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Justice, droits fondamentaux, citoyenneté

La vice-présidente Reding, en visite aux États-Unis, appelle à des règles strictes de protection des données afin de restaurer la confiance

EC

La vice-présidente Reding était à Washington et New Haven les 29 et 30 octobre où, à la suite de nouvelles révélations d’espionnage par les États-Unis, elle a prononcé deux discours d’importance sur les thématiques de la protection des données et du partenariat transatlantique entre l’UE et les États-Unis.

Dans un discours au Center for Transatlantic Relations, la vice-présidente Reding a abordé le thème des récentes révélations d’espionnage par les États-Unis, clarifiant que « amis et partenaires ne s’espionnent pas mutuellement. Pour garantir le succès de négociations ambitieuses et complexes, la confiance doit pouvoir régner entre les partenaires de négociation. Il est urgent et essentiel que nos partenaires [américains] posent des actes clairs afin de reconstruire cette confiance. »

La vice-présidente Reding a salué le fait que les propositions de réforme de la Commission pour la protection des données aient déclenché un débat sur la vie privée aux États-Unis, déclarant que : « Dès qu’un ensemble de lois cohérent et unique sera en place en Europe, nous attendrons la même chose des États-Unis. Ceci est nécessaire afin de créer une base stable pour les flux de données personnelles entre l’UE et les États-Unis. L’interopérabilité et l’autorégulation ne suffisent pas. Le régime actuel a fait les frais de critiques de la part de l’industrie européenne et de questionnements de la part des citoyens européens : ils disent qu’il ne s’agit guère plus que d’un correctif offrant un voile de légitimité aux entreprises américaines qui l’utilisent. » Elle a également appelé les États-Unis à inclure une provision légale de réparation judiciaire pour les citoyens européens, quel que soit leur résidence,  dans la loi américaine à venir sur la protection des données.

Dans un second discours prononcé à l’Université de Yale, la vice-présidente Reding a souligné les avantages d’un accord commercial entre l’UE et les États-Unis, décrivant trois des principales raisons pour des négociations pour l’avenir : « D’abord, il nous faut générer une nouvelle croissance dans nos économies – et, en particulier, une croissance qui ne nécessite pas une utilisation des deniers publics. Ensuite, nous devons nous débarrasser d’obstacles inutiles qui se dressent encore entre nous – et souvent, sans raison valable. Et enfin, il nous faut fixer des normes au commerce mondial. »

La vice-présidente poursuivit en dépeignant sa vision de futurs États-Unis d’Europe,  spécifiant que : « Peut-être qu’un jour, dans l’avenir, nous aurons besoin d’un président directement élu à la tête de la Commission européenne. La campagne électorale pour les élections présidentielles aux États-Unis nous a montré à quel point une décision de ce genre au sujet d’une seule personne peut avoir un effet mobilisateur sur tout un continent. (…) Ce dont nous avons certainement besoin, c’est d’un ministre européen des finances. Une personne qui protègerait les intérêts de tous les États membres et qui serait leur porte-parole dans les institutions internationales. Comme (…) le ministre américain des finances. Il a pour responsabilité le budget fédéral et l’intérêt des États-Unis dans leur totalité – et non, uniquement, les finances de l’Ohio. »