Neelie KROES
Vice-President of the European Commission

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Guest blog: normaliser le numérique et réaliser la société de la connaissance

As in previous years, this summer I'm opening up my blog to "guest entries" from some of my advisers and digital champions. Today, a guest blog (in French) from Gilles Babinet, about what history has to teach us about technological advance - and how standards and educational reform can help us become a knowledge society.  (English translation below).

Gilles Babinet
L’étude de l’histoire nous donne de précieuses informations sur ce qui a fait la richesse et la ruine des nations. Beaucoup de ces informations sont transposables dans notre monde contemporain et deux d’entre elles me semblent particulièrement riches d’enseignement. L’un d’entre eux est que la gouvernance est déterminante dans le succès des nations, qu’il s’agit de la Venise des Doges ou de la France de Louis XIV, des facteurs clairement identifiés ont été déterminants à l’émergence de nouvelles dynamiques. Souvent, cela s’est accompagné d’une volonté d’utiliser de nouvelles techniques et d’une normalisation de ces techniques à l’échelle d’un territoire ou d’un système : le système bancaire et la comptabilité à écriture double pour Venise, de nouvelles techniques militaires pour Louis XIV.

Plus récemment, les Etats-Unis, qui trustent pour l’instant le développement de l’économie numérique n’ont pas fait exception : c’est aussi largement en normalisant à outrance l’internet (le TCP-IP, les systèmes de paiement, etc.) que l’internet a pu émerger et devenir une force essentielle au redéveloppement de ce pays.

L’Europe pourrait très bien bénéficier d’une telle conjecture. Avec une volonté de plus en plus affirmée des Etats, et de la Commission de mettre en place des stratégies de normalisation au niveau Européen, elle pourrait effectivement bénéficier d’un appel d’air innovant, beaucoup plus efficace que nombres de programmes de relances nationaux, basés sur des stratégies classiques d’investissements en infrastructures par exemple.

Le cas du système de paiement européen unifié Sepa qui concerne désormais plus de 500 millions de personnes, des dizaines de milliers d'entreprises et 4.600 opérateurs en est un brillant exemple.  Plus de 2 milliards de paiements seront effectués chaque mois dans la zone euro dans les nouveaux formats normalisés. Les gains d’opportunités qui vont en découler seront considérables et nous toucherons tous, du simple citoyen à la très grande entreprise.

D’ici cinq ans, je rêve par exemple d’une europe qui aurait largement normalisé les API (Application Protocole Interface) dans les systèmes de paiement, de santé, d’opendata des administration, de cartographie, de sécurisation de réseau, d’utilisation des drones, etc. Et également d’une Europe qui aurait standardisé le cloud, les réseaux d’énergie de type Grid, le spectre de fréquence européen, le fonctionnement des véhicules autonomes...

Evidemment, il s’agit en apparence d’enjeux très techniques et peu à même d’enthousiasmer le citoyen européen. Ne nous y méprenons pourtant pas : chacune de ces dispositions offre un champ de perspectives économiques qui se chiffrent en milliards d’euros, en dizaines de milliers d’emplois, sans même parler de la dynamique nouvelle que cela crée en terme de fonctionnement de la vie de la cité, du rapport entre citoyen et institutions.

C’est là que vient le second enjeu : ces opportunités ne pourront être justement saisies que si nous parvenons à disposer en Europe d’un niveau de formation inégalé ; aussi bien à l’école primaire qu’à l’université. C’est une chance pour notre Europe qui est une zone du monde qui excelle dans la qualité de son éducation et qui pourrait également normaliser de nouvelles pratiques éducatives, plus propres à nous permettre de rentrer dans la société de la connaissance qu’à continue à entasser des savoirs pas nécessairement les plus nécessaires au monde qui vient. Le fait de pouvoir plus facilement encore qu’aujourd’hui, aller étudier dans d’autres universités européennes, échanger des connaissances, développer des compétences à une échelle européenne est donc un impératif et un souhait que nous pourrions réaliser dans une échelle de temps raisonnable. C’est aussi un impératif qu’exige l’émergence d’une société de la connaissance. 

 

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The study of history gives us valuable information about what brings about the wealth and ruin of nations. Much of that information can be applied today's world; in particular, there are two particularly valuable lessons. One is that governance is decisive in a nation's success – whether that is the Venice of the Doges, or Louis XIV's France – where very clearly identifiably factors have allowed a new dynamic to emerge. And often that is accompanied by the willingness to use new techniques, and to make them standard across a whole territory or system: the banking system and double entry bookkeeping for Venice; new military techniques for Louis XIV.

More recently, the USA, which has for the time being cornered the developing digital market, is no exception: it is by significantly embedding the Internet as standard (TCP-IP, payment systems and so on) that it has been able to emerge and become an essential force in that country's development.

Europe stands to benefit very well from this situation. With ever more determination from its countries – and from the Commission, putting in place standardising strategies at the European level – Europe can really benefit from innovative fresh air, much more effective than numerous national "relaunch" programmes, based on classic strategies such as investing in infrastructure.

SEPA, the unified European payments system — which now affects over 500 million people, tens of thousands of companies, and 4,600 operators – is a shining example. In the Eurozone, over 2 billion payments a month will be made using new standardised formats. The resulting extra opportunities are considerable and will affect us all, from the humble citizen to the largest company.

Five years from now, I dream of a Europe which will have largely embedded Application Programming Interfaces (APIs) into systems for payment, health, open public data, maps, network security, the use of drones and more. Equally – of a Europe that has made standards for the cloud, energy grids, European spectrum frequencies , self-driving vehicles… 

Clearly: there are challenges of a very technical nature, which it is hard for European citizens to become enthusiastic about. But make no mistake: each of these measures offers a range of economic possibilities, worth billions of euros, and tens of thousands of jobs – not to mention the new dynamics that could be created for urban life, or the relation between citizens and institutions.

That's where the second challenge comes in. These opportunities can only be truly captured if we manage to have in Europe an unrivalled level of education; in primary school as much as at University. It's our chance for Europe – already a world leader in educational excellence, and which could also embed new educational practices, better suited to helping us leap into the knowledge society than simply transmitting knowledge that is less relevant to the world we are heading for.

Being able to more easily study in other universities, exchange information, develop competences at a European level is therefore an imperative – and a dream we could achieve within a realistic timeframe. It's also a necessary condition for the "knowledge society" to emerge.

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Comments

  • Thierry Vallaud's picture
    Quelques bonnes idées mais.... Lire "Souriez vous êtes fiché" de Raf Jesper Moi j'aimerai une centralisation du sytème bancaire pour déjà controler les établissements financiers et puis la construction d'une europe sanitaire et sociale et aussi une priorisation industrielle sans forcément copier le modèle néoliberal américain.

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