Chemin de navigation

1

Discours

Discours principal à la réception annuelle de l'Association européenne des fournisseurs automobiles (CLEPA)

Connie Hedegaard

Bruxelles, le 26 février 2013

Check Against Delivery

Mesdames et Messieurs,

L'industrie européenne en général, et plus particulièrement le secteur automobile, doit actuellement faire face à de nombreux défis majeurs. La grave récession économique, le chômage ainsi que la concurrence de plus en plus forte des pays tiers exercent une pression supplémentaire sur une industrie européenne déjà mise à rude épreuve. Dans un même temps, la crise climatique est malheureusement toujours d'actualité. Dans ce monde en constante évolution, nous souhaitons que l'Union européenne devienne une économie intelligente, durable et inclusive. Ces trois principes sont à la base de la stratégie Europe 2020, la stratégie de croissance que l'Union européenne a adoptée pour les dix années à venir. Elle vise à stimuler une croissance «intelligente», en investissant de façon plus efficace dans l'éducation, la recherche et l'innovation,, «durable», en donnant la priorité à une économie à faibles émissions de carbone et efficace dans l'utilisation des ressources, «inclusive», enfin, en mettant clairement l'accent sur la création d'emplois.

Je sais que la CLEPA et ses membres sont fermement engagés dans la lutte toujours plus difficile en vue de parvenir à une vraie compétitivité. En investissant prioritairement dans l'innovation, la protection de l'environnement, le développement durable, l'efficacité énergétique, la responsabilité sociale et l'amélioration de la sécurité et des compétences, vous vous situez dans le droit fil de la vision de l'avenir à la base de la stratégie Europe 2020.

Voilà pourquoi je crois en une industrie automobile européenne forte et compétitive, tant pour le présent que pour l'avenir.

L'industrie automobile joue un rôle de premier plan dans la recherche et le développement. La chaîne d'approvisionnement du secteur automobile investit chaque année l'imposante somme de 15 milliards d'EUR dans la recherche, le développement et l'innovation.

Les fonds européens exercent un effet de levier considérable sur l'industrie automobile de l'UE. L'UE reconnaît que l'industrie doit financer à la fois la recherche, le développement et l'innovation de plusieurs technologies de propulsion. Cela comprend l'amélioration continue des moteurs à combustion, ainsi que le développement de systèmes de propulsion électriques, par piles à combustible et hybrides.

Ces investissements substantiels fournissent des résultats tangibles. Depuis la mise en œuvre de la stratégie de l'UE en 2007, l'efficacité en carburant des nouvelles voitures a été considérablement améliorée. La moyenne d'émission de CO2 du parc automobile neuf a diminué, allant de quelque 160 grammes par kilomètre en 2007 à 135 grammes par kilomètre en 2011.

Les véhicules plus économes en énergie, équipés d'un moteur à combustion moderne ou d'autres systèmes de propulsion, sont de plus en plus nombreux sur le marché. Cette évolution serait impossible sans l'important effort réalisé par les fournisseurs automobiles, qui conçoivent et développent ces nouvelles technologies.

L'Europe et le secteur automobile peuvent-ils maintenant se reposer sur leurs lauriers?  Pas vraiment!

La Commission souhaite que vous poursuiviez cet effort. Comme vous le savez tous, la Commission prévoyait une augmentation significative par rapport au 7e programme-cadre dans sa proposition relative au programme Horizon 2020 pour la recherche et l'innovation portant sur la période 2014-2020. La proposition indiquait également que le financement de la recherche et de l'innovation dans le secteur automobile devait être proportionné à l'importance sociale et économique de ce secteur.

Malgré la décision adoptée ce mois par les chefs d'État de ramener le montant du financement proposé pour le programme Horizon 2020 à 63 milliards d'EUR, il s'agit tout de même d'une augmentation colossale par rapport au budget de la période 2007-2013. Il me semble évident que la recherche et l'innovation doivent rester une priorité dans le prochain budget de l'UE.

Cependant, le financement n'est pas le seul moyen de stimuler l'innovation. La mise en place d'une réglementation promouvant les nouvelles technologies automobiles, plus économes en énergie et qui émettent moins de CO2, est également essentielle pour soutenir l'innovation dans ce secteur.

Le cadre stratégique mis en place inclut des normes d'émission de CO2 pour les nouvelles voitures et camionnettes. Ces règlements ainsi que les propositions concernant la réalisation des objectifs pour 2020 actuellement examinées au Parlement européen et au Conseil ouvrent des perspectives prometteuses pour l'UE et annoncent de multiples effets bénéfiques, notamment pour le consommateur, le PIB, l'emploi et la sécurité énergétique. De plus, ils entraîneront des réductions très importantes des émissions de CO2.

Même aux prix actuels du pétrole, à savoir environ 100 USD par baril, chaque tonne de CO2 économisée aux termes des propositions actuelles de modification des règlements permettra de réaliser une économie nette de 110 EUR, voire plus,  pour l'ensemble de la société. Les bénéfices de ces mesures sont indéniables, et il semble par conséquent incompréhensible de vouloir se détourner de cette voie royale en accordant davantage de facilités, telles que les bonifications.

Bien entendu, le secteur automobile devra également consentir des efforts pour bénéficier de ces avantages. Il devra innover pour proposer les nouvelles technologies à un prix abordable aux consommateurs. Mais vous, l'industrie, nous affirmez que vous êtes capables de relever le défi. Nous croyons comprendre que, moyennant un rythme soutenable, vous possédez ou êtes occupés à développer les technologies permettant non seulement d'atteindre les objectifs pour 2020, mais également de les dépasser largement.

Nous avons exprimé notre volonté d'examiner également le secteur des véhicules lourds, où il est clair que les émissions de CO2 peuvent être réduites. Ainsi, nous devrions œuvrer à réduire les émissions de ce secteur.

N'oubliez pas que l'UE ne s'engage pas seule dans cette voie. Des normes visant à réduire les émissions de CO2 et la consommation de carburant ont été établies dans les marchés automobiles les plus importants au monde (Union européenne, États-Unis, Japon, Chine, Corée du Sud, Australie). Malgré les différences concernant l'intensité de l'effort à accomplir, la tendance est clairement à la baisse, et toutes ces normes convergent vers un même résultat. Voilà pourquoi la récession économique qui sévit actuellement ne devrait pas freiner l'innovation dans l'industrie automobile, car cette dernière lui permettra de restaurer sa compétitivité lorsque les perspectives économiques seront à nouveau plus favorables.

Enfin, Mesdames et Messieurs,

Alors que les objectifs des réglementations relatives aux voitures et aux camionnettes sont fixés jusqu'en 2020, nous devrons bientôt préparer la période après 2020. La feuille de route vers une économie à faible intensité de carbone et le livre blanc sur les transports montrent clairement une diminution des émissions qui tend vers nos objectifs pour 2050, et le transport routier devrait être un acteur important de cette diminution.

Je ne vois pas pourquoi nous reporterions cette discussion, une fois la proposition actuelle acceptée.

La Commission prépare donc actuellement une communication consultative à ce sujet, qui devrait être publiée dans le courant de cette année. Cette communication et les discussions qui s'ensuivront constitueront une étape importante vers une sécurité de planification à long terme. Elles amorceront le débat visant à déterminer la meilleure manière de préparer le cadre réglementaire après 2020 et le niveau d'ambition qu'un tel cadre pourrait atteindre.

Mais il est évident que nous avons besoin de votre contribution, de vos connaissances. Il est important que vous développiez les technologies clés qui nous permettront de diminuer le taux d'émissions par kilomètre, et ainsi de réduire l'incidence globale des transports sur le climat.

Jusqu'à présent, vous y êtes parvenus, dans l'intérêt de tous, dans l'intérêt du climat.

Je me réjouis de poursuivre ce dialogue constructif avec vous.

Merci!

Dernière mise à jour : 21/03/2014 | Haut de la page