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Birmanie/Myanmar

De l’eau potable pour une vie meilleure

Environ 57 % de la population en Birmanie/Myanmar n’a pas accès à des installations sanitaires et 40 % d’entre elle n’a pas accès à l’eau potable. La diarrhée est la seconde cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. ECHO finance des projets d’eau et d’assainissement au Myanmar, dont plusieurs dans les banlieues de la capitale, où logent des dizaines de milliers de migrants économiques dans des conditions déplorables.

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De retour avec l'eau de la source. Aide Médicale Internationale fournit des seaux bleus avec des poignées pour que les mains n'entrent pas en contact avec l'eau propre lors de la collecte d'eau : une des premières leçons d'hygiène.
Photo : EC/ECHO/Heinke Veit

La commune de Dala se situe sur les rives du fleuve Yangon, loin des pagodes dorées de Yangon, des vastes demeures coloniales et du nouveau centre commercial. Dala compte environ 100 000 habitants, principalement des ouvriers journaliers, dont une grande partie vit avec moins de 3$ par mois, chiffre bien inférieur à l’indice de pauvreté fixé par la Banque Mondiale qui est d’un dollar par jour.

« L’eau a toujours été un problème à Dala » exprime Daw Mia Mia, une cinquantaine d’années. « C’est pour cela que seuls ceux qui n’ont pas le choix vivent ici. Quasiment personne n’a accès à l’eau courante et c’est auprès de commerçants que nous devons nous fournir en eau pour cuisiner, nettoyer, nous laver et boire. Pendant la saison des pluies, la rivière sort de son lit et il y a de l’eau partout. Beaucoup de gens tombent malade à cause des problèmes liés à l’eau. »

En effet, à Dala, le taux de maladies liées à l’eau est élevé : on estime qu’une personne sur trois souffre de diarrhée sévère une fois par an. La moitié de ces malades sont des enfants, pour qui la diarrhée peut devenir une menace sérieuse. L’eau du sol est souvent salée et ferrugineuse. Les sources d’eau ne sont pas protégées, avec un libre accès pour les animaux, et elles sont régulièrement remplies lors d’inondations qui ramènent déchets et excréments. Le manque de règles d’hygiène de base et l’infrastructure médicale quasiment inexistante aggravent le problème.

Depuis juillet 2001, ECHO a alloué plus de 1.5 millions d’euros à l’ONG française Aide Médicale Internationale (AMI), pour lui permettre d’améliorer l’accès à l’eau à plus de 30 000 habitants à Dala. Les fonds ont été utilisés pour construire des récupérateurs d’eau de pluie résistants aux inondations, des pompes à eau et des latrines, mais aussi pour protéger les sources existantes. De plus, AMI a mis en œuvre des actions de formation sur les conditions d’hygiène ; les enfants et les femmes enceintes ont reçu des traitements pour les maladies liées à l’eau.

Daw Mia Mia et sa voisine vérifient le niveau de remplissage du nouveau récupérateur d'eau de pluie
Daw Mia Mia et sa voisine vérifient le niveau de remplissage du nouveau récupérateur d'eau de pluie
Photo : EC/ECHO/Heinke Veit

« AMI nous a aidé à mettre sur pied un groupe d’utilisateurs d’eau avec nos voisins », raconte Daw Mia Mia, qui gère l’un des 350 groupes déjà établis à Dala. « Nous avons dû nous organiser, construire les fondations pour un grand réservoir de récupération d’eau de pluie et maintenant nous organisons régulièrement des collectes d’argent pour l’achat de pièces de rechange. Une fois les fondations posées, AMI a organisé la construction du récupérateur d’eau et de la pompe », nous confie-t-elle sur le chemin de sa maison en bois, juste en face du nouveau récupérateur d’eau de pluie. « Je suis responsable du récupérateur et je dois vérifier qu’il fonctionne bien ». Elle ouvre avec soin la barrière qui ‘éloigne les animaux’ selon elle, ouvre le lourd couvercle, ôte la bâche en plastique qui ‘protège de la saleté’ et vérifie le niveau d’eau : presque plein. En tout cas, il y en a assez pour subvenir aux besoins des 70 membres de son groupe d’utilisateurs d’eau pendant la saison sèche. « Cette année, nous n’aurons pas besoin d’acheter de l’eau aux commerçants » dit-elle en souriant.

A la fin du projet en mai 2005, avec l’aide d’ECHO, AMI aura mis sur pied presque 400 groupes d’utilisateurs d’eau qui couvrent les besoins d’environ 25% de la population de Dala ; mais aussi, avec les familles bénéficiaires, 4000 latrines résistantes aux inondations auront été construites; enfin, les systèmes d’eau et d’assainissement de 47 écoles auront été améliorés et environ 20 000 familles auront reçu une formation sur les conditions d’hygiène.

Plus au Sud-est de Yangon, se trouve la commune de Dawbon. Avec 21 000 personnes au km², c’est une zone plus densément peuplée que Dala et les conditions de vie sont effroyables, surtout dans les zones les plus pauvres où logent les migrants économiques. Les gens sont entassés dans de petites maisons qu’ils louent, façonnées avec du bambou, du tissu et d'autres matériaux. Ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer les 400 à 600 kyatts (0.34$ à 0.54$) pour un conteneur de 200 litres d’eau potable sont obligés de se procurer de l’eau dans des sources non protégées. Le sol est jonché de déchets domestiques, de plastiques, de boue et d’excréments. Une fois de plus, les maladies liées à l’eau, comme la diarrhée, sont fréquentes surtout chez les enfants.

En 2005, ECHO apportera son soutien à l’ONG allemande Malteser Hilfsdienst pour améliorer les services d’hygiène de base au profit de 39 000 personnes, c'est-à-dire plus de la moitié de la population de Dawbon. La seconde composante du projet sera la construction de systèmes d’eau et d’assainissement, permettant aux 15 000 habitants les plus vulnérables de Dawbon d’accéder à l’eau potable, à des latrines hygiéniques ainsi qu’à la promotion de l’hygiène en général.

Heinke Veit
Regional Information Officer