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Kenya

Garder espoir à Dadaab

Mire, 23 years old
Mire, 23 ans
Photo : EC/ECHO/Karimi Martin

Mire est un jeune homme de 23 ans qui a pour seul foyer une étroite parcelle à Dagahaley, l'un des trois camps de réfugiés de Dadaab, dans le nord du Kenya. Il a fui la Somalie avec sa mère alors qu'il n'avait que six ans, et est arrivé à Dadaab à l'âge de huit ans. Son grand frère, de deux ans son aîné, a été séparé du reste de la famille et aurait été tué dans les combats inter-claniques qui ont sévi dans le pays.

Mire est à présent le seul à subvenir aux besoins de sa famille suite à la mort de son père dans la camp, quatre ans plus tôt. Il est travailleur social et interprète pour l'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) et gagne entre 50 et 60 dollars par mois. Ces revenus lui permettent de compléter les rations alimentaires, qui, d'après lui, sont souvent insuffisantes.

«La vie n'est pas simple ici, mais c'est toujours mieux que de retourner chez moi», nous dit-il. D'après lui, les principaux problèmes auxquels il doit faire face à Dadaab sont le manque d'installations sanitaires, d'eau et de nourriture. Il ajoute: «Les infrastructures sociales sont inadéquates et la population ne cesse d'augmenter».

«En Somalie, ma mère était infirmière et mon père banquier. Nous avions une belle maison et menions une vie tout à fait normale, mais nous avons perdu tout ça. A présent, nous dépendons entièrement de l'aide humanitaire.»

Chaque jour, Mire se réveille avec l'espoir que l'UNHCR sera peut-être enfin porteur de bonnes nouvelles concernant leur réinstallation dans un pays tiers.

Quand on lui demande s'il souhaiterait retourner en Somalie, Mire est assez pessimiste. «Je ne pense pas que la paix règnera un jour en Somalie; les combats ne cesseront jamais. J'espère que ma mère et mes frères et sœurs seront réinstallés au Canada.»

Mire rêve de devenir journaliste afin de pouvoir mettre en lumière les souffrances des populations innocentes lors des conflits. Il refuse de cesser de croire que sa vie sera, un jour, meilleure.

La Commission européenne travaille en étroite collaboration avec les agences humanitaires afin d'améliorer les conditions de vie de la population grandissante de Dadaab. L'eau et le système sanitaire sont des priorités absolues. Le système d'approvisionnement en eau a été mis en place il y a 19 ans, temporairement à la base, afin de subvenir au besoin de ce qui représentait à l'époque un tiers de la population actuelle. Aujourd'hui, la camp abrite plus de 289 000 réfugiés. Les robinets sont si loin des réservoirs que l'eau n'en sort qu'au goutte à goutte et il faut cinq heures pour remplir un jerrican de 20 litres.

En 2009, la Commission a déjà alloué près de €11 millions (15,4 millions de dollars) pour soutenir l'assistance alimentaire, la fourniture d'eau et l'amélioration des installations sanitaires. Ce montant comprend €3 millions (4,2 millions de dollars) destinés à la rénovation du système d'eau et à la construction d'installations sanitaires dont 5000 toilettes supplémentaires. Il est vital de fournir de l'eau potable et des installations appropriées afin d'éviter une catastrophe sanitaire majeure.

Martin Karimi
ECHO Nairobi


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