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Exploitation et développement du potentiel d’emploi du secteur culturel à l’ère de la numérisation

Exploitation et développement du potentiel d’emploi du secteur culturel à l’ère de la numérisation. Jusqu’à une époque récente, le secteur artistique et culturel ne revêtait qu’une importance secondaire dans l’État providence en termes d’économie et de marché de l’emploi.

La culture était perçue comme une partie de la politique sociale et non comme un domaine pouvant ou devant être soumis aux critères économiques « normaux », ces critères étant considérés comme incompatibles avec la culture.

Au cours des 10 dernières années, le nombre d’études scientifiques commandées et de programmes politiques relatifs à la vaste thématique de « l’économie culturelle et l’emploi » a fortement progressé. Le débat actuel sur la théorie de la culture et la politique actuelle sont caractérisés par deux processus indépendants et interactifs au niveau de leur développement : on parle d’« économisation » de la culture d’une part et de « culturisation » de l’économie d’autre part.

Le secteur culturel est caractérisé par un nombre important de travailleurs indépendants et de très petites sociétés. On assiste à la naissance d’un nouveau type d’employeur, l’« individu entrepreneurial» ou le « travailleur culturel entrepreneurial», qui ne correspond plus au schéma classique précédent des professions à temps plein. Malgré la situation insatisfaisante des données, il a été possible de réaliser une délimitation statistique pratique du secteur culturel dans le cadre de la présente étude. Les principales caractéristiques quantitatives du secteur culturel ont pu être vérifiées et ont permis de fournir une solution approximative. Selon la définition la plus large, le secteur culturel de l’UE emploie actuellement 7,2 millions de personnes. Ce chiffre est sensiblement plus élevé que celui présumé dans des études précédentes.

On escompte à l’avenir une croissance continue des emplois créatifs du secteur culturel, poussée par la forte progression de la demande des ménages et des sociétés en produits et services culturels. L’emploi se développera également dans le domaine de la distribution, mais pas au même rythme que les « produits » culturels. Les « producteurs de contenus » semblent être davantage demandés que les professionnels du marketing et de la vente. De manière générale, le développement rapide de la numérisation des produits culturels diminuera l’importance des médias culturels « traditionnels » tels que l’édition et l’imprimerie alors que les nouveaux médias tels que les sites Internet passeront au premier plan, y compris en termes d’emploi.

La « culture numérique » résulte d’une interaction entre la culture « traditionnelle » (contenu), le secteur TIMES (technologie) et les services/la distribution. Le terme de plus en plus usité secteur « TIMES » (abréviation de Telecommunication, Internet, Multimedia, E-commerce, Software and Security = télécommunications, Internet, multimédia, commerce électronique, logiciel et sécurité) est utilisé dans cette étude pour désigner l’ensemble du secteur audiovisuel, c’est-à-dire le secteur multimédia dans son intégralité y compris les domaines de l’industrie culturelle tels que la télévision, l’édition et l’industrie musicale. Le secteur TIMES de l’UE est caractérisé par de très petites sociétés. Seulement 13,2% des sociétés ont plus de 50 employés. La proportion des travailleurs indépendants est élevée : 1,3 travailleur indépendant pour un employé. Avec 30%, la proportion des femmes employées dans ce secteur est très faible. Le pourcentage de femmes occupant des emplois créatifs est encore plus faible et seulement 20% des nouvelles entreprises TIMES sont créées par des femmes.

La culture numérique fait montre d’une énorme dynamique en matière d’emploi, en particulier dans le domaine du multimédia et des logiciels. Ces deux sous-secteurs ayant la plus forte demande en contenu et en créativité présentent par conséquent les meilleures opportunités d’emploi pour les créatifs. L’UE compte à l’heure actuelle environ 1,5 millions de sociétés dans les domaines du multimédia et des logiciels qui totalisent 12,4 millions d’emplois. En supposant qu’au cours des 10 prochaines années, le taux de croissance annuel baissera de 10 pour cent en 2001 à tout juste 3 pour-cent en 2011, nous pouvons escompter 22 millions d’emplois en 2011. Ainsi, environ 9,6 millions de nouveaux emplois seront créés dans les domaines du multimédia et des logiciels au cours de la prochaine décennie.

Néanmoins, la main d’œuvre du secteur TIMES connaît un fort goulot d’étranglement dans toute l’UE. Cette pénurie de personnel qualifié représente l’obstacle numéro un à la croissance du secteur TIMES. Dans la culture numérique, l’apparition actuelle de profils d’emploi et de contenus de qualification complètement nouveaux est extrêmement intéressante pour les professionnels du secteur culturel. On peut dire approximativement pour ce secteur que le segment technique entier, y compris la technologie, les infrastructures, le matériel et l’imprimerie subira une période de stagnation relative ou même de déclin (à la fois en termes d’emplois et de contribution au processus de valeur ajoutée), mais que tous les emplois orientés vers le contenu, c’est-à-dire créatifs, continueront à présenter des taux de croissance élevés (conception de sites Web, publicité, édition, médias, enseignement, divertissement, etc.)

Un grand nombre de bonnes pratiques dans l’UE sont liées aux profils des nouveaux emplois dans le domaine de la culture numérique et offrent des mesures de qualification correspondantes. Néanmoins, elles sont loin d’être partout suffisantes en nombre si l’on considère l’énorme besoin de qualification. Généralement, les bonnes pratiques exceptionnelles sont organisées en tant que partenariats publics et privés. L’engagement des sociétés a fait ses preuves mais peut se révéler problématique, notamment si les sociétés placent trop haut la barre des résultats à court terme.

La culture numérique s’est avérée être un moteur de l’emploi dans le passé et continuera à l’être à l’avenir, essentiellement en raison de la forte demande de créativité et de contenu dans le secteur TIMES. Ce secteur présente en même temps des pénuries importantes de main d’œuvre à l’heure actuelle. Par conséquent, les décideurs politiques doivent mieux orienter leurs instruments de politique de l’emploi vers ce secteur, tant au niveau européen que national. La politique européenne de l’emploi présente toujours un vaste déficit d’information spécifique, de communication et d’instruments de financement, en particulier dans le domaine de la formation et de la formation continue. Ainsi, dans le contexte de la politique de subventions, le secteur économique ayant les meilleures perspectives en termes de croissance et d’emploi est considérablement négligé, n’est pas suffisamment enregistré dans les statistiques d’emploi et ses besoins ne sont pas adéquatement pourvus.


Résumé du Rapport   (EN)

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