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Évolutions de l’emploi et de la situation sociale: divergences croissantes et risque accru d’exclusion à long terme

07/01/2013
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Après cinq années de crise économique et le retour de la récession en 2012, le chômage atteint des sommets qu’il n’avait plus connus depuis près de vingt ans, le revenu des ménages est en baisse et le risque de pauvreté ou d’exclusion augmente, en particulier dans les États membres du sud et de l’est de l’Europe. Tel est le bilan du rapport de 2012 sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe   .

L’incidence de la crise sur la situation sociale se fait désormais ressentir davantage, dans la mesure où les effets protecteurs de la diminution des recettes fiscales et de l’augmentation des dépenses de protection sociale (les fameux «stabilisateurs automatiques») s’estompent.

Une nouvelle fracture apparaît entre les pays qui semblent piégés dans une spirale baissière (chute de la production, hausse rapide du chômage et érosion du revenu disponible) et ceux qui résistent plus ou moins bien. Ces derniers ont, en général, des marchés du travail plus efficaces et des systèmes de protection sociale plus solides.

«Chômage et détérioration de la situation sociale se sont combinés en 2012 pour imposer à l’Europe une nouvelle année difficile», a déclaré le commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion, M. Andor. «Toutefois, notre analyse montre comment des réformes appropriées du marché du travail et des systèmes de protection sociale mieux conçus peuvent permettre aux États membres de mieux résister aux chocs économiques et de sortir plus rapidement de la crise. En outre, il est peu probable que l’Europe voie sa situation socio-économique s’améliorer notablement en 2013, à moins qu’elle ne parvienne à trouver une solution crédible pour résoudre la crise de l’euro, à se procurer des fonds pour financer des investissements grandement nécessaires, y compris dans les compétences individuelles, l’employabilité et l’inclusion sociale, et à mettre la finance au service de l’économie réelle.»

Divergences croissantes dans la zone euro

Le taux de chômage moyen de l’Union européenne atteint près de 11 %. Le rapport montre une nouvelle évolution des divergences, les plus criantes se situant entre le nord et le sud de la zone euro. L’écart entre ces deux régions était de 3,5 points en 2000; retombé à zéro en 2007, il s’est ensuite rapidement creusé pour s’établir à 7,5 points en 2011.

L’analyse montre également que, dans les États membres qui ont engagé de profondes réformes pour dynamiser leur marché du travail, les chômeurs ont toujours beaucoup plus de chances de trouver un emploi, même pendant les années de crise.

Baisse du revenu des ménages et risque d’exclusion à long terme

L’absence de reprise concrète a provoqué une contraction des revenus des ménages dans la majorité des États membres et a accru le risque d’exclusion sur le long terme. Pour éviter que les niveaux de pauvreté et d’exclusion à long terme ne continuent d’augmenter, les politiques doivent être élaborées en fonction de la situation spécifique de chaque pays et des groupes de la population les plus menacés.

Conception déterminante des systèmes fiscaux et de protection sociale

L’analyse conclut que, même s’il n’existe pas de déplacement optimal de la pression fiscale du point de vue d’une politique sociale et de l’emploi intégrée, une conception appropriée des systèmes de protection sociale accroît l’attrait de certains transferts fiscaux.

L’analyse des salaires minimaux qui figure dans le rapport montre que, dans les pays où ces salaires sont plus élevés, les travailleurs peu qualifiés n’ont pas été exclus du marché et ont tendance, au contraire, à bénéficier de taux d’emploi plus favorables. Les salaires minimaux peuvent aussi réduire l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes.

Compétences

L’analyse présentée dans le rapport montre que dans certains pays, en particulier ceux du sud de l’Union, l’adéquation entre les compétences et les emplois est insuffisante ou s’est dégradée. Pour réduire l’inadéquation des compétences, les pays doivent optimiser leurs investissements dans l’éducation et la formation ainsi que leurs dépenses en faveur des politiques actives du marché du travail; ils doivent aussi soutenir la création d’emplois hautement qualifiés dans les secteurs en pleine croissance, tels que l’économie et les technologies vertes, les technologies de l’information et de la communication et la santé.

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