gendarmerie. Les participants ont reconnu qu'il existe des exemples d'interaction positive entre les acteurs humanitaires et la police internationale (moins en ce qui concerne les forces de gendarmerie).

Les expériences au Darfour, en Géorgie et en Afghanistan offrent des enseignements importants sur la valeur d'un niveau de coordination, aussi minime qu'il soit, et sur la façon de faire fonctionner cette relation efficacement sur le terrain.

Parmi les obstacles entravant la coordination entre les forces de police internationales et les acteurs humanitaires qui ont été soulignés lors des discussions, citons le manque de compréhension des rôles, des responsabilités, des mandats et des capacités de ces deux types d'acteurs. Certains participants ont exprimé des préoccupations concernant la pléthore d'acteurs des deux côtés et la nécessité d'une plus grande coordination au sein des groupes et entre eux. Certains participants ont également exprimé des préoccupations concernant la militarisation de la police dans certains contextes et la nécessité d'assurer une distinction claire entre les actions et les capacités civiles et militaires.

Un consensus s'est dégagé parmi les participants sur la nécessité d'assurer une approche holistique de la primauté du droit en coordonnant les stratégies en vue de renforcer la capacité de la police de l'État hôte, ainsi que ses systèmes judiciaire et pénal.

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