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Indonésie

« Ce soir, nous aurons à nouveau un toit sous lequel dormir »

Karte (Java, Indonésie). Sous des bananiers d’un vert éclatant, Asnuri et sa femme Nurjanah, âgés de 30 ans, sont assis avec leur petite fille sur un banc en bois ; leur seul meuble encore intact après le tremblement de terre qui a affecté leur village situé à moins de 20 km de l’épicentre. A côté d’eux se trouvent un tas de briques, des tuiles et des poutres en bois qui constituaient leur maison il y a à peine six jours. Le village de Karet a été presque entièrement détruit par le séisme qui a frappé la destination touristique de Yogyakarta et ses alentours au matin du 27 mai 2006. Près de 6.000 personnes sont décédées, 40.000 ont été blessées, plus d'un million se sont retrouvées sans abris et près de 300.000 maisons ont été endommagées ou détruites.

Asnuri montre les restes de sa maison à l’équipe d’évaluation de la DG ECHO.
Asnuri montre les restes de sa maison à l’équipe d’évaluation de la DG ECHO.
Photo : EC/ECHO/Heinke Veit

« Nous avons beaucoup écouté les informations, ces derniers temps, parce que nous nous attendions à l’éruption du Mont Merapi », raconte Asnuri. Ce volcan, situé tout près, gronde depuis des mois et rejette des nuages de fumée et de lave depuis des semaines. « Le tremblement de terre nous a pris par surprise. Par chance il était près de six heures du matin. Nous étions tous debout et nous nous apprêtions à déjeuner. Soudain la terre a commencé à trembler. J’ai perdu mon équilibre, je me suis rattrapé, j’ai saisi ma fille qui hurlait et j’ai couru hors de la maison. Je pouvais entendre les poutres se briser tout autour de moi, les tuiles qui tombaient des toits et les murs qui s'effondraient ».

En anticipation de l’éruption volcanique, la Croix Rouge Indonésienne, l’armée, les autorités locales et quelques organisations internationales avaient déjà commencé à évacuer 20.000 personnes et tous se préparaient à une catastrophe. Juste après le tremblement de terre, ils ont donc été capables d’apporter rapidement du secours tels que: l’aide médicale, la nourriture et les abris pour un grand nombre de victimes de cette catastrophe. Les blessures légères d’Asnuri et de sa fille, causées par des effondrements de briques, ont été soignées dans un hôpital de campagne géré par l’armée. Dès les premiers jours, le nombre important de victimes, environ 200.000 personnes, a rapidement neutralisé la capacité de réponse des autorités locales et l’aide internationale est rapidement devenue nécessaire.

Une distribution de tentes et de kits d’hygiène organisée par la Croix Rouge locale et cofinancée par la DG ECHO dans le village de Karet.
Une distribution de tentes et de kits d’hygiène organisée par la Croix Rouge locale et cofinancée par la DG ECHO dans le village de Karet.
Photo : EC/ECHO/Heinke Veit

« Il y a maintenant un seul WC qui fonctionne et un seul puits avec de l’eau potable pour environ 50 familles », explique Asnuri à notre équipe. Les experts de la DG ECHO sont arrivés 24 heures après la catastrophe pour évaluer les besoins humanitaires, en coordination avec les autorités locales et les organisations internationales. « Nous avons reçu de la nourriture, des bidons pour récupérer l’eau et du savon de la part de la Croix Rouge Indonésienne et de proches qui n’ont pas été touchés par le séisme. Aujourd’hui, nous avons reçu une tente familiale que nous allons monter sur les fondations partiellement dégagées de notre maison. Nous aurons, enfin, à nouveau un toit sous lequel dormir. Dans les prochains jours, je pourrai retourner à mon travail dans une usine des environs , mais ce que je veux faire par-dessus tout c’est nettoyer tout ce désordre et reconstruire ma maison; mais j’ai vraiment besoin d’aide pour cela ».

Le jour du tremblement de terre, la Commission européenne à allouer une décision d'aide d’urgence de €3 millions, pour de l'aide médicale, des abris, des ustensiles de cuisine et des kits d’hygiène distribués par la Croix Rouge. De plus, un soutien a été apporté en logistique et en télécommunication au vu des besoins énormes. Une équipe de la DG ECHO est toujours sur place pour estimer les besoins au fur et à mesure que la réponse internationale est déployée. La reconstruction des maisons, désespérément attendue par toutes les victimes, sera très certainement prise en main par d’autres services de la Commission.

Heinke Veit
Regional Information Officer