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Discours

Connie Hedegaard: «Nous pouvons sauver les banques. Nous pouvons sauver les États. Mais nous ne pouvons pas sauver le climat, si nous n’unissons pas nos efforts.»

Connie Hedegaard

Lors de l'ouverture, aujourd'hui, du débat de haut niveau de la conférence de Doha sur le changement climatique, Connie Hedegaard, membre de la Commission européenne chargée de l'action pour le climat, et Sofoklis Aletraris, ministre chypriote de l’agriculture, des ressources naturelles et de l’environnement, se sont exprimés au nom de l’Union européenne, exhortant tous les pays à aller ensemble de l’avant pour lutter contre le changement climatique.

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Allocutions de Connie Hedegaard et de Sofoklis Aletraris au nom de l’UE, ses 27 États membres et la Croatie, à la CdP18 de Doha

Allons ensemble de l’avant

(Connie Hedegaard, membre de la Commission chargée de l'action pour le climat)

Pendant que nous débattons ici à Doha, le monde extérieur nous envoie des messages empreints d’inquiétude et de désespoir. Inquiétude quant à la rapidité des changements de notre environnement naturel. Et désespoir sur la lenteur de l’élaboration d’une solution politique à l’échelle mondiale.

Nous savons tous que nous ne pourrons pas résoudre tous les problèmes ici à Doha. Mais nous pouvons montrer au monde entier que Doha peut également être synonyme de nouvelles avancées. Montrons au monde entier une détermination renouvelée à aller ensemble de l’avant!

L’Union européenne souhaite que cette conférence de Doha consacre l’abandon de l’ancien système à deux vitesses au profit d’un nouveau système à vitesse unique.

Un nouveau système au sein duquel toutes les nations s’engagent et apportent leur contribution, dans le respect de la convention, mais avec un dynamisme suffisant pour rester en phase avec la planète dans les décennies à venir.

D’ici à la fin de cette conférence, nous devrions être entrés dans ce nouveau système, que l’Europe et quelques autres pays ont édifié en s’engageant en faveur d’une seconde période du protocole de Kyoto, ratifiable avec effet immédiat.

Et nous devrions enregistrer des avancées significatives sur la façon d’accélérer les réductions pour aller au-delà des engagements actuels avant 2020. L'écart entre les efforts consentis et les besoins réels ne diminue pas. Il s’accroît. Cela transparaît déjà clairement aujourd'hui.

***

Mesdames et Messieurs, la patience n’est pas mon point fort. Le temps presse vraiment. Je vous demande avec insistance de laisser de côté les formalités pour vous occuper de la réalité.

Et la réalité, c’est que nous devons intensifier nos efforts pour rester sous la barre des deux degrés de réchauffement.

La réalité, c’est que nous pouvons prendre aujourd'hui de nouvelles mesures dans le cadre des initiatives de coopération internationale portant sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les gaz HFC et la suppression progressive des subventions aux combustibles fossiles.

La réalité, c’est aussi que l’Europe a tenu ses promesses. Nous avons respecté nos engagements financiers malgré la gravité de la crise. Nous avons réalisé des réductions d’émissions sans précédent. Nous nous sommes dotés d’une législation ambitieuse et exhaustive et, je me permets de le souligner, une législation qui nous amènera au-delà de l’objectif de 20 % de réduction d’ici à 2020.

La triste réalité, c’est que des pays importants, qui ne sont soumis à aucune obligation, émettent autant, voire plus, que les pays européens. Et, pourtant, nous ne pourrons relever le défi climatique que si ces pays s’engagent à nos côtés.

L’Europe veut un nouveau régime à la fois équitable et universel. À nos yeux, cela signifie agir pour le climat en fonction de ses propres responsabilités et capacités; cela signifie favoriser les possibilités et les choix; cela signifie soutenir les actions. Et cela signifie enfin être solidaire avec les populations vulnérables qui subiront des pertes et des dommages.

***

Mesdames et Messieurs, nous n’avons pas besoin de davantage de pluies torrentielles, de tempêtes et de sécheresses dévastatrices pour nous rappeler qu’il est temps d'agir.

Et franchement, nous n’avons pas à attendre des rapports supplémentaires pour faire ce que nous avons à faire. Il nous faut maintenant avancer. Avancer ensemble vers un monde doté d’un climat stable et offrant un accès équitable au développement durable.

C'est ce que souhaitent nos populations.

C’est ce que réclament nos économies.

C’est ce dont notre planète a besoin.

N’oubliez pas: nous pouvons sauver les banques. Nous pouvons sauver les États. Mais nous ne pouvons pas sauver le climat, si nous n’unissons pas nos efforts.

(Sofoklis Aletraris, ministre chypriote de l’agriculture, des ressources naturelles et de l’environnements)

Monsieur le Président,

L’Union européenne est ici à Doha pour confirmer qu’elle a tenu ses engagements au titre du protocole de Kyoto et pour faire part des premiers résultats obtenus à la suite des promesses faites à Copenhague, Cancún et Durban.

D’ici à la fin de cette conférence, nous avons l’intention:

  1. de faire cause commune pour adopter une seconde période d’engagement du protocole de Kyoto;
  2. de coopérer avec les autres Parties pour contribuer de manière substantielle à la réussite de la feuille de route de Bali; de concrétiser nos engagements sur le financement à mise en œuvre rapide et de manifester clairement notre volonté de continuer à investir davantage de manière à intensifier les mesures prises à l’échelon national dans les pays en développement;
  3. de commencer à mettre en place de nouveaux partenariats afin de prendre des mesures plus ambitieuses et d’accélérer la réduction des émissions au-delà de nos objectifs de Kyoto d’ici à 2020;
  4. de soutenir sans réserve l’ouverture de négociations en vue d’un nouvel accord contraignant, applicable à tous, afin que le réchauffement de la planète reste inférieur à deux degrés.

***

En Europe, nous avons toujours été convaincus qu'il nous fallait être ambitieux. Nous avons récemment franchi le cap des 100 GW de production éolienne et, en 2011, 70 % de la puissance installée des nouvelles unités de production européennes étaient sans carbone.

Et, en plus de la réduction de 20 % des émissions imposée par la réglementation nationale, régionale et internationale, l’Europe continuera à préparer, mettre en œuvre et demander des mesures nouvelles et plus ambitieuses en faveur d’une économie à faible intensité de carbone.

Plusieurs mesures adoptées récemment vont sans nul doute accélérer la réduction des émissions et nous dépasserons nos objectifs actuels grâce à une amélioration de l’efficacité énergétique, à de nouvelles règles destinées à réduire les changements indirects d'affectation des sols liés à la production de biocarburants, à des normes ambitieuses pour les voitures et camionnettes et à une nouvelle proposition visant à réduire considérablement les gaz HFC et autres gaz fluorés.

Monsieur le Président,

Permettez-moi de conclure en mettant l’accent sur un des plus grands défis qu’il nous incombe de relever ensemble. Garantir l'accès équitable au développement durable signifie que nous devons protéger le système climatique tout en assurant à tous les citoyens de la planète un accès équitable à une eau potable à bon marché, à un air propre, à l’énergie, aux transports, à la nourriture et à un logement.

Nous savons que nous partageons cette conception du monde avec les personnes les plus exposées aux conséquences du changement climatique. Par ce processus, nous devons être capables de démontrer que cette vision du monde est également partagée par les plus puissants.

C’est le seul moyen de progresser – rapidement, loin et ensemble.

Merci!

Dernière mise à jour : 21/03/2014 | Haut de la page