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Third Annual Assembly of consumer
associations : 23-24 November 2000
Troisième Assemblée annuelle des
associations de consommateurs, Bruxelles 23-24 Novembre
2000
Atelier
Sécurité alimentaire "L'Autorité Alimentaire Européenne".
Un document présenté par Mme C. Majewski, Mme J.
Vergnettes, DG Santé et protection des consommateurs -
Commission européenne .
Introduction
La Commission européenne a approuvé le 8
Novembre
une proposition de règlement du Parlement et du Conseil
qui établit les principes et les exigences de base de la
législation alimentaire et crée une Autorité alimentaire
européenne (AAE)
1
.
La proposition présentée par David
Byrne, commissaire en charge de la santé et de la
protection des consommateurs, et Erkki Liikanen,
commissaire en charge de la DG Entreprise, constitue la
pièce maîtresse de la stratégie de la Commission en
faveur d'une politique alimentaire proactive qui couvre
l'ensemble de la chaîne alimentaire, de la ferme à la
table.
Son principal objectif est de fournir
les bases de l'assurance d'un
niveau élevé de protection de la vie humaine tout en
garantissant le bon fonctionnement du
marché intérieur. Cet ensemble de mesures
contribuera non seulement à un
niveau élevé de protection de la santé des
consommateurs dans le domaine de la sécurité des
denrées alimentaires, mais aussi au rétablissement et au
maintien de la
confiance des consommateurs dans les produits
alimentaires.
La Commission a décidé qu'il serait
nécessaire de donner à l'AAE
le personnel et les moyens requis pour en assurer le
bon fonctionnement.
Dans un délai de trois ans, il est prévu que l'AAE
emploie 250 personnes et dispose d'un budget de quelque 40
millions d'euros. Ses besoins définitifs en matière de
personnel et de budget seront réexaminés au terme de cette
période afin de garantir que l'Autorité dispose des moyens
requis pour être totalement opérationnelle. Les premiers
chiffres indiquent un effectif de 330 personnes
environ.
I. Principaux objectifs et caracterisitiques de
l'Autorité alimentaire européenne
1. L' Autorité alimentaire européenne (AAE) contribuera
à un niveau élevé de protection de la santé des
consommateurs dans le domaine de la sécurité alimentaire
, mais aussi au rétablissement et au maintien de la
confiance des consommateurs
dans la sécurité des denrées alimentaires.
2. Pour gagner la confiance des
consommateurs l'Autorité fonctionnera au niveau le plus
élevé d'
excellence scientifique, d'
indépendance et de
transparence.
3. L'Autorité alimentaire européenne
mettra en pratique
les principes généraux et les prescriptions générales de
la législation alimentaire et constituera un élément
clé de l'amélioration de la protection de la santé humaine
et de la confiance des consommateurs.
4. L'AAE aura pour rôle essentiel de
fournir à la Communauté les
avis scientifiques et techniques indépendants dont
elle a besoin
pour étayer la politique et la législation dans les
domaines de la
sécurité des denrées alimentaires, de la nutrition, de
la santé et du bien-être des animaux et de la santé
végétale au niveau européen et international.
5. L'AAE devra respecter le principe
de séparation de l'évaluation des risques et de la
gestion des risques ainsi que la politique existante et
les compétences juridiques de la Commission, du Parlement
européen et du Conseil.
6. Outre sa mission principale
consistant à fournir à la Communauté des avis scientifiques
indépendants de très haute qualité, il est proposé que
l'AAE soit chargée de la gestion quotidienne du
système d'alerte rapide (couvrant l'alimentation
humaine et animale) et qu'elle joue un rôle déterminant
dans la
gestion des situations de crise, sous la
responsabilité de la Commission.
7. Point central du rétablissement de la
confiance des consommateurs, elle fournira des
informations claires et accessibles au public sur
toutes les questions relevant de son mandat. Son
droit de communiquer de sa propre initiative sur une
de ces questions constitue une importante garantie
supplémentaire pour faire en sorte que les préoccupations
des consommateurs en matière de sécurité alimentaire ne
soient pas négligées dans le processus de décision de la
Communauté.
8. L'AAE recevra la mission fondamentale
de
collecter et d'analyser des données permettant la
caractérisation et le suivi des questions liées à la
sécurité alimentaire dans la Communauté. Il n'existe
actuellement aucun mécanisme de ce type alors que ces
informations sont vitales pour l'identification rapide des
risques émergents, pour l'identification des points faibles
de la législation communautaire et pour les évaluations
complètes des risques dans de nombreux domaines.
9. Au centre de la mise en place d'une
structure moderne qui fournira à la Communauté une
assistance scientifique et technique dans des délais
appropriés dans les domaines de compétence de l'AAE figure
une intégration approfondie des compétences et des moyens
des États membres à travers
différents réseaux. Cette assistance touchera tous
les aspects des travaux de l'Autorité, notamment les
travaux préparatoires pour les comités scientifiques, la
collecte d'informations et les risques émergents. Un des
éléments essentiels de l'AAE résidera dans la valeur
ajoutée à ce qui peut être réalisé dans le système existant
à travers la coordination et la collaboration des États
membres.
10. Dernier aspect, fondamental pour la
réussite globale de l'AAE, la proposition souligne qu'il ne
sera possible de regagner la confiance des consommateurs
que si l'Autorité agit indépendamment des pressions
extérieures et est acceptée comme telle par toutes les
parties concernées. Son statut prévoit donc des garanties
en matière d'indépendance, de transparence, de
représentativité et de responsabilité.
II. La valeur ajoutee de l'Autorité alimentaire
européenne.
1. Un mandat étendu.
Un mandat étendu est essentiel pour que
l'AAE ait une
vision d'ensemble de la chaîne alimentaire et
fournisse une
base scientifique cohérente pour la politique et la
législation de la Communauté dans ce domaine. La
proposition de la Commission reconnait que la sécurité de
produits importants pour le secteur de l'alimentation
humaine et animale ne peut être évaluée sans considérer des
aspects non alimentaires essentiels.
Le champ de compétence de l'Autorité
couvre:
-
Toutes les questions ayant un impact
direct ou indirect sur la
sécurité alimentaire.
-
La santé et le bien-être des animaux, la santé des
plantes.
-
La nutrition.
-
Tous les OGM. Toutefois, pour les organismes
génétiquement modifiés (OGM) qui ne sont pas des denrées
alimentaires ou des aliments pour animaux, la mission de
l'Autorité sera limitée aux seuls avis
scientifiques.
Il importe également d'éviter tout
risque de confusion entre le rôle de l'Autorité et celui de
l'Agence européenne pour l'évaluation des médicaments
(EMEA). C'est pourquoi la proposition précise que son champ
d'action ne porte pas préjudice aux compétences attribuées
à l'EMEA.
2. Un champ étendu de tâches scientifiques permettant
une vue d'ensemble de la chaîne alimentaire.
L'activité de l'Autorité alimentaire
européenne ira au-delà du travail accompli actuellement par
les comités scientifiques. L'autorité aura en particulier
un rôle d'
alerte rapide et de
vigie sur les risques émergents pour protéger les
consommateurs. L'autorité recueillera des informations non
seulement au bénéfices des travaux scientifiques mais aussi
en vue d'obtenir une vue globale de la chaîne alimentaire
et d'
informer
les gestionnaires
du risque et
le public.
L'AAE remplira six grandes
fonctions:
(a) Fournir des
avis scientifiques indépendants (à la demande de la
Commission, des Etats membres, des organismes nationaux du
secteur alimentaire ou du Parlement européen).
(b)
Conseiller sur des questions alimentaires techniques
afin d'étayer les politiques et la législation dans le
domaine de la sécurité alimentaire et la nutrition, de la
santé et du bien-être des animaux, et de la santé des
plantes.
(c)
Recueillir et analyser des données sur les modes
d'alimentation, l'exposition par voie alimentaire, les
risques liés aux aliments, etc. afin de contrôler la
sécurité alimentaire dans l'UE
(d) Identifier les
risques émergents.
(e) Assurer le fonctionnement quotidien du
système d'alerte rapide couvrant à la fois les
denrées alimentaires et les aliments pour animaux.
(f) Assumer un
rôle clair de communication afin d'informer
l'opinion publique de tous les sujets relevant de son
mandat.
3. Une organisation assurant l'implication des
consommateurs et autres parties intéressées et des Etats
Membres.
Les structures organisationnelles
proposées faciliteront la participation des nombreuses et
diverses
parties intéressées à l'AAE,
l'indépendance par rapport aux pressions externes,
la
transparence et
la responsabilité envers les institutions
démocratiques.
Par conséquent, il est proposé que le
conseil d'administration de l'AAE se compose de
quatre représentants nommés par le Conseil des ministres,
quatre nommés par la Commission, quatre nommés par le
Parlement européen et quatre représentants des
consommateurs et de l'industrie désignés par la
Commission.
La Commission estime également que, en
tant qu'organisme communautaire, l'AAE doit veiller à
utiliser au mieux les compétences et les moyens des États
membres dans la réalisation de sa mission tout en
respectant le principe de la séparation de l'évaluation et
de la gestion des risques et l'exigence générale
d'indépendance. C'est pourquoi il est proposé que l'AAE
comporte un
forum consultatif composé de représentants des
instances analogues des États membres pour assurer le
fonctionnement efficace des différents réseaux de collecte
d'information et des mécanismes auxiliaires.
La proposition prévoit le transfert et
la restructuration en profondeur des 6 comités
scientifiques indépendants qui conseillent actuellement la
Commission sur les questions qui seront prises en charge
par l'AAE. La structure proposée est composée de
8 groupes permanents et d'un comité scientifique
chargés de délivrer des avis scientifiques, chacun dans son
domaine de compétence, sur toutes les questions relevant de
la mission de l'Autorité.
4. Une nouvelle organisation des avis
sientifiques.
L'excellence des avis scientifiques
restera garantie sur la base des procédures introduites par
la Commission en 1997 qui permettent à des scientifiques à
titre individuel de poser leur candidature comme membre
d'un comité ou d'un groupe scientifique.
Le manque de moyens des comités
scientifiques existants face au nombre croissant et à
l'urgence des questions en cause a été souligné par le
Livre blanc. l'AAE devra disposer des moyens nécessaires
pour que les membres du comité bénéficient d'un support
administratif et scientifique suffisant pour leur permettre
de concentrer leur temps limité sur les questions
essentielles de l'évaluation des risques. Ceci implique de
disposer d'un nombre important d'experts scientifiques
internes qui, avec le concours des États membres lors des
travaux préparatoires, permettront au comité scientifique
et aux groupes indépendants de travailler principalement
par évaluation critique par des pairs . Les membres du
comité et des groupes scientifiques seront donc dans une
large mesure exemptés des travaux longs et minutieux de
préparation et d'évaluation des dossiers qui caractérisent
le système actuel qui est surchargé.
Il est proposé que le PE, les États
membres ou leurs instances compétentes puissent également
adresser des
demandes d'avis scientifiques à l'AAE, à l'exception
importante des questions concernant des domaines où la
législation communautaire prévoit obligatoirement la
consultation de l'AAE. Dans ces cas, la Commission, en
application de son droit d'initiative, est seule
responsable pour adresser une question à l'Autorité.
Le
droit d'auto-saisine de l'AAE traduit son
indépendance.
5. Prévention de conflits entre avis
scientifiques.
La Commission n'estime pas qu'il est
pratique ou approprié d'habiliter l'AAE en qualité
d'arbitre scientifique en dernier recours en cas de
conflits d'avis scientifiques d'une manière telle qu'elle
soit contraignante pour les parties concernées. Cependant,
le projet de règlement confie un rôle de premier plan à
l'AAE qui doit
anticiper les conflits, réunir les parties
concernées en vue d'identifier les raisons à la base de la
divergence d'opinion et de se mettre d'accord sur ces
raisons. Même si l'AAE n'est pas en mesure de résoudre le
conflit, la procédure fournira à la Commission des bases
transparentes à partir desquelles elle pourra élaborer ses
propositions en matière de gestion des risques en ayant une
vision claire des aspects scientifiques
sous-jacents.
6. Un fonctionnement basé sur des réseaux avec les
organisations actives dans le même domaine que
l'Autorité.
La mise en place de
réseaux efficaces d'organisations opérant dans les
mêmes domaines que l'AAE fournira le mécanisme par lequel
les États membres pourront associer leurs expertises dans
l'intérêt commun de la Communauté.
Cela donnera à l'autorité proposée un
potentiel global comparable à celui d'organisations
nationales beaucoup plus grandes telles que la FDA
américaine.
L'Autorité s'engagera dans une
coopération directe avec les organisations
compétentes des États membres en vue de les associer
étroitement à ses travaux d'une manière qui met non
seulement à profit leur potentiel scientifique, mais
maintient, voire renforce la capacité de leurs instituts
scientifiques.
Le projet de règlement prévoit que
l'Autorité dresse une liste des organisations désignées par
les États membres (organismes publics, instituts
universitaires ou privés) qui possèdent des compétences
scientifiques dans les domaines couverts par l'AAE et
susceptibles d'accomplir diverses tâches pour elle.
Il est prévu que, le cas échéant, l'AAE
puisse rémunérer les organisations compétentes pour l'aide
apportée dans les dossiers d'autorisation en vue d'assurer
le respect des délais et des normes de qualité
communes.
Pour tirer un avantage maximum des
moyens de l'Autorité et du système de support par les États
membres, la mise en place de l'AAE devra s'accompagner
d'une
révision des procédures existantes concernant le
support scientifique des États membres aux travaux
préparatoires, en particulier pour les dossiers relatifs à
des demandes d'autorisation. Il sera essentiel de faire en
sorte que toutes les évaluations scientifiques conduites
par l'AAE répondent aux attentes des consommateurs et de
l'industrie en termes de qualité scientifique et
d'indépendance.
7. Le fonctionnement de l'AAE sera basé sur l'
indépendance et la transparence.
L'acceptation des avis et de
l'objectivité de l'AAE par le grand public et les milieux
scientifiques dépendra fondamentalement de la mise en place
d'une culture de l'indépendance et de la transparence à
tous les niveaux de son fonctionnement.
Le règlement proposé prévoit par conséquent un
ensemble d'obligations pour le conseil d'administration,
les membres du comité scientifique, les groupes
scientifiques et leurs groupes de travail et le forum
consultatif des États membres. Ces obligations doivent
garantir l'indépendance véritable et visible des avis de
l'AAE.
Il est prévu que le conseil
d'administration puisse décider de tenir certaines de ses
réunions en public ou d'autoriser des représentants
des parties intéressées à assister à certaines activités de
l'Autorité en qualité d'observateurs.
L'AAE adoptera un règlement intérieur
régissant l'application pratique et précise de ces
dispositions et prenant en compte le respect de la
confidentialité.
La proposition de la Commission
reconnait la nécessité de contacts entre l'AAE et les
représentants des consommateurs et des
autres parties concernées. Ces contacts devraient
permettre d'accroître le degré de confiance dans ses
travaux et sont compatibles avec sa mission de
communication au sens large.
8. La voix de l'Autorité alimentaire européenne
Le Livre blanc sur la sécurité
alimentaire a mis en évidence l'importance d'une
communication directe et ouverte avec les
consommateurs sur les
avis scientifiques et sur les
tâches de suivi et de surveillance. Il admettait
qu'une information immédiatement accessible et facilement
compréhensible pouvait sensiblement améliorer la
confiance des consommateurs. La proposition de
donner à l'AAE un droit de communiquer de sa propre
initiative sur des sujets qui relèvent de sa compétence
constitue une garantie additionnelle importante pour le
consommateur.
Conformément au Livre blanc, la
Commission restera chargée de la communication sur
les décisions en matière de gestion des risques; il importe
toutefois qu'un échange approprié d'informations ait lieu
entre l'AAE et la Commission pour garantir la cohérence du
message global.
Cette autonomie de communication et ce
droit de lancer des avis scientifiques sont autant de
sauvegardes importantes supplémentaires que la sécurité des
consommateurs est placée au cur de la politique et de la
réglementation communautaire.
Les travaux de l'AAE dans le domaine des
campagnes d'information du public sur les
questions de sécurité alimentaire ou de
nutrition devront être soigneusement orchestrés avec
les États membres et les autres parties concernées pour
prendre en compte les questions de santé publique au sens
large.
9. Un système d'alerte rapide amelioré et une gestion
des crises plus efficace.
L'autorité sera chargée d'assurer le
fonctionnement du
système d'alerte rapide élargi pour
l'alimentation humaine et animale.
Le système révisé concernera donc
spécifiquement les produits destinés à l'alimentation
humaine et animale dans un réseau regroupant la Commission,
les États membres et l'Autorité.
L'Autorité assurera le
fonctionnement du réseau, à savoir la transmission
immédiate des notifications reçues par le système d'alerte
rapide vers tous les membres du réseau et
l'analyse des données générées par le système, la
Commission et les États membres restant responsables des
mesures de gestion des risques dans leurs domaines de
compétence respectifs.
De nouvelles modalités destinées à
garantir une coordination optimale et à renforcer la
capacité générale de la Communauté
d'identifier les mesures les plus efficaces pour
prévenir, réduire ou éliminer un risque pour la santé
humaine sont envisagées.
Ces nouveaux outils incluent la
définition d'un plan de gestion des crises et prévoient que
la Commission mettra en place, le cas échéant, une cellule
de crise à laquelle l'Autorité participera. L'Autorité
fournira à la cellule de crise un support scientifique et
technique, la Commission restant responsable des mesures de
gestion. La cellule de crise sera chargée de la
communication pendant la période de crise.
La création de l'Autorité alimentaire
européenne est prévue pour la
fin 2002.
DG Santé et protection des consommateurs - Commission
européenne . 16/11/2000.
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1
Voir
http://ec.europa.eu/dgs/health_consumer/library/press/press82_fr.html
pour le communiqué de presse
et aussi
http://ec.europa.eu/food/fs/intro/efa_prop_fr.pdf
pour le texte de la proposition de la Commission.
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