La réduction excessive du budget administratif de l'UE «nuira surtout aux citoyens européens»

Une réduction excessive et déraisonnable du budget administratif de l'UE telle que certains États membres le demandent, risque d'enrayer le fonctionnement de l'UE et de nuire surtout aux citoyens européens, a mis en garde le vice-président Maroš Šefčovič.

Prenant la parole à l'issue d'un débat organisé au Parlement européen de Strasbourg en vue de préparer le prochain Conseil européen sur le budget à long terme de l’UE ou «cadre financier pluriannuel» (CFP), le commissaire a critiqué la fixation «excessive» de certains États membres sur les frais administratifs de l'Union.

«Les coûts administratifs représentent seulement 6 % du CFP, il me paraît donc exagéré d'en faire une fixation», a-t-il déclaré. «Nous avons besoin d'une fonction publique européenne hautement qualifiée, compétente, indépendante et dont la répartition est géographiquement équilibrée, à l'heure où l'on nous demande d'en faire toujours plus, et ce dans 23 langues. La traduction absorbe à elle seule 15 % du budget de fonctionnement.»

Le vice-président a expliqué que les fonctionnaires européens devaient effectuer des tâches de plus en plus variées et complexes: examen des budgets nationaux dans le cadre du semestre européen, négociation d'accords commerciaux, règlement des litiges devant la Cour européenne de justice.

«Les États membres, les entreprises et les cabinets juridiques envoient leurs meilleurs éléments à Bruxelles, à Strasbourg, à Luxembourg. Mais demandez-leur combien ces personnes gagnent, ils ne vous le diront pas! Moi, je peux vous affirmer que leur salaire est plus élevé que dans leur pays d'origine, car il reflète  leurs qualifications, leur connaissance des langues et leur travail acharné».

M. Šefčovič a ensuite appelé les chefs d'État et de gouvernement de l'UE à «ne pas détruire la machine européenne». Il a martelé que la réforme du statut des fonctionnaires en 2004 avait déjà permis d'économiser 10 milliards d'euros et que, à la suite de nouvelles réformes, les fonctionnaires européens allaient travailler un plus grand nombre d'heures par semaine et partir à la retraite à un âge plus avancé que dans la plupart des États membres. Les 2 500 emplois que certains veulent supprimer représentent plus que l’ensemble du personnel de la Cour européenne de justice, a-t-il fait remarquer.

«Voulons-nous vraiment en arriver à une situation où nous devrons reporter le développement régional, baisser la qualité des investissements, ne plus rien traduire et être confrontés à des incertitudes juridiques parce que les dossiers en suspens s'accumuleront à la Cour européenne de justice?  En faisant des économies de bout de chandelle, nous risquons de provoquer des dégâts structurels dont pâtiront surtout les citoyens européens».

Dernière mise à jour : 22/10/2014 |  Haut de la page