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Haïti

Quand la sensibilisation passe par le courage

L’île de la Gonave, plus grande île d’Haïti, où la terre est aussi rouge que les arbres sont rares.
Un pays et une région comptant parmi les plus pauvres du monde et régulièrement victimes des éléments. C’est ici que la Commission finance un projet de préparation aux catastrophes naturelles mis en place par son partenaire, Concern, ONG irlandaise.

Vanna, Enel, Guivard et Mélilène, 4 des membres de Femmes Courage à l'école de Nan Jozen.
Vanna, Enel, Guivard et Mélilène, 4 des membres de Femmes Courage à l'école de Nan Jozen.
Photo : EC/ECHO/Susana Perez Diaz

Caton, coordonateur du projet pour Concern explique que l’une des composantes majeures de celui-ci est la sensibilisation de la population. « Les fêtes de village sont traditionnelles en Haïti, c’est un grand rassemblement communautaire et le passage d’une troupe de théâtre y est toujours bien accueilli. Nous avons tout de suite pensé que c’était un excellent moyen de sensibilisation. Nous avons entendu parler des Femmes Courage et avons décidé de leur demander leur aide. » continue Caton. « Nous les avons formées sur ce que c’est que la préparation aux catastrophes naturelles pour qu’elles connaissent la problématique à fond. Ensuite, elles ont écrit le scénario -que nous avons validé- monté la pièce et nous avons décidé avec elles des 10 dates de représentations qu’elles feraient à travers l’île. » Le projet finance leur formation complète ainsi que la logistique et un salaire pour chaque représentation.

Nan Jozen, à 30 km de la capitale de l'île, Anse à Galets, 1h30 en voiture, rendez-vous est pris avec Femmes Courage. « Nous avons commencé notre troupe en 2000 parce que nous voulions tenter quelque chose pour faire face au problème de toutes ces filles mères abandonnées par leur séducteur. Nous avons décidé de monter une pièce de théâtre, pour essayer de faire changer les mentalités. Au moment de choisir un nom pour notre troupe, nous nous sommes dit que pour tenir ce discours face aux hommes, il fallait du courage, nous avons donc adopté le nom de Femmes Courage. » raconte Vanna.

Cour de récréation de l'école de Nan Jozen
Cour de récréation de l'école de Nan Jozen.
Photo : EC/ECHO/Susana Perez Diaz

Et du courage, il leur en faut à ces 6 femmes, toutes professeurs à l’école de Nan Jozen. Mariées et avec des enfants pour la plupart, elles cumulent leur vie de famille avec leur travail d’enseignante, l’écriture, les répétitions, la logistique et les représentations. Un travail de tous les jours, samedi et dimanche compris.

Lorsqu'on parle avec elles de ce nouveau défi avec Concern, on se rend compte qu'effectivement, elles connaissent le thème de la préparation aux catastrophes à fond. « Nous leur montrons des choses aussi simples que comment mettre leurs documents importants à l’abri. » explique Vanna. « Nous avons eu une représentation le jour avant le passage du cyclone Ernesto et nous avons appris que, grâce à notre pièce, la communauté avait évacué le bétail de la ravine avant l’inondation, ce qui a permis de sauver leurs maigres biens. »

Quand la préparation aux catastrophes naturelles permet non seulement de sauver des vies humaines mais, également, de préserver les biens de la communauté, elle permet à celle-ci d'avancer, sans devoir perpétuellement tout recommencer à zéro à chaque cyclone ou chaque inondation. Le cycle de la fatalité est rompu, enfin!

Depuis 2002, ECHO a alloué plus de 13 millions d’euros pour l’aide humanitaire et la préparation aux catastrophes naturelles en Haïti.

Susana Perez Diaz
ECHO Information Officer