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Burundi

Semer les graines de la reviviscence

Vente de graines à la foire aux semences.

Vente de graines à la foire aux semences.
Photo : EC/ECHO/Daniel Dickinson

Plusieurs foires aux semences destinées aux fermiers burundais les plus pauvres ont eu lieu à travers le pays avant la saison des plantations. Le Service d'aide humanitaire de la Commission européenne s'est entretenu avec Mediatrice Nduwayezo, une fermière de 32 ans, mère de trois enfants. Elle vient de Shombo, un village situé dans les collines du Burundi rural. C'est la première fois qu'elle assiste à une foire aux semences.

«C'est tout nouveau pour moi et je suis surprise par l'ampleur de cette foire aux semences. Je fais partie des 800 fermiers présents aujourd'hui et qui ont ainsi l'opportunité d'acheter des semences. Il règne ici une atmosphère de carnaval; beaucoup de personnes chantent et dansent. J'ai dû m'enregistrer pour participer à la foire après avoir auparavant prouvé que j'étais une fermière dans le besoin. J'ai beaucoup de terres, près de six hectares. Mais ces dernières années je n'ai pas su acheter de semences ni d'engrais. Donc, pendant de longues périodes, il n'y a pas eu grand chose à mettre sur la table; ma famille a eu très faim.»

Chaque fermier reçoit un paquet gratuit de semences, une binette et des bons d'achat d'une valeur de 10 000 francs burundais (€ 6,29) qu'ils peuvent échanger contre des semences ou de l'engrais auprès des 20 commerçants présents. Pour cette journée de foire, il y a près de 11 tonnes de semences différentes à vendre.

«J'ai passé en revue les différentes semences à vendre pendant près d'une heure et j'ai finalement décidé d'acheter des graines d'haricots chez un vendeur car ses graines semblent de bonne qualité. Elles sont rouges, brillantes et ne comportent aucune trace de moisissure. Je suis sûre qu'elles vont bien pousser. Ces haricots coûtent 700 francs le kilo (€0,44) − ce qui est raisonnable, mais je n'ai su m'offrir que 4,5 kilos ayant dépensé le reste de mon argent en engrais − qui lui est très couteux. La terre dans la région n'est pas très bonne et, sans engrais, les cultures ne pousseront pas. Je n'auraient donc pas assez de graines pour cultiver l'intégralité de mes terres.»

La saison des plantations approchant, il y aura beaucoup d'autres foires aux semences à travers le Burundi rural. Beaucoup d'entre elles ont été financées par les 2,4 millions d'euros débloqués par le Service d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO). Ces foires ne génèrent pas seulement des fonds pour l'économie locale, elles permettent également aux fermiers qui manquent de moyens de briser le cycle de la pauvreté.

«Les haricots que j'ai planté devraient nourrir ma famille jusqu'à la prochaine saison de plantations. Il se peut même qu'il y en reste un peu. Je pourrai vendre ces haricots et acheter avec cet argent quelques denrées telles que de l'huile, du sucre, du sel ou encore éventuellement quelques vêtements pour les enfants. Ce sont des petites choses c'est vrai mais celles-ci peuvent changer significativement ma vie. J'ai dépensé tous mes bons; je vais donc rentrer chez moi. Je commencerai à planter mes graines demain avec l'aide des mes enfants.»

 

Daniel Dickinson
Regional Information Officer
Service d'aide humanitaire de la Commission européenne