Aide Humanitaire et Protection Civile

Service tools

Syrie

Trois années  de souffrance

Fiche-info ECHO

Fiche-info Syrie

Le 15 mars 2011 est largement considéré comme la date du début de la révolte syrienne. Mais cela marque aujourd'hui un triste anniversaire: trois ans de privation et de souffrance. Depuis ce jour fatidique, le soulèvement a évolué en une guerre civile, tuant des dizaines de milliers de personnes, provoquant le déplacement de plus 6,5 millions de personnes à l'intérieur du pays, et forçant plus de 2,5 millions à fuir au-delà des frontières afin de sauver leur vie. Cela signifie que plus de neuf millions de Syriens ont été déracinés de leurs maisons - plus que les populations de la Croatie et l'Irlande réunies. Selon l'ONU, cela fait de la Syrie «la plus grande crise humanitaire et sécuritaire au monde".

Les conséquences humanitaires ont pris une ampleur incroyable et on estime à 9,3 millions le nombre de personnes à l'intérieur du pays ayant besoin d'aide, on estime que 3 millions de ces personnes restent piégées à l'intérieur de zones qui, jusqu'ici, ont reçu peu ou pas d'aide. Les rapports indiquent la famine et la réapparition du virus redouté de la poliomyélite. Ceux qui ont eu la chance de traverser la frontière pour la sécurité vivent aujourd'hui dans la misère, ont du mal à trouver un abri et de la nourriture pour leurs familles et à scolariser leurs enfants. En outre, toute une génération d'enfants ont été exposés à la guerre, la violence et la mort, et ont été privés de leurs libertés fondamentales, la protection et l'éducation. L'UE et ses États membres ont jusqu'ici donné plus de 2,6 milliards € pour aider les Syriens à l'intérieur de leur pays, ainsi que les réfugiés et leurs communautés d'accueil. La communauté humanitaire a lancé une vaste action pour éviter une perte de toute une génération d'enfants. L'action "No Lost Generation", appuyée sans réserve par l'UE, vise à concentrer les efforts sur les programmes d'éducation et de protection afin de permettre aux enfants syriens d'échapper à la misère, l'isolement et le traumatisme.

La récente résolution 2139 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur l'assistance humanitaire donne l'espoir que l'on pourra joindre plus facilement les personnes vulnérables de sorte que la nourriture, de l'eau, des abris et des soins médicaux soient acheminés vers tous ceux qui en ont besoin à l'intérieur du pays en guerre. Cela dit, la seule délivrance de ces trois dernières années de misère et de douleur serait une cessation de toutes les violences et une réponse politique durable face à la crise; le peuple Syrien pourra retourner chez lui  et reconstruire son pays uniquement à cette condition. Dans cette attente, l'aide humanitaire et la protection civile de la Commission européenne  (ECHO) reste engagée afin d'aider les personnes touchées par cette terrible crise.


Cliquez pour agrandir

Quels sont les besoins?

La situation s’est considérablement dégradée au cours des derniers mois. Dans les pays voisins (Jordanie, Liban, Turquie, Irak, Égypte et Afrique du Nord), le nombre de réfugiés a plus que doublé depuis mars 2013 et dépasse 2.5 millions, qu'il s'agisse de réfugiés déjà enregistrés ou en attente d'enregistrement. Et ce nombre continue d'augmenter à mesure que le conflit s'intensifie. Selon les projections du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés syriens devrait atteindre 4 millions d'ici la fin de 2014. L'afflux permanent de Syriens pèse sur les communautés hôtes et crée des tensions dans certaines régions. Les pays frontaliers de la Syrie approchent dangereusement du niveau de saturation, et ne pourront laisser leurs frontières ouvertes et continuer d'aider les réfugiés que s’ils reçoivent une aide de toute urgence. La situation des réfugiés vivant en dehors des camps doit faire l'objet d'une évaluation, et une aide humanitaire (plus particulièrement en matière d'hébergement, d'eau, d'hygiène et d'assainissement) doit être assurée.

Par ailleurs, l’escalade de la violence et l’insécurité croissante rendent le travail du personnel humanitaire plus difficile et plus dangereux que jamais. Les attaques contre les travailleurs humanitaires se poursuivent. Jusqu'à présent, 34 bénévoles du Croissant-Rouge arabe syrien et 14 membres du personnel de l'ONU ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, et les ambulances et véhicules des Nations unies continuent d'être pris pour cibles).

Les besoins en aide d’urgence, notamment l’aide médicale et l’assistance alimentaire, l’hébergement et le matériel indispensable pour passer l’hiver, se font plus pressants dans tout le pays. Le traitement et l’évacuation des blessés sont une priorité. Les civils qui tentent de fuir les zones de combat ont besoin de toute urgence d’une aide et d’une protection. Outre ces besoins urgents, la population civile est aussi confrontée à des pénuries de toutes sortes, notamment de carburant, qui se fait de plus en plus rare.
La Commission est en contact permanent avec ses partenaires humanitaires, et coordonne ses activités humanitaires avec les États membres de l’UE et tous les autres principaux donateurs.
Nos priorités sont l’aide aux personnes déplacées en Syrie et l’aide aux réfugiés syriens accueillis dans d’autres pays.

En quoi consiste notre aide?

L’Europe est le principal contributeur à la réponse internationale à la crise. La Commission européenne a, depuis la fin de 2011 et en réponse à la crise, mobilisé 615 millions d’euros sous forme d’aide humanitaire à destination de la Syrie et des pays voisins. 868 millions d'euros supplémentaires ont été mobilisés via d'autres instruments communautaires (pour l'éducation, l'aide aux communautés hôtes et aux sociétés locales), portant le financement total issu du budget de l'UE à plus de 1.5 milliard d'euros. Ce montant comprend l’aide supplémentaire de 400 millions d’euros octroyée via le plan global annoncé le 6 juin.

Les États membres de l’UE ont par ailleurs fourni une aide humanitaire de plus de 1.3 millard d’euros aux Syriens touchés par le conflit, portant le total de la contribution européenne à plus de 2.8 milliards d’euros.
Certains États membres (Autriche, Danemark, France, Hongrie, Italie, Luxembourg, Norvège, Slovaquie et Suède) ont aussi apporté une aide matérielle par l’intermédiaire du Centre de réaction d’urgence de l’UE (anciennement Centre de suivi et d’information - MIC).

  • En Syrie, les fonds octroyés par la Commission européenne à des fins humanitaires servent à assurer une aide médicale d’urgence, une protection, une assistance alimentaire-nutritionnelle, l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’hygiène, l’hébergement et les services logistiques.
  • Au-delà de la frontière syrienne, ces fonds permettent de garantir que les personnes qui quittent le pays reçoivent une assistance vitale, notamment des soins de santé, de la nourriture, un abri, des kits d’hygiène, des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement, et une protection.
  • À l’heure actuelle, l’aide de l’UE se ventile comme suit: 45 % en Syrie, 21 % en Jordanie et 26 % au Liban, le reste étant réparti entre l’Irak et la Turquie.

Les fonds de l’ECHO sont acheminés par l’intermédiaire de la Croix-Rouge/du mouvement du Croissant-Rouge ainsi que de différentes OING et agences humanitaires de l’ONU, dont le HCR et celles dont le mandat prévoit spécifiquement la protection et une aide aux femmes et enfants, comme l’UNICEF, le FNUAP et Save the Children. 

Last updated
11/09/2014