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Bruxelles, le 13 décembre 2000
Viande bovine:
la Commission adoptera formellement les mesures
exceptionnelles contre l'ESB
À la suite du débat au Comité des
gestion de la viande bovine
1
, la Commission adoptera maintenant
formellement les différentes mesures de support de
marché dans le secteur de la viande bovine : le régime
d'«achat aux fins de destruction», les modalités de
l'intervention publique et l'augmentation des avances
sur la prime à la viande bovine. Pour tenter de
restaurer la confiance des consommateurs dans la viande
bovine et de résorber les excédents du marché européen
résultant de la baisse de la consommation, la
Commission a décidé de mettre en uvre, à partir du 1er
janvier 2001, le régime d'achat aux fins de destruction
de tous les bovins de plus de 30 mois n'ayant pas été
soumis à un test de dépistage de l'ESB. Le prix à payer
aux producteurs pour ces animaux qui ne seront plus
destinés à la consommation humaine sera fixé sur la
base des prix du marché dans les États membres en
fonction de la catégorie de qualité des viandes
concernées. En tout état de cause, les prix devront
être fixés à un niveau garantissant le bon
fonctionnement du régime de destruction. Le budget de
l'UE contribuera au financement des dépenses à un taux
forfaitaire de 70 % (voir Annexe). En vue de garantir
que les animaux concernés ne seront pas utilisés aux
fins de la consommation humaine ou animale ni à celles
de la fabrication de produits à usage médical, les
carcasses devront être badigeonnées et entreposées
séparément. La Commission procédera à des contrôles sur
place pour s'assurer de l'application et du contrôle
adéquats du régime dans les États membres. Par suite de
la décision du Conseil des ministres de l'agriculture
de l'UE du 4 décembre 2000, les pays à faible risque
d'ESB, c'est-à-dire la Finlande, l'Autriche et la
Suède, ont la possibilité d'autoriser l'abattage des
bovins de plus de 30 mois pour leur marché NATIONAL
sans les soumettre à un test de dépistage de l'ESB.
Toutes les viandes destinées à l'exportation devront
faire l'objet d'un tel test. La Commission s'apprête
désormais à adopter officiellement le régime.
La Commission a également décidé de
fixer les modalités de la présentation de bovins mâles à
l'intervention publique. La première décision relative aux
quantités qui seront achetées au titre de l'intervention
sera arrêtée lors de la prochaine réunion du comité de
gestion de la viande bovine prévue le 15 décembre. Il a par
ailleurs été décidé de faire passer de 60 % à 80 % le taux
des avances sur les primes à la viande bovine versées aux
producteurs.
Commentant cette décision, Franz
Fischler, membre de la Commission responsable de
l'agriculture, a déclaré: «Ce régime offrira un maximum de
garanties aux consommateurs et entraînera un minimum de
charges pour le contribuable. Cette mesure extraordinaire
aura évidemment un coût - tant pour les producteurs et
l'industrie de la viande que pour les États membres et
l'UE. Je suis néanmoins convaincu qu'il s'agit d'un
investissement rentable. Je me réjouis que les chefs d'État
et les ministres de l'agriculture aient fait leur l'analyse
de la Commission selon laquelle une réaction rapide était
nécessaire pour éviter un effondrement du marché de la
viande bovine et des coûts d'intervention publique
démesurés.»
Présentation détaillée de la
décision:
1. Durée
Le régime dit d'«achat aux fins de
destruction» s'applique du 1er janvier au 30 juin
2001.
2. Prix payé aux producteurs de viande bovine
Dans le cadre de ce régime, les
producteurs de viande bovine ou leurs agents seront
indemnisés pour la perte du bétail qui doit être détruit.
Cette indemnisation sera payée par l'État membre. Elle sera
calculée sur la base:
- du poids de la carcasse,
- du prix du poids mort fixé par l'État
membre compte tenu du prix en vigueur sur le marché pour
les classes et catégories de viandes dans l'État membre
considéré. Néanmoins, le prix sera fixé à un niveau
garantissant le bon fonctionnement du régime de
destruction.
Les États membres qui ont généralisé les
tests de dépistage de l'ESB déjà en place peuvent être
autorisés par la Commission à appliquer également le régime
de destruction aux bovins dont le test a été négatif.
Aujourd'hui, cette autorisation a été donnée à
l'Allemagne.
3. Coûts
L'Union européenne contribuera pour 70 %
à l'achat des animaux, les 30 % restants étant financés par
les États membres. En outre, ces derniers doivent payer les
opérations de stockage et de destruction des animaux. Les
frais de dépistage de l'ESB chez les animaux autorisés pour
la consommation humaine seront cofinancés à concurrence de
15 euros par trousse. Le taux du dépistage pratiqué sur les
animaux à risque reste de 30 euros par trousse jusqu'à fin
juin 2001.
Les dépenses globales liées à
l'agriculture dans le budget 2001 (FEOGA, rubrique 1a)
dépendront du nombre de tests pratiqués par les États
membres, de l'évolution des prix sur le marché de la viande
bovine et du nombre d'animaux que les producteurs de viande
bovine veulent envoyer à l'abattage et à la destruction.
Selon les estimations de la Commission, le retrait de 100
000 tonnes de viande bovine au titre du régime d'«achat aux
fins de destruction» coûterait 140 millions d'euros au
budget communautaire.
4. Assurer une mise en uvre correcte du régime
Pour garantir que les carcasses
n'entrent pas dans la fabrication de denrées alimentaires,
d'aliments pour animaux ou de produits à usage médical,
elles doivent être badigeonnées puis entreposées
séparément. Les États membres doivent effectuer les
contrôles nécessaires pour s'assurer que tous les produits
à détruire l'ont été effectivement. En outre, les
inspecteurs de la Commission procéderont à des contrôles
par sondage pour vérifier que le règlement a été
respecté.
5. Exceptions
Conformément à la décision du Conseil,
la Finlande, l'Autriche et la Suède, pays de l'Union à
faible risque sur le plan de l'ESB, peuvent autoriser s'ils
le souhaitent l'abattage de bovins de plus de 30 mois en
vue de la consommation humaine sur leur marché NATIONAL
sans tests de dépistage de l'ESB. Ces viandes doivent être
identifiées par un cachet national spécial. Seules les
viandes testées peuvent être exportées avec le cachet ovale
normal de Union.
Le régime d'«achat aux fins de
destruction» ne concerne pas le Royaume-Uni, qui applique
déjà un régime «Bovins de plus de trente mois» en
bénéficiant d'un cofinancement de l'Union, dans le cadre
duquel tous les animaux abattus de plus de 30 mois qui ont
été vendus doivent être détruits.
Publié le 14/12/2000
Annexe
Régime d'achat aux fins de destruction
Financement communautaire maximal (70 %) par animal en
euros
|
|
VACHES
|
GÉNISSES
|
BUFS
|
|
Belgique
|
544
|
727
|
-
|
|
Danemark
|
363
|
444
|
-
|
|
Allemagne
|
364
|
442
|
-
|
|
Grèce
|
292
|
520
|
-
|
|
Espagne
|
280
|
536
|
-
|
|
France
|
472
|
674
|
713
|
|
Irlande
|
285
|
421
|
543
|
|
Italie
|
294
|
561
|
-
|
|
Luxembourg
|
553
|
593
|
698
|
|
Pays-Bas
|
418
|
385
|
-
|
|
Autriche
|
393
|
501
|
644
|
|
Portugal
|
281
|
543
|
-
|
|
Finlande
|
272
|
306
|
-
|
|
Suède
|
384
|
402
|
510
|
Les taureaux présentés au titre du
régime seront cofinancés au taux des vaches. Dans les États
membres pour lesquels aucun montant n'est fixé pour les
bufs, le taux applicable sera celui fixé pour les
génisses.
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1
Le Comité de gestion se compose de
représentants des Etats membres et est présidé par la
Commission européenne
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