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REGION DE LA SEMAINE:

la Région du Danube

Danube Strategy

27/06/2012

Johannes Hahn, commissaire européen en charge de la politique régionale, se rendra dans la région du Danube du 27 au 30 juin 2012, soit un an après le lancement de la stratégie de l’Union européenne pour la région du Danube (stratégie du Danube). Au cours de sa visite, le commissaire traversera sept pays (par ordre chronologique: l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, la Croatie, la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie) afin d’y rencontrer des représentants politiques de premier plan et d’autres acteurs de la région. Il visitera notamment à cette occasion une série de sites de projets phares s’inscrivant dans le cadre la stratégie et participera aux célébrations de la Journée du Danube, qui se tiendront à Belgrade le 29 juin.

Traversant 14 pays sur quelque 3 000 km, le Danube fait figure de fleuve le plus «international» du monde. La région du Danube compte 115 millions d’habitants et s’étend sur 8 États membres (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Hongrie, République tchèque, République slovaque, Roumanie et Slovénie) et 6 pays hors EU (Bosnie-Herzégovine, Croatie, Moldavie, Monténégro, Serbie et Ukraine). Mais malgré son énorme potentiel économique et social, la région doit faire face à plusieurs défis: menaces écologiques (pollution de l’eau, inondations, changement climatique), sous-exploitation du potentiel de transport fluvial, déficit des liaisons routières et ferroviaires, insuffisance des connexions énergétiques, développement socio-économique déséquilibré, manque de coordination des systèmes d’éducation, de recherche et d’innovation et défaillances sur le plan de la sûreté et de la sécurité.

En réponse à ces défis, les 14 pays de la région et la Commission européenne ont conçu la stratégie du Danube dans le but de faciliter et de renforcer la coordination et la coopération au niveau transnational et transrégional.

 

Quelles sont les priorités de la région?

La stratégie du Danube se décline à travers trois objectifs principaux. Ceux-ci sont présentés de manière détaillée dans un plan d’action comprenant 11 domaines prioritaires:

  • «Désenclaver la région du Danube»: stimuler le transport multimodal et la navigabilité, les énergies renouvelables, la culture et le tourisme, les contacts interpersonnels.
  • «Protéger l’environnement»: améliorer la qualité de l’eau, gérer les risques environnementaux, préserver la biodiversité, les paysages, la qualité de l’air et des sols.
  • «Développer la prospérité»: promouvoir la science et la recherche, soutenir la compétitivité et investir dans les ressources humaines et les compétences.
  • «Renforcer la région du Danube»: améliorer les capacités institutionnelles et la sécurité.

 

Quelle est la contribution apportée par la politique régionale de l’UE?

Bien que la stratégie du Danube n’entre pas en ligne de compte pour des crédits européens supplémentaires, un financement européen d’un montant considérable de 100 milliards d’euros, également octroyé en dehors du financement de la politique régionale, a été libéré pour cette macrorégion pour la période 2007-2013.

En ce qui concerne la politique régionale, des des programmes européens de coopération territoriale bénéficiant d’un financement du Fonds européen de développement régional participent au développement de la région du Danube et au renforcement de la coopération entre les pays participants. Sur la période de programmation 2007-2013, la région du Danube a mis en œuvre plusieurs programmes de coopération territoriale financés par l’UE, dont le le programme Europe centrale 246 millions EUR), le programme Europe du Sud-Est (206 millions EUR) et différents programmes transfrontaliers.

 

Exemples de projets

Pendant son tour de la région, le commissaire européen Hahn visitera les sites des projets suivants:

  • Projet d’ingénierie intégrée sur le Danube à l’est de Vienne: Contribution de l'UE: 7,6 millions EUR
  • Ce projet est cofinancé par le réseau transeuropéen de transport. La partie «libre» du Danube entre Vienne et la frontière entre l’Autriche et la Slovaquie a le caractère d’un fleuve de montagne avec des débits élevés, de fortes fluctuations du niveau de l’eau et une érosion constante du lit du fleuve qui affectent sérieusement l’équilibre écologique du parc national de la plaine inondable du Danube. Les fluctuations importantes de la profondeur du chenal réduisent en outre la fiabilité et la compétitivité de la navigation sur cette partie du fleuve. Le projet d’ingénierie intégrée sur le Danube à l’est de Vienne a été lancé en 2001 pour apporter des solutions à ces problèmes. Le projet pilote «Witzelsdorf», aujourd’hui achevé, a restauré la rive du Danube à son état d’origine sur 1,7 km. Un autre projet pilote, «Bad Deutsch-Altenburg», vise à tester les mesures d’ingénierie envisagées sur l’ensemble de la partie du Danube située entre la centrale électrique de Freudenau et la frontière entre l’Autriche et la Slovaquie.

  • Le barrage de Gabčíkovo en Slovaquie:

    Le projet Gabcíkovo – Nagymaros était à l’origine une initiative conjointe de la Hongrie et de la République tchécoslovaque de 1978. La Hongrie ayant abandonné le projet pour des raisons environnementales, la Slovaquie a réalisé une version du projet original connue sous le nom de barrage de Gabčíkovo. Le barrage de Gabčíkovo comprend deux structures principales: une centrale hydroélectrique d’une capacité de 720 MW et deux écluses destinées aux bateaux et aux barges naviguant sur le Danube et participant ainsi à l’amélioration de la navigabilité du fleuve.

  • Projet international «Limes du Danube» Hongrie - Patrimoine mondial de l’UNESCO («Nomination au patrimoine mondial de l’UNESCO de la partie d’Europe centrale du Limes du Danube - ‘Frontières de l’Empire romain’») Contribution de l’UE: 1,5 million EUR

    Ce projet est un projet conjoint de la Hongrie, de l’Autriche et de la Slovaquie et vise à inscrire le Danube sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que frontière naturelle de l’Empire romain («limes») sur leur territoire. L’idée est de développer un concept scientifique général de protection de cette frontière naturelle en vue de préserver l’héritage culturel de ces régions et l’inscription du site au patrimoine mondial de l’UNESCO créerait des emplois et stimulerait le tourisme. La Hongrie présentera sa candidature en 2012 pour l’ancienne route militaire romaine qui court le long du Danube ainsi que pour les structures militaires découvertes aux alentours et relevant de son territoire.

  • La centrale hydroélectrique «Portes de fer I» en Roumanie

    La centrale hydroélectrique «Portes de fer I» de Roumanie est le plus grand barrage situé sur le Danube et l’une des centrales hydroélectriques les plus importantes d’Europe. Elle se trouve dans les gorges dites «Portes de fer» situées entre la Roumanie au nord et la Serbie au sud. L’aventure a commencé en 1964 avec la création d’une joint-venture entre les gouvernements de Roumanie et de Yougoslavie en vue de la construction d’un grand barrage sur le Danube qui serait exploité par les deux pays et dont les travaux ont commencé en 1972. À l’époque, la centrale hydroélectrique était l’une des plus puissantes au monde avec douze unités générant 2 052 MW qui étaient répartis de manière égale entre les deux pays. La partie roumaine du barrage a fait l’objet de travaux de modernisation et la capacité nominale augmentée. La construction du barrage a eu des conséquences négatives sur l’environnement. Grâce au soutien de l’UE, la flore, la faune ainsi que les éléments géomorphologiques, archéologiques et historico-culturels des gorges des Portes de fer sont désormais protégés par les deux pays. En Roumanie, cet effort s’est concrétisé par la création du Parc national des Portes de fer et en Serbie par celle du Parc national Đerdap.

  • Construction du second pont sur le Danube entre Calafat (Roumanie) et Vidin (Bulgarie): Contribution de l’UE: 106 millions EUR

    Avec ses 1 750 mètres de route et de voies ferrées, ce pont qui relie Vidin (Bulgarie) et Calafat (Roumanie) n’est que le second à voir le jour sur les quelque 630 km de frontière entre ces deux pays. Ce projet devrait réduire les trajets en train et par la route entre la Grèce continentale et l’Europe centrale à travers la Bulgarie et la Roumanie. L’exécution du projet a connu des retards, mais devrait être achevée d’ici la fin 2012.

  • Incubateur d’entreprises «BIOS» en Croatie: : Contribution de l’UE: 1 million EUR

    L’objectif de ce projet est d’assister les petites et moyennes entreprises (PME) en leur apportant des conseils, une assistance technique et des services de formation et en leur facilitant l’accès à des locaux commerciaux à loyers préférentiels. Ces services s’adressent aux jeunes entreprises actives dans le secteur manufacturier, des hautes technologies et de l’innovation. Le projet BIOS a été lancé en avril 2009. Il profite actuellement à 28 entreprises employant 150 personnes. Il est lié à la stratégie du Danube de par sa contribution à l’un de ses objectifs, à savoir le renforcement de l’esprit d’entreprise et des PME de la région.

  • Le pont «Zezelj» en Serbie: : Contribution de l’UE: 26,2 millions EUR

    L’ancien pont Žeželj de Novi Sad a été détruit lors les bombardements de l’OTAN sur le territoire de l’ancienne république de Yougoslavie en avril 1999. En automne 2000, un pont temporaire combinant route et voie ferrée a été installé à proximité de l’ancien pont et est à l’origine d’encombrements importants dans le transport routier et ferroviaire. De plus, les bateaux les plus gros ne peuvent pas naviguer sur le Danube quand le niveau de l’eau est élevé. Le pont disposera de deux routes, de voies pédestres et de deux voies ferroviaires. Les travaux de construction ont commencé en 2011.

 

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