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Justice, droits fondamentaux, citoyenneté

Femmes dans les conseils d'administration - Briser le "plafond de verre"

Boardroom (c) Commons

Un an après l'appel à des initiatives d'autorégulation crédibles lancé par la commissaire européenne chargée de la justice Viviane Reding, peu de progrès semblent avoir été accomplis. Dans les plus grandes entreprises européennes, seul un membre du conseil d'administration sur sept est une femme (13,7 %). Cela représente une augmentation de 1,9 % par rapport à 2010. À ce rythme, plus de 40 ans seraient nécessaires pour obtenir un réel équilibre entre les femmes et les hommes (au moins 40 % des deux sexes).

En mars 2011, Viviane Reding a appelé les entreprises européennes à accroître volontairement la présence des femmes dans les conseils d'administration en signant la déclaration d'engagement "Davantage de femmes dans les conseils d'administration, une promesse pour l'Europe". Par leur signature, les entreprises s'engagent à relever la représentation des femmes dans leur conseil d'administration à 30 % d'ici 2015, et à 40 % à l'horizon 2020. Toutefois, au cours de ces 12 derniers mois, seules 24 sociétés européennes ont signé la déclaration d'engagement. "Je regrette que malgré nos appels, l'autorégulation n'ait pas produit de résultats satisfaisants à ce jour", a-t-elle déclaré aujourd'hui.

Aujourd'hui, la Commission invite le public – des entreprises individuelles, des partenaires sociaux, des ONG concernées et des citoyens – à se prononcer sur le type de mesures que l'UE doit prendre pour s'atteler au manque de diversité hommes-femmes dans les salles de conseil. Une consultation publique se tiendra jusqu'au 28 mai 2012. La Commission utilisera ces contributions pour décider des nouvelles mesures à prendre plus tard dans l'année. Lors de son appel en 2011, la vice-présidente Reding a déclaré: "vous pouvez compter sur ma créativité réglementaire" si en mars 2012, des "progrès réels" n'ont pas été accomplis.

Des rapports sur l'équilibre entre les femmes et les hommes indiquent que la présence de femmes à des postes de direction peut accroître la performance des entreprises, améliorer leur compétitivité et engendrer des bénéfices économiques. Par exemple, Ernst & Young est parvenu à la conclusion que les 290 plus grandes sociétés cotées en bourse dont le conseil d'administration comptait au moins une femme affichaient un chiffre d'affaires sensiblement supérieur à celles qui n'avaient aucune femme au sein de leur conseil.